Avis de déchet

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Globalement dominé par l’Angleterre, le XV de France a toutefois disposé des occasions pour s’imposer à Twickenham, mais a trop manqué de justesse technique pour saisir sa chance.

Il faudrait être gonflé pour affirmer, de but en blanc, que l’équipe de France méritait de s’imposer samedi soir sur la pelouse de Twickenham. Reste que le sport, comme la vie en général, n’a que peu de considération pour les concepts de mérite et de justice. Or, à ce titre, impossible de nier que le XV de France n’est pas passé si loin d’un succès face à l’Angleterre, les trois essais concédés résultant en effet d’erreurs individuelles facilement évitables… « Échouer à cinq petits points de l’Angleterre, cela donne forcément des regrets, avouait l’ancien troisième ligne du Stade toulousain Yannick Nyanga. Nous avons réussi à contrarier cette équipe d’Angleterre, malheureusement nous avons concédé des essais trop faciles pour véritablement nous donner les moyens de l’emporter ici. Quand on voit tous les efforts qu’il faut produire pour se mettre en situation de marquer, on ne peut pas se permettre de telles erreurs… ». Référence non masquée au cadrage débordement d’école essuyé par Brice Dulin face à Anthony Watson, à l’essai en première main de ce même Watson à la suite d’une combinaison organisée autour de Sam Burgess, ou à l’oubli de Jonny May par Sofiane Guitoune alors que les Bleus défendaient en supériorité numérique…

Les souvenirs de Nyanga

Toutefois, au-delà de ces fautes de défense, c’est davantage au sujet du rendement balle en main que se situaient les griefs du staff tricolore. S’ils ont évolué pendant vingt minutes en supériorité numérique, les Bleus ne sont en effet parvenus à franchir la ligne qu’à une seule reprise, et encore, au terme d’un ballon porté des familles. Voilà qui situe assez la tâche d’une équipe encore trop peu maîtresse de ses nerfs et de son jeu… « Quand tu es à 15 contre 14, ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est paniquer, expliquait le sélectionneur Philippe Saint-André. En tenant le ballon, on se crée forcément des occasions. Le problème est que par manque de maîtrise, on veut forcer la décision trop tôt. » Quitte à commettre, au moment de jouer dans la défense, l’erreur grave de tenter la passe impossible. Ce fut ainsi le cas de Picamoles recherchant sans succès Maestri, de Kockott auteur d’une perte de balle grossière, puis d’un jeu au pied sans pertinence dans le « money time »… « Nous avons eu des opportunités sans parvenir à les conclure, rappelait PSA. Probablement parce que nous avons consacré l’essentiel de notre préparation au physique et qu’à ce titre, les entraînements avec opposition n’ont débuté que la semaine dernière. » « La différence entre les Anglais et nous, c’est qu’ils arrivent à ne pas faire le geste de trop, prolongeait Yannick Nyanga. Nous avons encore tendance à vouloir forcer la décision trop vite… C’est un peu normal : le travail physique a été intense et nous n’avons vraiment repris le rugby qu’il y a deux semaines. On sait que les premiers matchs sont toujours peu aboutis, et mieux vaut que cela arrive pendant les matchs amicaux. » Et le flanker du Racing 92 de plonger dans ses plus lointains souvenirs pour conclure, sourire aux lèvres. « Vous savez, je me souviens qu’en 2007 nous étions venus gagner ici, puis nous leur avions infligé 30 points au match retour en France. Sauf que la demi-finale à Saint-Denis face au même adversaire, nous l’avons perdue… » Manière de rappeler, sans pour autant souhaiter aux Bleus de perdre la revanche samedi, que leur véritable rendez-vous est pris au 19 septembre à 18 heures face à l’Italie, sur cette même pelouse de Twickenham…

Nicolas Zanardi
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