Les cinq axes de la défense de Boudjellal

  • Les cinq axes de la défense de Boudjellal
    Les cinq axes de la défense de Boudjellal
Publié le , mis à jour

Mourad Boudjellal n’a pas attendu pour contre-attaquer. Dès la fin de matinée, le président varois est monté au créneau pour défendre son club et ses joueurs. Voici son argumentaire.

Une affaire d’argent, pas de santé

Le président varois s’est immédiatement évertué à changer l’affaire de cap : « Il s’agit d’une escroquerie aux caisses d’assurance maladie par des pharmaciens qui étaient dédiés au club, à partir de fausses prescriptions ou de détournement d’ordonnances ou de cartes vitales, et non d’une affaire de dopage », annonce d’emblée Mourad Boudjellal. Autrement dit : passez votre chemin… L’homme fort du club cite même le parquet pour appuyer sa défense : « Il s’agit du non-respect du code de la santé publique en matière de délivrance de médicaments et on est assez éloigné du dopage. » Pour résumer, les pharmaciens incriminés ont profité des cartes vitales et du numéro des joueurs pour détourner de l’argent : « Il a pu marquer ce qu’il voulait sur de fausses ordonnances mais ce n’était pas dans le but de doper les joueurs mais plutôt son compte en banque. » Les joueurs seraient ainsi complices, à leur insu, de ce système : « C’est pourquoi aucun n’est inquiété par l’AFLD ni par le parquet. Le club n’a été à aucun moment interrogé et, donc, n’est pas concerné. »

Le RCT, un cas parmi d’autres

Si l’affaire a principalement éclaboussé le triple champion d’Europe, elle ne se limite pas au simple domaine du rugby et de produits destinés à améliorer la performance : « Ça ne concerne pas que le club sur ce que je sais mais une trentaine d’entités morales. » Et le président d’ironiser le supposé lien trop grossier entre le RCT et ses prétendus fournisseurs : « Vous imaginez bien que si on va acheter des produits dopants, on ne ne va pas prendre la carte vitale, aller en pharmacie et se faire une prescription. Ce serait totalement stupide. »

Le club avait déjà réagi

Pour preuve de sa prétendue bonne foi, Mourad Boudjellal annonce avoir pris, en amont et de sa propre initiative, des mesures contre les personnes soupçonnées des malversations : « Il y a des pharmacies qui travaillaient avec nous mais qui ne travaillent plus puisque nous étions au courant de cette histoire depuis quelque temps. Ils ne travaillent plus avec nous depuis plus d’un an. » Une fois informé des pratiques illégales, le RCT aurait délibérément pris ses distances avec les pharmacies en question. L’histoire a rattrapé tout le monde…

Des joueurs « sous contrôle »

Pour Mourad Boudjellal, l’instauration d’un dopage organisé à Toulon paraît impossible du fait de la chasse aux sorcières menée par les institutions : « Je rappelle quand même que nous avons subi de nombreux contrôles antidopage. Nous avons eu deux joueurs quoi ont été soupçonnés, Steffon Armitage et Lewis Roberts, et les deux ont été totalement blanchis. Ne serait-ce qu’au début de la saison dernière, à la reprise, nous avons eu un contrôle antidopage de l’intégralité des joueurs. Il n’y a eu aucun cas. » Le président ne croit pas non plus en la présence de brebis galeuses au sein de son vestiaire : « Je suis sûr à 1 000 %. Il y a des contrôles inopinés, on va même jusqu’à contrôler les bouteilles dans lesquelles les joueurs boivent après l’effort pour vérifier qu’ils n’ont pas rajouté quelque chose. Je n’ai pas de doute là-dessus. »

Une théorie du complot

Le dernier axe de défense de Mourad Boudjellal tient dans une coïncidence. Une semaine jour pour jour après le lancement de la campagne de Bernard Laporte pour la FFR, l’apparition de cette affaire serait à ses yeux un bon moyen de jeter le discrédit sur l’ancien sélectionneur. Un pressentiment sans preuves, pour le moment : « Je pense qu’on a intérêt à salir l’image du RCT ou à nuire à quelqu’un. Je pense que la campagne va être très dure. C’est pour ça que je voulais me séparer de Bernard Laporte, je pressentais les choses. Ce sont des suppositions, je n’ai pas de certitudes là-dessus, mais c’est quand même bizarre qu’un dossier sorte sous cette forme-là. Je suis un peu parano mais je trouve que c’est bizarre. Qui a donné cette information ? Qui l’a habillée comme ça ? La guerre a démarré. Si ça vient de la campagne de Bernard, et je n’en ai pas la preuve, pour l’instant, l’ennemi est tapi dans l’ombre. »

Vincent Bissonnet
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?