Fin de carrière presque imposée

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    Fin de carrière presque imposée
Publié le , mis à jour

Alors que de plus en plus de joueurs sont victimes de commotions cérébrales sur les terrains de rugby, il est bon de rappeler que plusieurs joueurs ont du mettre un terme à leur carrière à cause de cela. Car pour eux, même si le rugby occupe une part très importante dans leur vie, leur santé est primordiale. Eduard Coetzee a vécu cette situation tout comme l’Anglais Shontayne Hape. L’Ecossais Thom Evans, a frôlé la mort suite à un énorme choc.

En 2012, le site de Provale dévoilait une vidéo dans laquelle Eduard Coetzee, pilier emblématique du Biarritz Olympique de 2007 à 2011, expliquait les difficultés qu’il a vécues après des commotions cérébrales à répétition. Un arrêt presque forcé du rugby pour éviter de mettre sa vie en danger lui a été prescrit. À 32 ans, le Sud-Africain avait préféré jouer la sécurité. De toute manière son corps lui imposait et ses médecins aussi d’ailleurs. En effet, après de nombreux coups à la tête ayant entraîné plusieurs commotions cérébrales, Coetzee s’est retrouvé mal pendant plusieurs semaines. Couché pendant un mois, ce dernier ne supportait ni la lumière ni le bruit que pouvait faire ses jeunes enfants de 3 et 4 ans. Cette mauvaise période passée, tout n’était pas gagné pour l’ancien joueur. « Après un mois, je ne sortais pas seul dans la rue, confiait-il face caméra. Je n’avais pas confiance en moi, je n’arrivais pas à évaluer les distances avec les voitures. En réalité je n’avais pas une vie normale. » Malgré tout, Eduard Coetzee a dû continuer à vivre avec des vertiges à répétition. Un an après son arrêt, le pilier expliquait avec le sourire qu’il lui était arrivé de se prendre « le portail de l’école maternelle de mes enfants. Je ne me suis pas rendu compte de la distance et je l’ai pris en pleine tête. Le choc m’a fait tomber et cela a effrayé beaucoup de monde. »

La dépression courante dans ces cas-là

Même si le rugby lui manque et qu’il explique être triste de ne plus jouer, l’ancien Biarrot est bien conscient que sa santé était en jeu et qu’il fallait agir. « J’ai échappé à la dépression, explique-t-il. Les spécialistes m’ont expliqué que cela pouvait arriver, que cela ne voulait pas dire que j’étais faible mais qu’il y aurait un rapport avec les nombreuses commotions », une chance que tous n’ont pas eu. La dépression, Shontayne Hape l’a vécu lui. L’international anglais évoluait à Montpellier lorsque sa carrière et sa vie ont basculé. En provenance de London Irish où il avait subi deux commotions cérébrales, le centre est arrivé dans l’Hérault à l’été 2012. Très vite il reçoit un choc assez violent mais décide de ne rien dire et de continuer à jouer, presque comme si n’était arrivé. « J’avais des vertiges, des migraines, a-t-il déclaré au New Zealand Herald en juin 2014. Je n’arrivais plus à me souvenir de mon code de carte bancaire, ma carte a été avalée deux fois ». Le pire est que Hape se préparait des boissons ultra-caféinées pour tenir le coup lors des entraînements et des matchs. Cette situation a duré plusieurs mois, Shontayne Hape a eu l’occasion de jouer 11 matchs dans cet état. Et personne ne se doutait que si son niveau dégringolait c’était lié à un gros problème de santé. Lorsque l’entraîneur de l’époque Fabien Galthié l’a appris, il n’en croyait rien sur le moment mais a vite poussé son joueur à faire des examens. Des examens qui ont révélé d’énormes lésions. « J’étais assis dans une salle noire avec des électrodes, a expliqué le joueur anglais. On m’a montré sept ou huit images, au bout de quelques secondes je ne me souvenais que d’une ou deux images. Mon score indiquait que je me trouvais juste au-dessus d’une personne retardée. »

À un geste de l’accident mortel

Suite à cela, Hape avait l’espoir de reprendre le rugby mais a finalement sombré dans une dépression et a décidé de mettre fin à sa carrière. Une fin de carrière précipitée que tous les rugbymen voudraient éviter. C’est aussi le cas de Thom Evans. L’Écossais n’oubliera certainement jamais cette rencontre du Tournoi des 6 Nations 2010 qui opposait sa sélection à celle du Pays de Galles. Après un double placage, Evans reste allongé au sol et ne sent plus ni ses bras ni ses jambes. Fort heureusement il a le réflexe de ne pas bouger du tout, une réaction qui lui a sauvé la vie. En effet, quelques temps après sa blessure le principal concerné a déclaré « le docteur m’a dit que si j’avais bougé d’un millimètre, mon cou aurait rompu et je serais mort ». Suite à l’accident, il a rapidement été des vertèbres cervicales et sorti d’affaire. Malgré tout sa carrière s’est arrêtée à ce moment-là. Il n’a plus jamais joué au rugby mais peut tout de même considérer qu’il a été très chanceux. Car tous l’accordent, « le rugby est important dans nos vies mais c’est notre santé avant tout ». J. E.

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