Tignes, un stage à faire fructifier

  • Tignes, un stage à faire fructifier
    Tignes, un stage à faire fructifier
Publié le , mis à jour

Si le stage de Tignes a été « une totale réussite » selon les mots du préparateur physique du XV de France Julien Deloire, les Bleus doivent adapter leur travail et poursuivre leurs efforts s’ils souhaitent que les effets de l’altitude et les efforts consentis portent véritablement leurs fruits.

Science humaine, donc par essence sujette aux interprétations et à un brin d’inexactitude, la préparation physique n’en constitue pas moins l’alpha et l’oméga du rugby moderne, qui prépare d’abord des athlètes à un combat dont le ballon ne devient, de plus en plus, qu’un prétexte. On est en droit de le déplorer, bien sûr. Reste que le constat est clair, qui oblige d’autant plus les Bleus à se plier à ce diktat que la longueur des saisons du Top 14 rend indispensable ce travail de remise à niveau. Lequel, une semaine après le stage de Tignes, semble en bonne voie. « Même ceux qui ont manqué des séances ont trouvé le moyen de compenser par de lourdes charges de travail, se satisfait Julien Deloire, responsable de la préparation physique des Bleus. À partir de maintenant, le groupe sera bien plus homogène qu’il y a trois semaines. Comme nous l’avons dit aux joueurs le dimanche juste avant la dislocation sic ! de l’effectif, ce stage à Tignes a été une réussite à 95 %. Les 5 % restants étant dus aux impondérables, notamment météorologiques, qui nous ont obligé à effectuer quelques adaptations. Mais pour ce qui est du travail en lui-même, les joueurs nous ont pleinement donné satisfaction en mettant une intensité énorme. On n’aurait pas pu leur demander grand-chose de plus… Tous m’ont dit avoir mis environ 48 heures pour bien récupérer. Désormais, il nous faut retrouver une dynamique afin de rentabiliser ce travail. »

« Passer de l’énergétique à la puissance »

Un travail dont la nature va bien entendu évoluer, au sein d’un deuxième bloc de vingt-quatre jours davantage consacré au rugby. « Si le rugby va constituer 60 % du contenu des entraînements cette semaine nous allons conserver une part de travail physique, en gardant à l’esprit de jongler autour des matchs amicaux contre l’Angleterre en fonction des sélections des uns et des autres, prévient Deloire. Pour cela, nous allons passer de l’énergétique à la puissance. En clair, pendant trois semaines, nous avons fait travailler le moteur. Il ne faut pas abandonner ce travail, mais nous allons en parallèle basculer sur des tâches spécifiques au rugby, en revenant au travail de force, de puissance musculaire. Il est important qu’en vue des matchs qui se profilent, les joueurs se sentent aptes à aller au combat. » Un impératif en vue duquel les joueurs du XV de France devraient bientôt bénéficier d’un effet collatéral du travail réalisé à Tignes : celui de l’altitude… « Pour ce qui est des données physiologiques, les effets de l’altitude sont toujours retardés. Pour l’heure, les joueurs disent déjà se trouver mieux que voilà quelques semaines. Ce ne sont pas des évaluations précises, mais pour nous, ce ressenti compte tout autant. Et il devrait être encore plus prégnant dans les semaines qui vont venir. »

Piqûre de rappel début septembre

À condition, toutefois, de concéder certains efforts supplémentaires après les deux rencontres contre l’Angleterre, ainsi que l’explique Deloire. « Comme le propre du travail en altitude est d’avoir des effets retardés, ce stage de Tignes n’aura véritablement de sens que si nous effectuons une piqûre de rappel au niveau du travail physique dans environ un mois, dans l’idéal début septembre. C’est une donnée qui a d’ores et déjà été intégrée dans la planification de notre travail. » Autrement dit ? Il semble que l’on se dirige vers un nouveau cycle de travail purement physique d’une semaine, peu après la sélection définitive des 31 joueurs par Philippe Saint-André. Soit juste avant la réception de l’Écosse pour le dernier match de préparation, avec en filigrane l’idée d’un pic de forme sur la fin de la compétition, deux mois plus tard. « On n’est pas des magiciens, sourit Julien Deloire. Ce serait mentir que de vendre du rêve en disant que nous avons programmé un pic de forme le 31 octobre de 17 à 19 heures. » Le but étant tout de même de s’en approcher…

Nicolas ZANARDI, envoyé spécial à Marcoussis

Nicolas Zanardi
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?