« Le crétin de la fédération australienne ne connaît pas son dossier »

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    « Le crétin de la fédération australienne ne connaît pas son dossier »
Publié le , mis à jour

Mourad Boudjellal, président du RCT, n’a pas apprécié la déclaration de la fédération australienne, persuadée de conserver Quade Cooper. Il passe à l’attaque : si l’Australien ne vient pas, il lui en coûtera environ un million d’euros.

Comment réagissez-vous aux propos de Rob Clarke, manager général de l’Australian Rugby Union, qui affirme notamment que la fédération n’est pas « impliquée dans cette affaire » ?

Le crétin de la fédération australienne qui ne connaît pas son dossier doit savoir que la promesse d’embauche n’est plus la question. Les 150 000 € étaient à payer pour la sortie de promesse de contrat, mais Cooper a signé son contrat, je peux le produire s’il le faut, et la Ligue l’a reçu. Le contrat étant signé, la promesse est dorénavant caduque. À l’heure actuelle, si Cooper se désiste, il devra payer le montant du contrat ! Il pourrait devenir, à lui tout seul, le second État le plus endetté après la Grèce (rires) ! Maintenant, si ce mec de la fédération australienne a envie de payer 150 000 € de sa poche, il peut le faire. Cooper, s’il venait à ne pas honorer son contrat, aura plus besoin d’argent que de mots. Quant à leur implication dans l’affaire, bien sûr que la fédération australienne est concernée. Pour ma part, avant de prendre contact avec un joueur pour lui proposer un contrat, j’attends qu’il soit libre à la fin de la saison. En l’occurrence, la fédération australienne ne l’a pas fait puisque Cooper a signé un contrat de deux ans avec nous !

Envisagez-vous des recours judiciaires ?

On va voir. Très honnêtement je ne sais pas. Nous ferons valoir nos droits s’ils sont bafoués, si Cooper n’honore pas son contrat. Pour l’instant, en ce qui nous concerne, nous l’avons convoqué pour la visite médicale.

Vous avez eu des nouvelles de la part de l’agent de Quade Cooper ? ou du joueur lui-même ?

Bien sûr ! Mais je ne peux pas vous révéler la substance de nos entretiens, cela reste entre nous.

Craigniez-vous que cet imbroglio donne une image négative de votre club ?

Non. Nous, nous n’avons rien à nous reprocher. Le contrat a été signé, envoyé à la Ligue et, encore une fois, je peux le produire. Donc ce n’est pas nous, c’est le joueur qui est concerné. Il a signé une promesse d’embauche aux alentours de la fin avril, un mois et demi après il a signé le contrat : donc il a eu le temps de réfléchir avant de s’engager.

« Je n’exclus pas de remplacer Cooper moi-même… Plus sérieusement, nous allons bien évidemment recruter un joker Coupe du monde. »

Regrettez-vous de ne pas avoir réussi à recruter d’autres demis d’ouverture, comme Wisniewski ?

Non, il ne faut pas avoir de regret dans la vie. Et puis, de toute façon, Wisniewski n’était pas vraiment le joueur dont on avait besoin. Il voulait beaucoup de temps de jeu, et Grenoble peut lui en apporter davantage que Toulon.

Si Cooper ne vient pas, comment envisagez-vous de le remplacer ? Comptez-vous sur le jeune Seuteni par exemple ?

Je n’exclus pas de remplacer moi-même (rires)… Plus sérieusement, nous allons bien évidemment recruter un joker Coupe du monde. De toute façon, c’est ça ou c’est moi ! Nous sommes d’ailleurs en train de signer quatre jokers Coupe du monde, qui seront sûrement annoncés la semaine prochaine.

« Apparemment, dès que l’on arrive à Marcoussis et que l’on endosse le costume de sélectionneur, on est souvent frappé d’une grande crise d’amnésie. »

On vous sent agacé…

Les gens ne se rendent pas compte de la situation dans laquelle nous sommes ! Si je signe un n° 10 et qu’ensuite Saint-André ne garde pas Michalak, que Cheika libère Giteau ou Cooper, qu’est-ce que je fais ? Même chose pour le poste d’ailier : si Cheika ne garde pas Mitchell qu’est-ce que je dis à mon joker Coupe du monde ? Qu’il peut rentrer chez lui ? Anticiper la non-sélection de ces joueurs revient à prendre un vrai risque économique. Je crois que tous les clubs sont dans cette situation. On a l’impression que nous n’existons pas pour les fédérations ! Si cela se trouve je récupérerais tout le monde, même Bastareaud ! Je ne le pense pas mais visiblement tout est possible puisque Saint-André lui-même ne veut pas se prononcer ! J’espère pour lui qu’il sait sur qui compter et qu’il n’attendra pas l’avant-dernier match de préparation pour annoncer ses choix. Dans le cas contraire, cela voudrait dire que les trois dernières années n’ont servi à rien ! On aimerait sincèrement que la FFR prenne en compte nos besoins. Je peux vous assurer que, du coup, nous serions plus à même de les écouter en retour.

À ce sujet, pensez-vous que Guy Novès, de par son expérience, saura mieux être à l’écoute des clubs ?

On verra. Apparemment, dès que l’on arrive à Marcoussis et que l’on endosse le costume de sélectionneur, on est souvent frappé d’une grande crise d’amnésie. C’est comme dans le film « Men in Black » : un coup de flash et, hop, vous oubliez tout ce que vous avez vécu. J’ai observé ce phénomène avec tous les sélectionneurs… Propos recueillis par M. Le.

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