« La préparation est capitale »

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Publié le , mis à jour

Sélectionneur de l’équipe de France lors de la Coupe du monde 1999 et ancien directeur technique national, Jean-Claude Skrela analyse cette dernière ligne droite dans la préparation à la Coupe du monde.

Quelle est l’importance de la préparation selon vous ?

La préparation est capitale. Une Coupe du monde, c’est toujours un peu particulier. C’est un événement que l’on peut préparer du début à la fin. Avant, quand elle avait lieu en juin, c’était compliqué mais depuis que c’est en septembre-octobre, c’est cohérent pour la préparation. Les équipes ont tout l’été pour être prêtes, pour panser les bobos obtenus lors du championnat. Et puis, la préparation, se fait avec des joueurs 100 % concentrés sur l’équipe de France, ils ne pensent pas au club, il n’y a pas d’interférences. Et ça, c’est un vrai point positif.

Est-ce que ces dernières semaines sont cruciales ?

Tout est important, le début de la préparation est aussi capital. Pour une préparation à la Coupe du monde, tout a été évalué. Et à la fin, on met en œuvre, ce qu’on a préparé, ce qu’on a prévu. Avant, il y avait du travail sur le physique, la création d’un état d’esprit. Maintenant, ils vont faire de plus en plus de rugby car ils ont bientôt un match et en plus, une opposition de choix avec l’Angleterre. Donc, il ne manque plus qu’à ajouter de la vitesse et une intensité maximale lors des entraînements pour être compétitifs, pour être prêts pour un match. La réussite d’une Coupe du Monde, c’est une bonne préparation. Et une Coupe du monde, c’est un challenge pour tous les joueurs, maintenant elle approche, ils vont être de plus en plus motivés, leurs efforts seront décuplés donc ces prochaines semaines comptent, le mois et demi qu’il reste avant l’Italie compte mais tout autant que les premiers jours à Marcoussis et que le stage à Tignes, je pense.

Et à propos du groupe pour le mondial, pensez-vous que Philippe Saint-André a déjà choisi ses 31 ?

Je pense qu’il peut changer d’avis avec l’évolution du groupe. Quand moi, j’étais sélectionneur, j’accordais une place prépondérante dans mon choix à l’état d’esprit et évidemment je surveillais aussi les blessures. Dans ce groupe, je pense qu’ils sont tous motivés, qu’ils on tous un état d’esprit irréprochable mais pour ce qui est du physique, le rugby avec opposition pourrait changer la donne et quelques douleurs pourraient se réveiller. Pour résumer, je pense qu’il a son groupe en tête mais qu’il peut y avoir un ou deux pépins comme souvent.

Les matchs contre l’Angleterre et l’Écosse permettront-ils de définir un XV type dans votre opinion ?

Je pense que sur les deux premiers matchs, tout le monde jouera ? Moi, j’avais fait jouer tout le monde et c’est ce qu’il va faire pour ensuite faire ses derniers choix et donner sa liste car évaluer contre l’Angleterre c’est mieux qu’à l’entraînement. Contre l’Écosse par contre, il se dégagera une équipe qui fera le match contre l’Italie, je pense.

Enfin, vous, avant d’amener l’équipe de France en finale en 1999, vous avez fait deux fois le Grand Chelem, ça vous inquiète les résultats dans les tournois ?

Je ne dirais pas que c’est inquiétant car selon moi la chose qui est important c’est gagner des matchs avec un bon contenu. Et cette équipe l’a fait, l’Australie notamment a été battue par le XV de France récemment par exemple. Et les joueurs savent se souvenir d’un match référence comme celui-là, aujourd’hui ils sont 100 % professionnels, ils connaissent leur potentiel. Ils doivent être fixés sur leur objectif premier et leurs qualités, l’expérience de beaucoup d’entre eux les amènera loin, j’espère. Il faut qu’ils trouvent cette capacité à jouer vite et bien lors des matchs de préparation et ils seront prêts lors de cette Coupe du monde qui s’annonce être très engagée. Propos recueillis par C. B.

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