Le dernier dinosaure

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Publié le , mis à jour

Parmi les cinq trois-quarts centre retenus par Saint-André, Mathieu Bastareaud est le seul à possèder un profil aussi particulier. Intouchable, vous dites ?

Finalement, ce stage de préparation au Mondial n’est pas le cauchemar sans nom que redoutait Mathieu Bastareaud, avant qu’il ne débute. « Une fois que le mental est prêt, le corps suit. Mine de rien, j’ai aimé pas mal de choses depuis le début de l’été. Le glacier de Tignes, c’était bien. Prendre une lacrymo en pleine poire à 8 heures du matin par un mec du GIGN, c’était bien aussi ! » Que les choses soient claires : le classement des diverses activités auxquelles ont été soumis les Bleus n’entrera pas en ligne de compte, lorsque Philippe Saint-André et ses deux adjoints réfléchiront posément au groupe des Mondialistes. Le trois-quarts centre du RCT poursuit : « J’espère aussi que l’on ne sera pas jugé sur le tir à l’arc parce que je n’ai pas été super, lors de cet exercice… À Tignes, j’étais plus en mode survie. Le classement du meilleur grimpeur dans les Alpes, je ne m’en souciais pas. Après, je ne suis pas certain que faire du VTT nous aidera à devenir champions du monde. Au moins, ces petits jeux ont créé une véritable émulation entre nous. » Aussi difficiles furent les intersaisons vécues par « Basta » au RCT, celle qu’il traverse actuellement avec le XV de France n’a pas d’équivalent : « Les exercices, avec Bernard (Laporte), c’est du terrain avec du physique intégré. Cela n’a rien à voir avec ce que j’ai connu depuis le début de la préparation physique, ici. Mais chacun son truc, après tout. L’important est que l’on devienne tous de meilleurs rugbymen. »

La pression monte

Au fil des jours, l’annonce du groupe France se rapproche. À Marcoussis, la pression monte, les visages se ferment mais personne n’ose encore évoquer la liste que dévoilera le Goret d’ici trois semaines. Mathieu Bastareaud enchaîne : « En équipe de France, le sujet est un peu tabou, on ne va pas se mentir. Nous sommes simplement de passage, moi le premier. Ce maillot n’appartient à personne et je ne me sens pas dans la peau d’un titulaire indiscutable. » Pourtant, le titan de Guadeloupe possède un profil unique parmi les cinq trois-quarts centre retenus par Saint-André et « Lagisque ». Il se marre : « Tu sais, ça ne veut rien dire. C’est même un peu comme avec les dinosaures. Au bout d’un moment, ils disparaissent et on passe à autre chose. Pourtant, eux aussi avaient un profil particulier ! » Sauf qu’il fallut pour cela quelque chose comme une pluie de météorites. Pas sûr qu’une nouvelle advienne d’ici le début du Mondial…​

Marc Duzan
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