« Loulou » fait de la résistance

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    « Loulou » fait de la résistance
Publié le , mis à jour

Très fort dans les impacts et courageux en défense, le numéro 8 du Stade toulousain Louis Picamoles fut l’un des rares tricolores à marquer des points, à Twickenham.

Pour l’avoir côtoyé en sélection quatre ans durant, le directeur technique national Didier Retière sait quel est le potentiel de Louis Picamoles : « Il est hors-norme. » Intrinsèquement, Picamoles est de loin le meilleur numéro 8 du groupe France. Pourquoi n’est-il pas intouchable en équipe nationale, alors ? Longtemps, l’ancien Montpelliérain s’est quelque peu laissé vivre, se contentant parfois de prospérer sur ce capital génétique irréel, ne jouant sur le terrain que les meilleurs ballons. Titulaire lors des premières campagnes du mandat Saint-André, Picamoles s’est ensuite perdu en chemin, laissant une voie quasi royale à Damien Chouly et Loann Goujon. Meilleurs en touche, le capitaine de l’ASMCA et le numéro 8 de Bordeaux Bègles sont pourtant très loin d’avoir l’influence de Louis Picamoles dans le jeu courant. Le dernier Crunch n’en fut-il pas, d’ailleurs, la plus belle illustration ? Courageux en défense mais dominés dans les impacts physiques par les colosses anglais, les Bleus s’en sont en effet systématiquement remis à la puissance du troisième ligne centre du Stade toulousain pour tenter d’inverser la pression.

A-t-il gagné sa place ?

Auteur d’une percée majuscule en première période, Louis Picamoles termina pourtant mal cette action, abandonnant la balle en route et privant Yoann Maestri d’un essai superbe. Six semaines durant, le franchiseur des Rouge et Noir s’est néanmoins fait « une caisse », comme il nous le confiait la semaine dernière, évoquant dans cette métaphore l’endurance qui lui manquait probablement jusque-là. Dans un rugby empruntant si souvent au champ lexical de la guerre, dans ce sport où la puissance se dispute à la conquête territoriale, la force de Louis Picamoles semble aujourd’hui incontournable.

Toujours pas assuré de disputer le Mondial -le Toulousain est en ballottage favorable avec le Bordelo-Béglais Loann Goujon-, ledit « Loulou » a pourtant marqué des points à Twickenham, dans ce match où les Tricolores furent dominés dans tous les compartiments du jeu, si ce n’est la mêlée fermée. En a-t-il assez fait pour valider son ticket pour la coupe du Monde ? Philippe Saint-André donnera la réponse tant attendue dimanche prochain, au lendemain de la revanche franco-anglaise.

Marc Duzan
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