Raphaël Saint-André : « Dax-Bayonne c’est Sugar Ray qui bat Hagler en 1987 »

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    Raphaël Saint-André : « Dax-Bayonne c’est Sugar Ray qui bat Hagler en 1987 »
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Victime collatérale de l’affaire Lilloise, Dax a enfin commencé sa saison, en Pro D2. Malgré une préparation tronquée et des joueurs arrivés tout récemment les Dacquois ont battus Bayonne, en surprenant tout le monde à commencer par l’entraîneur.

Comment avez-vous vécu cet exploit ?

Le scénario du match fait qu’émotionnellement ça bascule vite. On est bien dans le match, puis on craque et finalement on revient. On le gagne sur l’émotion, des valeurs de solidarité, d’envie. Notre rugby n’est pas prêt, on ne va pas se le cacher, on a encore beaucoup de travail. Par contre la solidarité et l’envie des joueurs nous ont fait réaliser un exploit comme celui de Sugar Ray Léonard quand il bat Marvin Hagler en 1987. Il n’avait pas boxé pendant quatre ans et il avait battu un mec invaincu. C’est la beauté du sport.

Votre préparation s’est faite dans l’urgence. De quelle manière la qualifiriez-vous ?

Chaotique ! On a eu quinze jours pour préparer ce match, dix joueurs sont arrivés dans les quinze derniers jours dont quatre qui n’ont pas encore leur licence. On a des mecs qui ne parlent pas encore français, d’autres qui connaissent aucun système, y en a qui n’ont pas pu s’entraîner à cause des assurances... Une vingtaine de joueurs se sont préparés depuis deux mois, mais dans l’incertitude totale de la division. Beaucoup de complication mais aujourd’hui c’est la libération. Quatre mois de soucis, aujourd’hui on offre un bol d’air frais au club. Ne nous enflammons pas, on sait que ça va être compliqué pour rester dans cette division mais on va tout donner comme aujourd’hui.

Devant vous faites plus que résister face à l’un des meilleurs packs de Pro D2. En témoigne cette mêlée à la 26e, où aucun des deux packs ne prend le dessus, s’opposant pendant presque une minute…

C’est vrai que c’est très beau. Avec les nouvelles directives en mêlée c’est très dur de talonner. Tu talonnes, tu prends immédiatement la pression. Quand les deux packs sont à peu prés du même niveau sur les mêlées, il se passe un effort lactique de quarante, cinquante secondes, voire une minute où tout le monde pousse. Je peux vous dire que ça pique dans les mollets.

Le seul point noir c’est peut-être l’indiscipline (trois cartons jaunes) et les errements défensifs ?

On a eu un arbitrage dur, on a été très pénalisé sur le jeu au sol quand on faisait des fautes. On en a fait beaucoup, j’en ai vu quelques-unes de l’autre côté moins sifflées... C’est normal Bayonne est une grande équipe, nous on joue le maintien, on va rester une petite équipe toute la saison donc on va s’accrocher pour essayer de changer cette image.

Ce match est il la preuve que Dax a sa place en Pro D2 ?

Non pas encore. Aujourd’hui on a gagné sur l’adrénaline, sur l’émotion. Notre rugby n’est pas léché. On aimerait que ce soit un peu plus cadré. On est dans le domaine de l’exploit et l’exploit ne se répète pas toutes les semaines. À un moment donné si on ne progresse pas dans notre rugby ce sera compliqué. Dans cinq jours à Carcassonne ce sera déjà une autre paire de manches. Propos recueillis par Pierre-Olivier Chirol

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