«J’étais dans un état de choc»

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    «J’étais dans un état de choc»
Publié le , mis à jour

Deux jours après son éviction du XV de France, François Trinh-Duc sort de son silence pour la première fois et confie ses regrets et ses ambitions pour cette saison qui démarre avec Montpellier pour lui.

François comment ça va après la petite « claque » que vous avez dû recevoir dimanche ?

C’est une vraie déception pour moi d’être non-sélectionné pour cette Coupe du Monde. C’est vrai que j’ai fait énormément d’efforts durant les années précédentes et la saison dernière pour espérer accrocher le bon wagon et j’avais bien anticipé cette préparation. Toute l’équipe savait que le couperet tomberait le 23 août et malheureusement l’aventure s’est terminée pour moi. C’est dur, je suis extrêmement déçu mais maintenant il faut passer à autre chose. J’ai pu rentrer et retrouver ma famille et mes proches, cela m’a fait le plus grand bien. Deux jours après, je suis présent ici à l’entraînement au service de mon club et cela fait vraiment plaisir de retrouver les collègues avec un nouveau un staff, il y a du changement. J’avais besoin de nouveaux entraînements aussi. Physiquement, je me sens vraiment bien après une telle préparation. Je pense être en grande forme, je n’ai jamais été aussi bien préparé que cette année car la préparation était dure, longue et studieuse. Pour moi, cela a été une vraie chance mais maintenant je suis disponible pour mon club. Je sens que l’équipe à un beau challenge à relever cette saison et même pour moi à titre personnel.

Avez-vous senti arriver cette non-sélection ou cela a-t-il été une vraie surprise dimanche matin ?

C’est quelque chose que l’on ressent toujours. L’équipe savait que certains allaient partir et moi j’étais conscient qu’il y avait un 10 qui devrait quitter le groupe. Connaissant la concurrence à ce poste, j’avais certains doutes.

La discussion que vous avez eue avec le sélectionneur vous a-t-elle donné des explications ?

Oui, Philippe Saint André a dit qu’il voulait choisir trois buteurs numéro un, comme il l’a expliqué après. Pour moi, c’était difficile de poser des questions, j’étais dans un état de choc, très déçu et je n’ai pas pris la parole. J’accepte sa décision, j’ai écouté même si c’était très dur pour moi. C’est la seule raison qu’il m’a donnée. Maintenant j’entends parler de pleins de causes, loufoques ou non, mais cette explication est la seule qui m’a été donnée, il y en a peut-être d’autres mais je peux vous assurer que c’est la seule chose que le sélectionneur m’a dite et je l’entends même si c’est difficile. Mais comme je l’ai toujours fait, je vais respecter le choix, aller de l’avant et continuer à m’entraîner dur. J’ai une carrière encore devant moi et s’il y a besoin de moi je serais au service de l’équipe de France.

Est-ce que c’est encore plus difficile à entendre lorsque l’on sait que le jeu au pied est le point que vous avez travaillé le plus ces derniers temps ?

C’est vrai que je l’ai énormément travaillé et j’étais content d’avoir retrouvé un certain niveau mais c’est le choix du sélectionneur. Il est là pour être Champion du monde, pas pour faire du social. C’est comme ça malheureusement. Si les joueurs veulent être compétiteurs et gagner des titres, je pense que cela passe aussi par ces étapes avec des choix difficiles pour le coach mais pour moi aussi.

Aviez-vous l’impression d’avoir vos chances de vous défendre pour figurer parmi les 31 ?

Je ne sais pas. Ce qui est certain c’est que j’ai tout donné, chaque journée je me donnais à 100 % physiquement. Pendant toutes les séances de rugby et de musculation, c’est pareil, j’étais au maximum voire plus… J’ai moins de regrets car j’ai tout essayé, je me suis rendu disponible, j’ai donné des idées lorsque j’en avais. J’essayais de me rendre toujours disponible pour mes coéquipiers et le staff, j’allais souvent échanger avec eux. Peut-être même trop… Ce qui est certain c’est que j’ai moins de regrets car je ne sais pas si j’aurais pu en faire plus…

Le mieux pour vous c’était d’être là aujourd’hui, pour vous entraîner et tourner la page plus facilement ?

Oui, je voudrais tourner la page. Il y a des choses bien plus graves dans la vie. C’est une belle claque que je prends là mais cela reste du sport. C’est la loi du sport, de l’équipe de France, du haut niveau. En y participant j’accepte aussi les mauvais côtés. Maintenant je suis à Montpellier pour mon club, il n’est pas question de tirer la couverture à moi. Je reviens sur la pointe des pieds malgré mon statut et mon passif ici. Je suis un simple joueur qui doit faire sa place petit à petit car il faut respecter les joueurs qui ont fait les matchs amicaux et toute la pré-saison et qui en ont bavé ici.

Vous vous êtes entraîné premier centre aujourd’hui, c’est un nouveau challenge que vous vous lancez ?

Je n’ai jamais été fermé sur la question. Je sais que Jack White aimerait que de temps en temps je puisse dépanner au centre. Mais oui, cela peut me permettre aussi d’avoir un nouveau challenge, la polyvalence peut faire partie du jeu surtout en centre. Donc pourquoi pas, pour l’instant je suis de retour, je me mets où on me demande de me mettre.

Êtes vous prêt à jouer dès samedi ?

Prêt physiquement c’est indéniable après cette préparation. Mentalement aussi donc pourquoi pas. Ce sera le choix de l’entraîneur. Encore une fois je veux respecter ceux qui ont préparé la pré-saison et joué les matchs amicaux. Ils méritent cette place autant que moi.

Est-ce que vous gardez à l’esprit qu’une blessure, même si elle n’est pas souhaitée, pourrait vous rouvrir les portes du Mondial ?

C’est déjà arrivé par le passé dans toutes les nations. Certains joueurs qui n’étaient pas dans le groupe de départ ont déjà joué des finales ou des demi-finales, cela fait partie du jeu. Je ne vais pas dire que je ne suivrais pas l’équipe de France, bien sûr que je vais la regarder. Après ces deux mois vécus ensemble, on a créé des liens d’amitié avec les joueurs. Je serai donc avec eux, proche d’eux et premier supporter. Si je peux réintégrer l’équipe, je serais bien évidemment disponible pour cette équipe de France. Représenter mon pays c’est le plus important pour moi donc, malgré cette déception, je serai toujours disponible.

Après votre éviction, vous avez eu un vrai soutien du public ce week-end…

Cela fait vraiment plaisir. En plus lorsque je reviens l’entraînement est ouvert au public donc je suis très heureux de renouer directement avec les supporters. Se sentir soutenu permet d’être moins seul. Je me dis que je ne suis pas tout seul à ne pas comprendre les choix.

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