Felipe Berchesi : un Tero en or massif

En Angleterre, la sélection uruguayenne disputera sa troisième Coupe du monde. Un rendez-vous majeur pour lequel Pablo Lemoine pourra compter sur Felipe Berchesi. Le futur ouvreur de Carcassonne a été l’un des acteurs majeurs de la qualification des Teros. Et dire qu’il n’a que 24 ans...

Rodrigo Capo Ortega est aux Teros d’Uruguay, ce qu’a pu être François Pienaar aux Springboks en 1995. Cadre et titulaire indiscutable en sélection, le deuxième ligne du Castres olympique ne participera pourtant pas au Mondial anglais. « Ma femme est enceinte et je ne voulais pas la laisser toute seule, et rater ce moment magique. Je veux être à côté d’elle et de mon enfant. Ça n’a pas été une décision facile mais finalement j’ai décidé de ne pas faire cette Coupe du Monde pour rester ici, à Castres » s’est ainsi justifié le deuxième ligne uruguayen. L’absence d’un de ses leaders de combat va forcément handicaper les Teros, engagés dans la poule de l’Angleterre, de l’Australie et des Fidji. Pourtant, le sélectionneur Pablo Lemoine va pouvoir compter sur de jeunes joueurs pétris de talent. À l’image de l’ouvreur Felipe Berchesi qui disputera, en Angleterre, son premier Mondial. Un billet essentiellement dû à la performance du joueur de 24 ans lors du barrage qualificatif, face à la Russie. Auteur de 21 points en Russie lors du match aller (défaite 22-21), il a récidivé au match retour. Cinq pénalités et trois transformations lui permettant d’endosser le rôle du sauveur pour sa douzième sélection. Une réussite n’ayant cependant rien d’un coup de chance pour un joueur que le grand public découvre à peine. Felipe Berchesi étant le monsieur « plus » de la sélection uruguayenne comme il le fût toute la saison en Fédérale 1 avec Chambéry.

Un ouvreur complet, attaquant et stratège

Sixième meilleur réalisateur du championnat avec 224 points, l’ouvreur uruguayen a éclaboussé de tout son talent cet exercice. Il a même pensé envoyer Chambéry en Pro D2 grâce à une pénalité inscrite face à Aix-en-Provence lors de la demi-finale retour de Fédérale 1. Or, si Felipe Berchesi est un véritable métronome dans les tirs aux buts, il n’en reste pas moins un ouvreur complet. Le natif de Montevideo n’hésitant pas à privilégier le jeu, au pied. « J’aime avant tout attaquer la ligne et jouer en contre-attaque  » confiait ce dernier au printemps. Des paroles que Felipe Berchesi a su traduire en actes tout au long de la saison. Le premier essai de Sofian Klouchi à Tricastin en est la preuve. En sortie de mêlée, l’ouvreur uruguayen est servi et décide d’aller attaquer la ligne. Il mobilise deux défenseurs, pour ouvrir un boulevard à son ailier arrivé lancé en croisée. Un talent fou qui a totalement séduit son entraîneur Michel Ringeval. « Il a permis à l’équipe d’avancer et en est devenu un leader. Il travaille énormément, il est toujours très attentif à ce qu’on lui dit  ». Or, qui dit talent, dit également convoitises. La franchise italienne de Trévise et Carcassonne se sont notamment positionnés pour récupérer Felipe Berchesi. Une mise finalement remportée par le club audois, où l’ouvreur uruguayen aura la lourde tâche de succéder à Gilles Bosch. Le meilleur réalisateur de Pro D2 l’an dernier étant parti à Grenoble. Un défi à la hauteur du talent de la pépite Felipe Berchesi. C. V.

Cet article fait partie du dossier

Au bal des nations-surprises

Consulter le dossier