Willemse, les liens du sang

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    Willemse, les liens du sang
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Débarqué dans l’anonymat en cours de saison à Grenoble l’an passé, Paul Willemse a décidé de quitter le club sept mois après (neuf matchs joués). Direction le MHR et son “armée” sud-africaine.

Le cœur et la raison. Son désir de quitter les Alpes pour rejoindre les embruns de la Méditerranée, a enflammé les relations entre Grenoble et Montpellier. En avril dernier, les deux clubs se sont expliqués via des communiqués interposés. Les Isérois, initialement opposés au départ de Willemse engagé jusqu’en 2016, réclamaient 400 000 euros d’indemnités pour libérer leur joueur. Une somme, jugée démesurée par le MHR. Là où l’intéressé, était lui prêt à verser 80 000 euros de sa « fortune » personnelle pour arriver à ses fins : « Au final, il y a eu des négociations entre Grenoble et Montpellier afin de fixer une somme (inférieure à celle de départ) pour que je sois libéré. Je suis donc reconnaissant envers le club de Grenoble qui a bien géré la situation et accepté mon départ. » Libéré, Paul Willemse est sorti marqué de cette période d’incertitude, d’un imbroglio, qu’il a conscience d’avoir lui-même créé : « Mon transfert a été un peu difficile à vivre pour moi, car je sais bien que rompre son contrat n’est pas une attitude très professionnelle… Mais c’était la meilleure chose à faire pour ma famille, et je sais que si elle est heureuse je serai un meilleur joueur. Ce n’était pas une décision facile, et ça m’a pris du temps. » Derrière l’aveu du deuxième ligne, se cachent les vraies raisons de sa décision. Celles d’une acclimatation personnelle et familiale difficile à la vie grenobloise, plus que d’un désir de changer d’air sportif : « Pour moi et ma femme, Montpellier représente un meilleur environnement. […] Je garde de bons souvenirs de mon passage au FCG (9 matchs et un essai). Et si je devais n’en retenir qu’un, ce serait celui du jour où on nous a offert le maillot du match, quand nous avons vaincu le Stade toulousain chez lui. C’est très sympa d’avoir pu le garder. »

Un ami et des connaissances

Première recrue héraultaise à être arrivée à Montpellier cet été, Willemse s’est déjà acclimaté à un contexte qu’il aspirait à retrouver. Un quotidien, partagé avec ses compatriotes sud-africains, dont un ami proche : « Être entourés de Sud-africains rend notre adaptation à la culture française plus facile. La signature de Jacques du Plessis (retenu à la Currie Cup jusqu’en novembre, ndlr) est une des raisons majeures de mon arrivée ici. Il y aussi d’autres mecs que je connaissais déjà, certains avec lesquels j’ai joué. Jacques est un de ceux-là. Je l’ai rencontré alors que nous jouions en moins de 21 ans avec les Blue Bulls. Nous sommes des amis proches et nos compagnes sont également très amies. » Le cœur a donc poussé le jeune homme de 22 ans à rejoindre les troupes de Jake White : « Je n’ai jamais joué pour lui, mais je connaissais sa réputation. C’est un honneur pour moi de travailler avec quelqu’un qui a un tel palmarès. » Mais la raison n’aurait-elle pas dû le pousser à rester en Isère, où son avenir sportif semblait plus ouvert ? Cette saison, le colosse aux faux airs de « nounours » devra faire face à une féroce concurrence dans la « cage » : Timani, Privat, Donnelly, Tchale-Watchou, tous plus expérimentés que lui (voire même J. Du Plessis, polyvalent 3e ligne). Un challenge excitant plus qu’une appréhension limitante selon ses mots : « Je préfère de loin être dans un club où il faut se battre pour sa place, plutôt que quelque part où je serais certain de jouer tous les week-ends. Ça ne peut que vous forcer à donner le meilleur, et c’est ce qui m’intéresse. » Ambitieux, le Sud-Africain passé par les Lions et les Bulls (21 matchs de Super Rugby, 22 de Currie Cup) sait qu’il a encore tout à prouver en Top 14, même s’il n’en fait pas actuellement, une obsession : « Retenir l’attention est une des raisons pour lesquelles on joue au rugby. Donc être performant, et se faire remarquer est une part importante du jeu. Mais ce n’est pas nécessairement ma priorité. Je veux surtout prendre du plaisir, ce que je fais à chaque contact, à chaque fois que je déblaie dans un ruck. Si les gens aiment ça, tant mieux, car moi aussi ! » Un profil de joueur puissant (2,01 m et 127 kg), de combattant, que les supporters héraultais devront apprendre à aimer cette saison. Car le rugby « aéré » prôné par le passé, laissera place cette année, à un jeu basé sur le défi physique. Dans lequel, la capacité des avants à multiplier les tâches trouve tout son sens : « Pour les joueurs costauds comme moi, l’axe de progression se situe souvent au niveau de l’abattage sur le terrain, plaquer plus, se déplacer plus. Donc il faut que je sois au top physiquement pour augmenter cette charge de travail sur le terrain. » Le défi ultime à relever pour Paul Willemse, s’il veut exprimer pleinement son immense potentiel. J.L.

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