Les tops et les flops de la prépa

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Publié le , mis à jour

Tour d’horizon des points forts et points faibles de la préparation des Bleus avant le Mondial anglais qui débutera le 18 octobre.

LES TOPS

Une préparation sans casse

Traditionnellement, les périodes de préparation pré-Coupes du monde connaissent toujours leur lot de forfaits. C’était - en partie - de manière à parer cet écueil que Philippe Saint-André avait décidé de convoquer 36 joueurs, bien conscient que dans sa volonté de pousser les joueurs à leurs extrêmes limites, certains allaient nécessairement y laisser des plumes… Or, ce ne fut pas le cas. Parmi les petits bobos, seuls Papé (déchirure), Dusautoir et Tillous-Borde (contusions au genou) ont connu des périodes significatives de repos. Rien qui les contraigne à déclarer forfait pour le Mondial… Tout le mérite en revient ici incontestablement aux deux Julien, Deloire et Piscione, dont la préparation intelligemment calculée a évité bien des soucis. À ce titre, le recours aux désormais célèbres « wattbikes » a certainement permis d’éviter bien des soucis, puisque ceux-ci ont permis aux Bleus de se constituer une caisse sans mobiliser trop lourdement leurs articulations.

Le « Tignes-building »

Ce n’est pas un point de vue de journaliste, encore moins de la langue de bois : lorsque l’on vous assure que l’ambiance est excellente au XV de France, il faut vraiment le croire… Un véritable esprit de corps qui doit beaucoup au stage de Tignes, entre le 15 et le 26 juillet. Organisé dans d’excellentes conditions, ce séjour dans la station savoyarde a permis aux joueurs de se dépasser dans un cadre totalement différent, et considérablement soudé le groupe. Peut-être le plus beau succès de ces neuf semaines.

La victoire sur l’Angleterre

Si cette rencontre ne demeure qu’un simple match de préparation, elle n’en constitue pas moins une des performances les plus abouties de l’ère PSA, avec le succès sur l’Australie en 2012.Net et sans bavure malgré une fin de match difficile, le succès acquis (25-20) face à l’équipe type du XV de la Rose a largement contribué à rassurer les Bleus sur leur potentiel réel, face à un favori du Mondial. Quand bien même ce match aurait été suivi d’une performance indigente face à l’Écosse, il n’en demeure pas moins porteur d’espoir.

Picamoles et Spedding bien installés

Titulaires lors du premier « crash-test » à Twickenham, l’arrière Scott Spedding et le numéro 8 Louis Picamoles avaient compté parmi les rares satisfactions. Depuis, les deux hommes se sont installés dans le XV type de Philippe Saint-André, au point d’être les seuls à avoir disputé les trois matchs de préparation comme titulaires. Caution sûreté de la ligne des trois-quarts, le Sud-Africain a étouffé la concurrence de Brice Dulin, auteur d’une performance décevante en Angleterre. Quant à Picamoles, que dire, sinon qu’il a probablement constitué le meilleur élément du XV de France pendant un mois ? Seuls joueurs non Toulonnais au sein de la colonne vertébrale des Bleus, les deux hommes devraient tenir un rôle majeur durant les deux mois à venir.

La conquête

Si les Tricolores n’ont pas totalement rassuré sur le plan du jeu, ils ont au moins présenté durant trois semaines une assise plus que solide au niveau des phases de conquête. Souveraisn en mêlée (aucun ballon perdu en trois matchs), les Bleus se sont surtout rachetés une conduite en touche, présentant depuis le retour de Damien Chouly un contre redoutable. Évidemment un atout de taille en vue d’une Coupe du monde qui se disputera en partie sous les intempéries.

LES FLOPS

La communication sur le cas Trinh-Duc

C’était un secret de Polichinelle pour les habituels suiveurs du XV de France. Considéré comme le quatrième, voire cinquième ouvreur des Bleus dans la hiérarchie établie depuis quatre ans par Philippe Saint-André (derrière Michalak, Tales, Plisson voire Lopez), François Trinh-Duc ne disposait que d’une infime chance de disputer le Mondial. Une chance que ce dernier n’avait par ailleurs pas su saisir à Twickenham, au terme d’une performance insipide. Dès lors, pourquoi PSA a-t-il souhaité ménager un semblant de suspense en « survendant » le match de son joueur ? Et surtout, pourquoi s’être entêté à justifier son éviction par la volonté de sélectionner « trois buteurs numéro un » alors que l’homme choisi à sa place, Rémi Tales, n’est pas plus buteur que Mathieu Bastareaud ? On l’ignore encore. Car en présentant plus simplement les choses et en déblayant le terrain en amont par le biais de sa communication, le sélectionneur se serait probablement évité une polémique inutile exaltée par les réseaux sociaux…

Le capitanat de Szarzewski

Auteur d’une excellente préparation après une saison tronquée par les blessures, Dimitri Szarzewski jouait très gros lors de premier match à Twickenham, pour sa 80e sélection. Chargé de mener les Bleus en l’absence de Thierry Dusautoir, le capitaine du Racing 92 savait bien qu’une bonne performance de sa part lui aurait peut-être permis de bousculer la hiérarchie au talonnage. Las, le rendez-vous fut manqué, Szarzewski se perdant quelque peu entre sa fonction et son strict job. Guirado se chargeant d’assommer la concurrence en prenant le relais au Stade de France…

L’expérience Dulin à l’aile

Arrière de formation, le joueur du Racing 92 a très mal vécu la possibilité d’évoluer à l’aile durant la préparation. Et moins bien encore le fait d’y être titularisé à Twickenham. Mal rentré dans son match, « coffré » d’entrée de jeu par son vis-à-vis, Dulin a vécu un calvaire en première période, jusqu’au désormais légendaire cad-deb infligé par Watson… Sorti pour recevoir quelques points de suture, Dulin réussit bien à redresser la barre en deuxième période. En vain, puisque ce dernier n’a plus été utilisé de la préparation depuis lors.

Dumoulin ne confirme pas

S’il surfe depuis bientôt un an sur une flatteuse réputation née de ses premières sélections, le moins que l’on puisse dire est qu’Alexandre Dumoulin peine à confirmer. Considéré comme leur meilleur passeur par Philippe Saint-André et patrice Lagisquet, le Racingman s’est tout bonnement fait éteindre par l’Anglais Sam Burgess lors du premier test, ne conservant sa place dans le groupe des 31 vis-à-vis de Rémi Lamerat qu’au nom de son supposé potentiel. Un potentiel que ce dernier n’a pas plus montré face à l’Écosse, son entrée à la place de Fofana ayant été marquée du sceau de la timidité. Pire : une énorme boulette dans le money-time fut toute proche de provoquer la défaite des Bleus.

Le jeu

Auteurs de trois essais en trois matchs, les Bleus n’ont jamais réussi durant leur préparation à retranscrire sur le terrain le travail fourni aux entraînements, manquant notamment singulièrement de liant dans les enchaînements avants-trois-quarts. Un manque rédhibitoire ? On pourrait le craindre puisqu’en quatre ans, on peine à entrevoir des progressions au registre de l’animation offensive. Si bien que les Bleus vont attaquer leur Coupe du monde sans aucune certitude par rapport à leurs possibilités offensives. De quoi légitimement s’inquiéter ? Ce serait logique, si impossible n’était pas français…

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