• « On n’était même plus dans le rouge, on était dans le violet »
    « On n’était même plus dans le rouge, on était dans le violet »
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Compétitions

« On n’était même plus dans le rouge, on était dans le violet »

Homme clé de Philippe Saint-André, Yoann Huget compte sur les matchs de préparation pour régler les derniers détails et axer le travail afin de bonifier les dernières semaines de préparation de la Coupe du monde.

Comment le groupe aborde cette rencontre ?

Certains n’ont pas joué depuis mai. Pour nous, ça va être important de valider certains secteurs de notre travail et de notre préparation. Mais on sait très bien que tout ne sera pas parfait. Je pense qu’on va manquer d’oxygène à partir de la 60e, on n’a pas tous 80 minutes dans les pattes et on ne sait pas exactement sur quelle base se situer avant un premier match, c’est toujours difficile. Aujourd’hui, on ne sait pas quel sera le point positif de cette rencontre mais on sait qu’on a une défense qui tient la route depuis quelques mois et il faudra accentuer ce secteur-là pour être le plus prêt possible à la coupe du monde, et ensuite on va essayer d’être un peu plus précis en attaque.

Vous avez plus de temps que d’habitude pour vous préparer, est-ce que vous pensez que ça peut vous aider à gagner en fluidité, en précision ?

Normalement au bout de deux-trois mois on devrait gagner en précision, surtout qu’on a pu travailler là où on avait des lacunes. On a le temps de travailler que ce soit en séparé ou en collectif. Je ne dis pas qu’on sera prêts dès le premier match, ce serait aberrant et prétentieux, mais on sait que l’équipe doit monter crescendo au fur et à mesure des matchs amicaux.

Vous avez beaucoup travaillé physiquement, un peu moins ballon en main, ne craignez-vous pas de manquer de repères collectifs ?

Je ne sais pas si on sera en manque de repères sur le rugby mais après avec la fatigue, la lucidité d’un premier match, on risque de sortir du schéma collectif mais ce qui est sur c’est qu’on aura trois matchs de préparations pour vraiment travailler au niveau rugby et être de plus en plus précis sur nos lancements.

Ces rencontres sont à quitte ou double. Avec trois victoires vous faites le plein de confiance, mais à l’inverse vous pouvez tomber dans le doute…

C’est sûr que partir à la Coupe du monde avec trois défaites ce serait compliqué au niveau de la confiance mais on va essayer de jouer le maximum pour emmagasiner de la confiance. Cela permettra également d’avoir des points sur lesquels on pourra s’appuyer en cas de difficulté durant la Coupe du monde.

Plus que le résultat c’est le contenu qui vous donnera, ou non, de la confiance…

Bien sûr, le contenu sera très important. On va voir ce qu’on a validé, ce sera le point essentiel de ces matchs de préparation. Après si ces contenus sont positifs et que derrière on perd les matchs on devra travailler différemment pour emmagasiner de la confiance.

En tout cas ce sera un vrai test sur l’intensité notamment…

Oui, on sait qu’ils vont être prêts mais on le sera aussi mais sur un premier match comme celui-ci, c’est toujours difficile de savoir… On va vraiment pouvoir se juger physiquement, voir où on en est et savoir si on a encore des lacunes. Voilà, ce premier match va nous permettre de nous jauger que ce soit sur le point physique ou rugbystique.

Stuart Lancaster a annoncé une équipe composée de plusieurs novices, vous a-t-elle surpris ?

Surpris ? Non pas du tout. Ils ont voulu essayer du monde, voilà tout. C’est leur composition mais je ne l’ai pas trop regardé à vrai dire. De toute façon l’équipe alignée aura à cœur de faire un gros match contre nous.

On entend beaucoup parler de polyvalence. Vous jouez ailier/arrière, c’est vraiment quelque chose sur lequel vous travaillez ?

Depuis 2-3 ans j’essaye de travailler ma polyvalence à chaque fois que je monte en équipe de France avec Patrice (N.D.L.R. Lagisquet) et Philippe (N.D.L.R. Saint-André) pour être capable, en fin de match, de glisser à l’arrière si le joueur se blesse tout en étant le plus à l’aise possible. Je sais que le staff aime bien les joueurs polyvalents et on peut voir que derrière les centres peuvent jouer ailiers, les arrières également. Voilà, ils cherchent cette polyvalence pour pouvoir pallier toute sorte d’imprévu pendant un match.

Maintenant revenons à votre dernier match contre l’Angleterre que vous perdez 55-35 mais au cours duquel vous avez montré un visage rayonnant. Qu’avez-vous tiré de cette rencontre ?

Il y a eu énormément de rythme. On dit parfois qu’on est dans le rouge, là on n’était même plus dans le rouge on était dans le violet, c’était impensable. Les Anglais voulaient absolument chercher des points donc c’était un match assez animé. On ne s’attendait pas à jouer un match comme celui-là, avec autant d’intensité pour un dernier match du tournoi. En sachant qu’on avait joué le dimanche d’avant en Italie, qu’on avait voyagé le lundi sans se reposer puisqu’on était reparti à Londres le jeudi. Donc voilà ce fut une semaine assez chargée et je pense qu’on a tous mis quinze jours à se remettre de ce match. En rentrant j’étais lessivé.

Ça vous a appris des choses sur vous ? Sur vos limites notamment ?

Après c’était difficile, on sortait d’un tournoi très long. Avec toute la fatigue engendrée, finir sur un match comme ça, c’était difficile de se situer sur la limite et les capacités physiques qu’on pouvait tirer avec ce match-là. Ce qui était sûr c’est qu’on était capable de jouer avec une intensité aussi forte à la fin d’un tournoi, donc c’était important de relever ce point-là en observant toutes les choses qu’on était capable de faire et ce qu’il fallait encore améliorer.

Vincent Bissonnet
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