Chavancy: «Nous ne sommes pas des béni-oui-oui !»

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    Chavancy: «Nous ne sommes pas des béni-oui-oui !»
Publié le , mis à jour

Agacé par la lourde défaite des siens à Armandie (30 à 18), le trois-quarts centre du Racing 92, Henry Chavancy, veut en finir avec l’image de gentils garçons qui colle à la peau de son équipe.

Comment jugez-vous Grenoble ?

C’est une très belle équipe, qui reste sur trois bonnes prestations en championnat. Les Grenoblois ont aussi conscience que ce dernier match avant la coupure est capital. Ils viendront à Colombes pour nous mettre en danger. Et quand je vois le jeu qu’ils proposent…

Ça fait peur ?

Je ne dirais pas que ça fait peur, mais je suis certain que ce sera très difficile.

Comment expliquez-vous la large défaite de votre équipe à Agen, la semaine dernière (30 à 18) ?

Les Agenais ne nous ont pas surclassés. Mais dans l’agressivité et le combat, ils ont été bien meilleurs que nous. Cette contre-performance est difficile à expliquer, d’autant plus que nous avions reçu un avertissement quelques jours plus tôt, contre La Rochelle (20 à 19). Nous étions prévenus. C’est d’autant plus grave.

Pourquoi n’avez-vous pas répondu aux petites tricheries agenaises ?

Pour répondre, il aurait fallu avancer au plaquage, gagner ses duels, dominer en conquête directe. Les petites tricheries auxquelles vous faites allusion auraient alors disparu. Nous n’avons pas su le faire et les Agenais ont mérité leur victoire. Bravo à eux.

Les clichés ont la peau dure. Mais on reproche souvent au Racing d’être le bon élève du premier rang, de manquer d’agressivité… Qu’en pensez-vous ?

C’est quelque chose qu’on me rappelle assez souvent. Et ça m’agace, je ne vais pas vous le cacher. Nous ne sommes pas plus gentils que d’autres. Nous voulons simplement imposer notre jeu de façon propre. Après, peut-être manquons-nous encore d’un peu de vice… Mais nous rectifierons tout ça cette saison.

Pourquoi ce procès vous agace-t-il autant ?

Je ne veux pas que l’étiquette « équipe de gentils garçons » soit la caractéristique que l’on accole au Racing. Nous ne sommes pas des béni-oui-oui ! Et ce week-end, nous montrerons les crocs.

« Après notre première victoire à Toulon, tout le monde s’est d’ailleurs enflammé. Mais nous ne pouvons réciter un beau rugby tous les week-ends. »

La semaine dernière à Armandie, vous avez terminé buteur du Racing 92. Comment cela est-il arrivé ?

Maxime Machenaud était sorti du terrain, Benjamin Dambielle aussi. Maxime Javaux était quant à lui blessé. Quand Marc Andreu a marqué notre dernier essai (75e minute), je n’ai alors pas souhaité que la responsabilité du tir aux buts incombe à un jeune joueur de l’équipe. J’ai donc pris les devants. Mais mon drop n’a pas connu le succès escompté…

Pourquoi avoir transformé en drop, d’ailleurs ?

Je n’ai jamais buté de ma vie. Je ne voulais pas me servir d’un « tee ». D’autre part, j’étais dans l’urgence car derrière, nous voulions marquer un dernier essai afin d’accrocher un point de bonus défensif. J’ai tenté. Ça n’a pas marché. Tant pis.

Vous retrouverez, samedi soir à Colombes, l’un de vos meilleurs amis : Jonathan Wisniewski. Avez-vous prévu de cibler sa zone sur certains lancements de jeu ?

Je vais être clair. Le procès que l’on fait à la défense de Jonathan est erroné. J’ai beaucoup joué à ses côtés et ne l’ai jamais vu s’enlever au contact. Son plaquage n’est pas offensif, d’accord. Mais combien de demi d’ouverture peuvent-ils se targuer de faire reculer leurs adversaires au plaquage ? Jonathan fait tomber ses adversaires et le défier systématiquement ne serait pas une brillante idée.

Votre équipe a besoin de se rassurer contre Grenoble. Seule la victoire compte et au diable le spectacle ?

J’aime autant que notre jeu soit le plus léché et le plus spectaculaire possible. Après notre première victoire à Toulon (27 à 22), tout le monde s’est d’ailleurs enflammé. Mais nous ne pouvons réciter un beau rugby tous les week-ends. Il faut parfois s’adapter à l’adversaire, aux conditions…

Mais quelle est votre philosophie globale, concernant le jeu ?

Je préfère en chier et gagner que me faire plaisir et perdre, si telle est votre question. Si faire voler le ballon conduit à quatre interceptions, ça ne m’intéresse pas.

Marc Duzan
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