Éviter, à tout prix, le scandale médiatique

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    Éviter, à tout prix, le scandale médiatique
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Tout mais pas ça. 33 licenciés de la Fédération Française de rugby n’ont pas respecté strictement l’interdiction de parier en vigueur chez les sportifs prenant par à des compétitions professionnelles de leur sport.

Parmi eux, quatre noms ont été révélés : Jérémy Castex, pilier d’Oyonnax ; Richard Fourcade, troisième ligne d’Aurillac ; Lucas Chouvet, demi d’ouverture/arrière d’Oyonnax et Arthur Bonneval, ailier/centre du Stade Toulousain. Un croisement de fichiers entre l’ARJEL (l’Autorité de régulation des jeux en ligne), la LNR et la FFR qui aura duré près de neuf mois, aura épinglé environ 1500 acteurs du monde du rugby. Les instances fédérales les ont surveillés sur trois critères : le montant de la somme engagée, les compétitions sur lesquels ils ont parié et le nombre de paris réalisés sur la période concernée. Au final 33 licenciés (parmi lesquels un coach), n’auraient pas respecté l’interdiction de parier sur leur sport, à savoir le rugby. Au sein de ce groupe, six joueurs ont à nouveau été montré du doigt à cause du trop grand nombre de paris réalisés : deux amateurs, inconnus à ce jour, et quatre joueurs professionnels ou en passe de le devenir.

Naïveté ou réelle addiction ?

Il semblerait peu probable que des professionnels, avec les contraintes engendrées par leur statut de sportif de haut niveau se perdent dans de tels vices. Il est donc plus probable de parier (ou du moins de tabler) sur un oubli des joueurs. Jérémy Castex, nouvelle recrue d’Oyonnax avait révélé dans notre édition de 31 juillet n’avoir « jamais eu ce vice ». S’il reconnaît sans problème avoir parier sur des matchs de rugby et plus précisément du LOU, son équipe à l’époque, il admet également avoir parié sur « tout un tas de sports… Même sur des matchs de foot en Roumanie ». Preuve que le joueur ne voulait pas forcément se faire de l’argent en pariant sur du rugby mais plus « tuer le temps » lors d’une longue période de rééducation suite à une hernie lombaire. Le joueur passé par Bourgoin, Castres, Dax, Narbonne, les Wasps en Angleterre, l’USAP et le LOU plus récemment explique par ailleurs qu’il n’a « jamais gagné quand j’ai joué sur du rugby ». Si sa carrière ne devrait pas subir de coup d’arrêt, le pilier polyvalent craint que la commission fasse de leurs cas des exemples, puisque c’est une première dans le monde du ballon ovale. Finalement le risque d’un tel boom médiatique n’est pas sportif, Jérémy Castex ayant déjà « réussi » sa carrière et les trois autres joueurs talentueux (deux d’entre eux sont internationaux chez les équipes de France jeune) étant seulement âgés de 20, 21 et 22 ans, mais bel et bien d’une détérioration de l’image du rugby. L’exemple le plus récent étant évidemment celui des handballeurs de l’équipe de France. Aujourd’hui, Nikola Karabatic, quadruple champion d’Allemagne, septuple champion de France, double champion d’Espagne, double champion Olympique ou encore triple champion du monde, semble reconnu autant pour sa carrière que pour ses déboires extra-sportifs. À l’époque il aurait parié sur la rencontre Cesson/Montpellier, ce qui lui coûtera 10 000 euros d’amende pour « escroqueries » selon un jugement rendu le 10 juillet dernier par le tribunal de Montpellier. Et plus que l’aspect sportif, puisqu’il demeure parmi les meilleurs joueurs mondiaux, c’est l’image du sportif qui a été ébranlée. Un risque donc pour ces quatre sportifs mais également pour l’image du sport en général. S’ils sont reconnus coupables, les sanctions pourraient aller du simple blâme à la radiation totale de la fédération qui serait, il faut l’admettre, excessive au vu des sommes pariées. Par ailleurs il est important de rappeler que, même si le parallèle est nécessaire, nous sommes bien loin de l’affaire du handball, puisqu’il était également question de matchs truqués dans leur cas.

Provale dubitatif

« Nous sommes étonnés parce que les joueurs sont largement sensibilisés sur le sujet. Nous intervenons dans tous les clubs chaque année et en parlons à chacune de nos visites. Même chose dans les centres de formation et au pôle France. Les joueurs sont informés ! Et nul n’est censé ignorer la loi de toute façon. Nous souhaitons leur dire qu’ils doivent prendre leurs responsabilités et présenter des excuses pour ce qu’ils ont fait. Ils ont fragilisé l’image de leurs clubs en termes d’éthique. » regrettait le président du syndicat Provale, le deuxième ligne de Montpellier, Robins Tchale-Watchou. Un imbroglio qui, vous l’aurez compris, ne remet pas en cause la carrière des joueurs montrés du doigt mais qui pourraient être un frein dans leur carrière, étant donné que trois d’entre eux sont jeunes et ne se sont pas encore imposés dans leurs clubs respectifs. Pierrick Ilic-Ruffinatti (avec Émilie Dudon)

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