• « Une complicité évidente »
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Compétitions

« Une complicité évidente »

Emile Ntamack, ancien adjoint du XV de France, évoque la relation entre les deux demis et étudie leur profil.

Vous aviez lancé Morgan Parra et François Trinh-Duc en 2008 et les avez accompagnés pendant trois ans et demi. Quatre ans après votre départ du XV de France, en quoi ont-ils changé ?

Ces deux garçons ont avant tout gagné en maturité. À l’époque, Morgan était déjà très impliqué dans la vision stratégique de l’équipe : il pesait dans les choix tactiques et travaillait aux schémas. Avec l’âge, il semble avoir encore plus d’emprise. J’ai l’impression que depuis 2011, François a optimisé son travail et est plus enclin à participer à tout l’avant-match. Après, tout le monde connaît ses qualités dans l’attaque de la ligne. Son jeu au pied est devenu très compétitif et il a progressé dans la gestion des temps forts et temps faibles. Les deux me semblent beaucoup plus prêts qu’en 2011. J’espère qu’ils feront partie de l’aventure.

Quelle est leur proximité ?

Leur complicité est évidente. Je me doute qu’ils sont contents de se retrouver. Ils doivent le voir comme un clin d’œil de l’histoire. Sur le terrain, ils ont une belle complémentarité et se comprennent. Leur feeling leur permet de gérer le jeu de concert. De plus, Morgan est un soutien fort pour François dans la prise de décision. Il peut aussi le soulager à l’ouverture sur du jeu rapide quand François n’est pas présent sur l’action. Enfin, ils sont tous les deux capables d’utiliser un jeu au pied de précision.

Vous parlez de feeling entre les deux. Comment est-il venu ?

Le feeling est venu de suite et a été entretenu par la confiance. Le fait d’avoir été propulsés en même temps au haut niveau les a rapprochés et les a obligés à grandir. Ils se rejoignent aussi sur leur âme de compétiteur. Ils ont toujours su se relever.

Et en dehors du terrain ?

Morgan a un caractère affirmé. C’est un gagnant qui peut être désagréable quand ça ne va pas dans son sens. François montre moins ses émotions mais est aussi déterminé. Leurs personnalités s’expriment de manière différente : Morgan est un vrai patron du pack et du jeu dans sa globalité. Dans les échanges, c’est le moteur. François est plus à l’écoute. Mais de par sa position de 10, il doit s’imposer comme le grand patron.

Qu’attendre de leur match à Londres ?

Au-delà de leur performance individuelle, il va être intéressant de voir comment se passe leur association. Je ne vois pas pourquoi ils ne retrouveraient pas leurs repères et leur complicité. Cela peut être une force pour eux deux. Morgan sait notamment adresser les passes dans la lancée comme les aime François.

Après les avoir associés pendant trois ans, vous avez finalement changé de plans pendant la Coupe du monde 2 011 ?

Je ne vais pas m’éterniser sur cet épisode. Morgan Parra a été de toute l’aventure. Quant à François, il nous a semblé qu’il était moins dans l’exigence et il n’était pas assez dans la démarche de faire avancer le collectif. Nous lui avions expliqué. Ça lui a peut-être permis de rebondir. La remise en question a dû être dure mais nécessaire. Elle lui permettra, je l’espère, de goûter de nouveau à un Mondial.

Vincent Bissonnet
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