• Le Stade français ne veut pas s’emmêler !
    Le Stade français ne veut pas s’emmêler !
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XV de France

Le Stade français ne veut pas s’emmêler !

En raison de l’absence de cinq de ses piliers (R. Slimani, Kubriashvili, Zhvania, Van der Merwe et Taulafo) retenus par leurs sélections nationales, le Stade français savait que sa mêlée serait mise à rude épreuve en ce début de saison. La blessure dimanche dernier d’Adrien Oléon et l’arrivée tardive (hier mercredi) de l’Australien Paul Alo-Emile rendent encore plus complexe la tâche des parisiens avant le déplacement à Brive. Mais Quesada se veut rassurant : « Les jeunes ont bien travaillé ».

« On sera présent en mêlée tout en cherchant à ne pas y passer la soirée. » En une seule petite phrase, Gonzalo Quesada a sans doute résumé l’état d’esprit de toute une équipe. Paris est lourdement handicapé par l’absence de cinq de ses piliers et sa mêlée, avant un périlleux déplacement à Brive, pose question. Parce que si le Stade français s’est brillamment octroyé le titre de Champion de France en juin dernier. Le club de la capitale le doit en partie à la performance de son paquet d’avants dans le secteur de la mêlée fermée. Et ce n’est pas la dernière prestation de Rabah Slimani avec le XV de France contre l’Angleterre qui viendra nous contredire.

Quesada: « On va devoir lancer un de nos deux jeunes »

Seulement voilà, Quesada doit composer sans sa pierre angulaire, mais aussi sans véritable pilier droit de métier. À gauche, pas de souci. Le Néo-Zélandais Aled De Malmanche, talonneur de métier qui a déjà souvent évolué avec le numéro un dans le dos, est un monstre de puissance, même si ses deux dernières saisons ont été ponctuées de nombreuses blessures. Au talonnage, l’expérience de Laurent Sempéré ou l’éclosion de Rémi Bonfils, apportent des certitudes. À droite ? « On va devoir lancer un de nos deux jeunes », rétorque le directeur sportif parisien. Ces deux-là sont des novices. À 21 ans, Jean-Baptiste De Clercq a disputé ses premières minutes en Top 14 dimanche dernier contre Pau. Avec plus ou moins de réussite, notamment en mêlée fermée, secteur où il a écopé d’un carton jaune. Ce jeune Belge, passé par Lille et Mont-de-Marsan, est considéré comme un espoir du poste. « Il a le potentiel pour grandir et s’affirmer, juge Adrien Buononato, l’entraîneur en charge de la formation. À l’entraînement, il bouscule tout le monde. Mais pilier droit est un poste qui demande du temps. » Seulement, du temps, le Stade français n’en a pas vraiment. Conséquence : Le staff stadiste devrait accorder sa confiance à Cherif Slimani qui n’est autre que le frère de Rabah, retenu par l’équipe de France. Le cadet des Slimani évoluait ces deux dernières saisons à Bobigny en Fédérale 1. Lui aussi avec plus ou moins de réussite. Souvent blessé, parfois en équipe B, Chérif Slimani, longtemps considéré comme le plus prometteur de la famille, tarde à éclore. Aujourd’hui, il a 23 ans et une opportunité exceptionnelle de rattraper le temps perdu. « Ils ont beaucoup travaillé, trouvé quelques solutions, explique encore Quesada avec beaucoup de bienveillance sur sa jeune garde. Ils sont heureux et très entourés par leurs coéquipiers. L’idée, c’est de les mettre dans une dynamique d’épanouissement plutôt que de les stresser. C’est une chance pour eux de pouvoir vivre ça. En revanche, on a mis beaucoup de pression aux deuxièmes lignes, surtout à celui qui sera à droite, car il faudra qu’il cale la mêlée. » En l’occurrence, Chérif Slimani pourra compter sur les larges épaules du Sud-africain Gerhard Mostert. L’ancien Springbok est un tracteur. À eux deux, ils auront la lourde responsabilité d’assurer la stabilité du flanc droit de la mêlée parisienne et de permettre à leur équipe de mettre en place son jeu habituel. Objectif ? S’éviter une nouvelle déroute en terre corrézienne. « Depuis que je suis au club, raconte Quesada, c’est ma troisième visite à Brive et, les deux fois précédentes, on avait pris 30 points (N.D.L.R. : 27-0 en 2014-2015 et 28-12 en 2013-2014). » Mais que Gonzalo Quesada se rassure, il n’est pas le seul entraîneur parisien à avoir reçu des gifles par le CAB. La dernière victoire du Stade français à Brive (21-6) remonte au 26 septembre 2006…

Arnaud Beurdeley
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