Bernard : « La priorité, c’est le championnat »

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    Bernard : « La priorité, c’est le championnat »
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À quelques jours de la reprise officielle, l’ouvreur Bordelais se confie sur la saison à venir et plus particulièrement l’arrivée de la Champions Cup sur les bords de la Gironde.

Que change l’arrivée de la grande Coupe d’Europe à Bordeaux ?

Je ne sais pas trop encore. Cette année est particulière. Avec la Coupe du monde, j’ai du mal à anticiper. Il y a d’abord un bloc de quatre matchs mais surtout, après une pause d’un mois, dix-sept week-ends où il faudra enchaîner les rencontres. Ces quatre premiers matchs vont être très importants pour décider de la gestion de la suite de la saison.

C’est-à-dire ?

Il ne faut pas se mentir : en France, sur six ou sept équipes qualifiées en Champions Cup, il n’y en a généralement que trois qui la jouent à fond. Et encore… Pour les autres, c’est plus compliqué et il y a une raison à cela. Il faut être en capacité d’enchaîner, ce qui est loin d’être évident. Il ne faut pas se tromper : la priorité, c’est le championnat. Ce Top 14, depuis plusieurs saisons, était déjà assez dur pour nous sans qu’on y ajoute la Coupe d’Europe. Cela ne manquait pas de suspens ! Cette année, avec la Coupe du monde en plus, il faudra surveiller les états de forme de chacun avant de se projeter sur la coupe d’Europe.

Il y a cette sensation que le jeu pratiqué en Champions Cup peut convenir à l’UBB…

Oui parce qu’il est beaucoup plus propre. Les sorties sont moins retardées, il y a plus de rythme et cela peut nous convenir. Mais je le répète : la priorité, c’est le championnat. Perpignan a montré, il n’y a pas si longtemps, que la Coupe d’Europe pouvait aussi coûter très cher.

Cette présence européenne, vous êtes tout de même allé la chercher, sur le terrain de Gloucester où pas grand monde ne vous donnait gagnant !

Vous auriez vu notre semaine d’entraînement, cela aurait été pire ! Même nous, vu ce qu’on donnait sur le terrain, nous ne nous imaginions pas gagner… La défaite à Toulouse nous avait assommés. Du lundi au jeudi, il n’y avait aucune envie à l’entraînement. Mais dès que nous sommes montés dans l’avion, il y a ce sentiment de revanche qui nous a pris. Nous avions la chance de laver cette déception.

Que vous n’avez pas laissée passer…

La dernière séquence en dit long sur notre solidarité. Elle dure plus de trois minutes et c’est la première fois que je vivais cela sur un terrain de rugby. À chaque ruck, les « gros » hurlaient qu’ils ne voulaient pas lâcher, se jetaient comme des fous. Jusqu’à récupérer cette pénalité qui nous offre une dernière munition.

Comment vivez-vous le drop de la victoire ?

Déjà je vois que nous avons l’avantage. Ensuite, nous avançons et un coéquipier passe à vide entre le neuf et moi. Cela me donne du confort, donc je me lance. C’est une délivrance. La saison dernière, nous avons perdu beaucoup de matchs de peu de points. Enfin, ça tournait pour nous ! C’était aussi super de terminer sur une telle joie. D’habitude, vous ne connaissez cela que lorsque vous êtes champion. Ce match de barrage nous a permis de connaître un peu cela et de partir en vacances l’esprit léger. Si nous avions terminé sur le match à Toulouse, l’été aurait été long…

La composition de la poule européenne (Clermont, Exeter, Swansea), assez homogène dans le favori clermontois, ne donne-t-elle pas un supplément d’ambitions ?

Cela apparaît effectivement assez serré, à l’image de ce que nous avions avec Castres à l’époque. Mais en Coupe d’Europe, il n’y a aucun cadeau et peu de droit à l’erreur. L’engouement de Chaban-Delmas, qui sera notre stade officiellement, devra nous aider.

Pourquoi une telle différence de comportement de l’équipe entre Chaban-Delmas et les autres stades ?

C’est notre antre. Il y a un effet particulier. L’engouement qui existe autour de l’UBB, à Bordeaux, me rappelle celui qu’il y avait à Toulouse dans les années quatre-vingt-dix. Les Sept Deniers étaient toujours pleins et il se dégageait de ce stade beaucoup de plaisir. Je retrouve cela à Chaban. Cela siffle très peu, les gens viennent se faire plaisir. Ça nous porte.

Avec la Champions Cup, l’UBB confirme que sa croissance n’est pas finie…

C’est une association positive des forces. Nous, joueur, nous ne sommes pas seulement là pour faire notre métier. Nous appartenons à un projet ambitieux et qui nous pousse. J’avais signé à Bordeaux pour cela, alors que le club était encore loin d’être maintenu. Mais le projet était plaisant. Il y a ce sentiment que le groupe et le club avancent.

Personnellement, pour finir, vous avez intégré à plusieurs reprises le groupe France ces deux dernières années. Finalement, le Mondial n’est pas au bout. Une déception ?

Du fait de mon inexpérience internationale, je m’y attendais… (il réfléchit) Disons que je sais qu’il faut que je me tienne prêt, au cas où…

Votre plus grand défenseur en Bleu, Vincent Etcheto, a quitté l’UBB cet été. Comment avez-vous vécu ce licenciement ?

Le président a fait choix qu’il estime bon pour le club. Vincent a déjà rebondi, Émile (N’Tamack) est arrivé. C’est juste la vie d’un club professionnel, il ne faut pas s’en étonner. À nous de continuer sur notre lancée. C’est tout.

Léo Faure
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