Des Blacks trop forts

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    Des Blacks trop forts
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Midi Olympique analyse les raisons du large succès black (39-18) lors du match d’ouverture des Four-Nations face aux Argentins.

Les Néo-Zélandais ont marqué leur territoire. À deux mois de leur rendez-vous du Mondial, le 20 septembre à Wembley, les partenaires de Richie McCaw se sont montrés intraitables face à de valeureux Pumas. Mais bien trop limités physiquement et tendres sur chaque point de rencontre pour véritablement rivaliser avec les champions du monde. Pour les derniers pas de Dan Carter et probablement ceux de Richie McCaw dans leur jardin de l’AMI de Christchurch, les All Blacks ont mis les choses dans le bon ordre. Dans le sillage d’un pack avançant sans cesse, les All Blacks ont fait preuve d’une redoutable efficacité, faisant payer le prix fort aux Argentins à chacune de leurs erreurs (39-18). Les « compañeros » d’Agustin Creevy sont la trente-septième équipe consécutive à tomber sur le sol néo-zélandais. Voici pourquoi.

Une puissance de feu

Les All Blacks ont avancé sur tous les impacts qu’ils soient offensifs ou défensifs, à l’image de Ma’a Nonu emportant tout sur son passage sur le deuxième essai des Blacks inscrit juste avant la mi-temps. Quatre défenseurs argentins n’auront pas suffi le futur trois-quarts centre toulonnais inexorablement aimanté par la ligne d’essai. D’un raffut autoritaire, il s’est d’abord facilement débarrassé de l’ex-Briviste Horacio Agulla avant de rebondir sur Joaquin Tuculet puis de tracter deux autres défenseurs accrochés à son short dans l’en-but. Sur la balance, les lutins argentins rendaient en moyenne une dizaine de kilos aux bêtes noires à la fougère argentée tatouée sur le cœur.

Tandis que les Argentins ont dû faire preuve d’une incroyable débauche d’énergie pour péniblement gagner quelques mètres, les Néo-Zélandais n’ont pas eu de mal à faire sauter le verrou défensif adverse. Ils se sont servi de l’impact physique au près d’un Kieran Read, d’un Jerome Kaino ou encore d’un Sonny Bill Williams souvent sollicités sur des courses rentrantes pour jouer dans l’avancée. La technique individuelle irréprochable et la faculté notamment d’un « SBW » à jouer dans le dos des défenseurs ont permis de libérer des intervalles aussitôt exploités. Sur 10 franchissements de la ligne d’avantage, les Blacks ont marqué 5 essais. Après avoir tenu tête plus d’une heure au redoutable pack argentin en mêlée fermée, les Néo-Z’ont profité des changements complets des deux premières lignes pour prendre le meilleur en fin de rencontre dans cet exercice chéri par les Pumas. À la suite d’un ballon gagné sur introduction argentine, le talonneur Cody Taylor s’est offert en guise de cadeau pour sa première sélection, un essai… en force.

Une défense très agressive

Les Blacks n’ont jamais défendu de la même manière. Ils ont alterné au cours du match entre plusieurs systèmes. Ils ont su trouver le parfait équilibre entre l’exercice d’une forte pression dans les rucks et le choix de provisoirement délaisser cette phase de combat.

Par moments, les Néo-Zélandais sont montrés très vite et ont étouffé les sorties de balle argentine à la manière d’un Kieran Read prenant directement le ballon dans les bras d’Horacio Agulla. À vrai dire, le vice-capitaine des All Blacks avait été bien aidé au préalable par la relance suicidaire depuis ses 22 mètres de Nicolas Sanchez. C’est tout à l’honneur des Argentins de n’avoir jamais fermé le jeu. Mais parfois, les Pumas ont oublié de se donner de l’air en ne se dégageant pas de la pression adverse au pied. Pour étouffer toute velléité argentine, les Blacks ont aussi eu recours aux fameux choke tackle irlandais. Brodie Retallick et Jerome Kaino ont été brillants dans leur rôle de chiens de garde, harcelant de manière incessante le porteur de balle. Volontairement maintenu debout, l’attaquant argentin n’a pas pu se défaire de la tenaille black. Les bras bloqués par un plaquage au torse, il n’a souvent pas pu correctement libérer sa balle. Derrière ces prodigieux arrêts buffets, les Blacks ont accentué leur pression en engageant toutes leurs forces dans la bataille des regroupements. Par bloc de 2 ou 3 joueurs intervenant sur les déblayages, les Néo-Z’ont réussi à récupérer de précieuses munitions dans les contre rucks.

Et quand, ils ont choisi de délaisser les phases de regroupement, les Blacks ont toujours fait en sorte de soigner leurs replacements et de continuer à alimenter leur ligne de défense. Cette bonne circulation leur a permis de colmater les brèches, même après plusieurs temps de jeu. Les Pumas se sont cassé les dents sur l’épais rideau noir. Par deux fois, le salut argentin est venu de ballons portés parfaitement menés et désaxés par Agustin Creevy.

Une indiscipline chronique

Même si leurs fautes de discipline leur ont coûté deux essais, les Blacks n’ont pas trop souffert de leur manque de conformité aux règles. Mais le dénouement du match pourrait être tout autre samedi prochain à Johannesbourg si d’aventure les Néo-Zélandais commettaient autant de fautes de mauvais goût face aux Springboks. Les Blacks ont concédé près de 11 pénalités (dont trois pour le seul Richie McCaw). En ancien inspecteur de police, Steve Hansen n’a pas dû apprécier cette indiscipline chronique. Toutefois, il ne devrait pas avoir à lever la voix pour se faire entendre. L’argument du Mondial devrait faire passer l’envie à ses hommes dissipés de sortir une nouvelle fois de rang.

Jérôme Fredon
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