« Ma mère ne voulait pas voir le match »

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    « Ma mère ne voulait pas voir le match »
Publié le , mis à jour

Le néo-pilier droit toulonnais, Salesi Ma’afu nous fait part de sa joie de retrouver son frère cadet Campese en Provence. Il avait eu le privilège de l’affronter pour sa première sélection avec les Wallabies.

Votre venue à Toulon sera aussi pour vous l’opportunité de voir régulièrement votre frère cadet, Campese qui évoluera en Pro D2 avec Provence rugby…

Je suis ravi de pouvoir retrouver mon frangin. Je pourrais au moins le voir plus souvent qu’en Angleterre (Quand Salesi était à Northampton, Campese portait les couleurs de Nottingham en D2 anglaise, N.D.L.R). Nous sommes restés très proches. Avoir Campese si près de Toulon, nous permettra de nous aider mutuellement en cas de besoin. Pour nos enfants aussi, ce sera super. J’espère qu’avant de rejoindre la France, il effectuera un bon Mondial avec les Fidji.

Justement, les Fidji se retrouvent dans la poule de la mort avec l’Angleterre, le pays de Galles et votre ancienne équipe, l’Australie. Les Fidji ont-ils les moyens d’exister au sein de ce groupe relevé ?

Ce ne sera pas de la tarte. Mais le succès en Coupe des nations du Pacifique a gonflé le moral de ce groupe. Je les vois bien créer l’exploit face au pays de Galles.

Vous serez confronté à un vrai dilemme. Supporterez-vous les Wallabies ou votre frère ?

Les liens du sang sont plus forts que tout le reste. Je serai à fond derrière mon frère.

Pour votre première cape internationale face aux Fidji en juin 2010, vous vous êtes retrouvés dans une situation inédite. Votre adversaire direct en mêlée n’était autre que votre petit frère, Campese…

Franchement, ça m’a fait bizarre de me retrouver face à Campese en mêlée fermée. Il joue à gauche et je suis droitier. Nos parents et nos éducateurs étaient vraiment fiers de nous. Nous ne nous étions vraiment pas faits de cadeaux. L’honneur des Ma’afu était en jeu. Personne ne voulait céder. Cette confrontation familiale nous a poussés ce soir-là à nous dépasser. Mais après le match, nous étions redevenus de vrais frangins. Cela nous fait bien marrer quand nous en reparlons aujourd’hui. Cinq ans après, ce match alimente toujours nos conversations lors des repas de famille.

Pour vos parents, cela a dû être un véritable cauchemar car leur cœur était partagé…

Ne m’en parlez pas ! Ma mère ne voulait pas voir le match. Elle est venue au stade mais elle s’est surtout occupée des enfants. Mon père ne s’est pas posé la question. Il nous avait parlé à tous les deux avant le match. Il nous avait dit : « Quoi qu’ils arrivent, je serai fier de mes guerriers. Rentrez vous dans le lard comme vous le faisiez quand vous étiez gamins. Profitez à fond de ce match car vous ne revivrez pas de tels moments au cours de votre carrière. » Pour ne pas faire de jaloux, mes parents portaient tous les deux des signes d’appartenance des deux équipes.

Vous avez la chance de vivre votre rêve d’enfant grandeur nature…

Quand nous étions gosses, nous passions notre temps à nous jauger l’un face à l’autre. Chacun représentait alors une équipe. À cette époque, nous étions alors loin de nous imaginer que ce scénario se produirait une fois arrivé à l’âge adulte. Campese a travaillé très dur pour arriver à ce niveau. Avant ce match, il ne jouait même pas chez les pros. Ce match a changé sa carrière. Il lui a donné confiance. Il est ensuite parti jouer en Europe.

À noter qu’hier le nouveau pilier du RCT se serait retrouvé au sein d’une altercation pour... une place de parking. Sa victime aurait porté plainte, mais le club de Toulon aurait reçu la consigne (de son président) de ne pas communiquer sur cet bavure extra sportive.

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