Le chant des combattants

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    Le chant des combattants
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Vainqueurs d’Aurillac hier (24 à 10), les Lillois, blessés dans leur orgueil, ont prouvé sur le pré qu’ils avaient bien leur place en ProD2. En attendant une réponse du CNOSF, espérée mardi.

« Salut à Cô-Pinard, salut à ta mémoire… ». Un genou à terre, réunis en cercle au centre du stade champêtre de Camarès, les Lillois entonnent un chant des plus surprenants. Une image forte. Un rituel pour remercier leurs supporters, qui pourrait s’expatrier cette année sur les pelouses du championnat : « C’est l’hymne à Cô-Pinard que nous chantons régulièrement après chaque victoire. C’est un peu la marque lilloise, et nous n’allons pas la changer, même si nous sommes en ProD2 », explique Pierre Klur, auteur du premier essai face à Aurillac dimanche. Le LMR ne veut pas changer son identité. L’humilité lui colle à la peau. Et ce n’est pas son succès d’hier, qui va lui faire perdre l’esprit : « On savait que c’était une équipe référence, mais on n’oublie pas non plus que cette formation était très remaniée et rajeunie. On ne va donc pas aller crier notre succès sur tous les toits ! Ni devenir d’un seul coup, les favoris de la compétition. Nous sommes satisfaits d’avoir triomphé en ayant fait honneur à notre région et nos supporters. Comme de l’intégration réussie de nos recrues. Mais il n’y a pas de quoi s’emballer. » Mesurés, les Nordistes avaient seulement à cœur de prouver, qu’ils n’étaient pas là par hasard, selon Louis Leblon : « Nous voulions démontrer qu’on était au niveau du ProD2, même si à la base, nous l’avons déjà prouvé. Mais c’est vrai qu’on souhaitait rappeler à tout le monde qu’on avait de quoi se battre dans ce championnat. […] La majorité de l’équipe n’a jamais connu cette division et nous étions donc dans l’expectative par rapport à ça. Cette victoire nous permet de mieux nous situer, de prendre confiance et d’envoyer un premier message : on risque d’embêter quelques équipes cette année. »

Un mardi « saint » ?

Rassurés sur leur potentiel, les Lillois ne sont toujours pas fixés sur leur avenir. Et attendent donc, avec impatience, l’avis du CNOSF qui devrait tomber mardi, suivi si tout va bien, d’un nouveau passage devant la FFR : « A priori, notre dossier est mieux ficelé, l’argent qui manquait est là et les dirigeants ont travaillé pour que toutes les pièces justificatives soient plus carrées et les comptes, certifiés. Aujourd’hui, je ne vois pas pourquoi on nous refuserait cette montée. J’espère ou plutôt, je suis sûr que ça va le faire », ajoute le capitaine. « On attend ça depuis très longtemps. Ce n’est pas facile pour tout le monde, à l’image des Dacquois. Nous ne pouvons pas faire grand-chose car nous sommes simplement des acteurs sur le terrain », précise Pierre Klur.

Concentrés sur l’aspect rugbystique pour ne pas douter, les Blanc et Rouge repartent d’Aveyron avec plusieurs enseignements positifs en tête, énoncés par Louis Leblon : « L’équipe a réussi dès le premier match à trouver des repères et à tenir le rythme durant toute la rencontre. Notre groupe se connaît bien et les automatismes sont donc vite revenus, notamment en défense. Et en attaque, on est parvenu à réaliser de belles séquences en mettant de la vitesse dans notre jeu et en inscrivant deux essais. »

Très bien organisés dans leur circulation défensive et extrêmement resserrés au centre du terrain, les Lillois ont également relevé le défi de la conquête : « Nous devons désormais travailler sur les soutiens offensifs et l’efficacité dans les rucks où nous avons été globalement dominés. On s’est fait gratter trop de ballons », poursuit-il.

Le LMR reprend donc son chemin sans connaître encore son destin. Le club est en train de réfléchir à l’organisation d’un prochain match amical et les partenaires de Pierre Klur repartent eux dans le Nord avec une idée en tête : « Bosser d’arrache pied pour être prêts le jour J s’il se présente. Continuer à faire beaucoup de sacrifices en restant soudés durant ces moments difficiles, car cela reste notre plus grande force. Et ce sera aussi le mot d’ordre tout au long de la saison. ». J.L.

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