P. Fitzgerald : « On donne l’impression que le rugbyman est quelqu’un de violent »

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    P. Fitzgerald : « On donne l’impression que le rugbyman est quelqu’un de violent »
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Huit mois de prison avec sursis et 1500€ d’amende, voilà ce que le tribunal correctionnel de Toulon a requis à l’encontre de Salesi Ma’afu ce mardi. Jugé pour « violence avec arme » et « violence » entraînant une incapacité inférieure à huit jours à l’encontre de deux victimes, le pilier toulonnais est représenté par Philip Fitzgerald, ancien talonneur du RCT devenu avocat au barreau de Toulon qui a accepté de répondre à quelques questions en attendant le verdict, le 10 novembre prochain.

Quelles sont vos impressions à la sortie de l’audience de votre client Salesi Ma’afu ?

Ce qu’on a ressenti en sortant de l’audience c’est qu’on donne l’impression que le rugbyman est quelqu’un de violent. On est dans un stéréotype du rugbyman qui a, selon le tribunal, le coup de poing facile.

Pour vous le fait que Salesi Ma’afu soit rugbyman ne joue pas en sa faveur ?

En sortant de l’audience, on peut avoir cette impression-là oui.

La victime était-elle présente à l’audience ?

Non, elle n’était pas là.

Comment votre client a-t-il vécu cette audience ?

Monsieur Ma’afu a eu un comportement exemplaire. Comme depuis le début de la procédure car finalement il a quand même connu une garde à vue. Cela a été un moment difficile pour lui mais il s’est comporté avec dignité. Il est très sérieux et a toujours répondu à nos questions. Et encore une fois devant le tribunal, il a eu le même comportement exemplaire. C’est quelqu’un qui a 14 sélections avec l’équipe d’Australie, une grande nation du rugby qui recrute aussi sur réputation pour son comportement. L’Australie a fait confiance à monsieur Ma’afu tout comme Toulon. Le RCT n’a pas envie de se tromper sur le recrutement. Ils sont quand même trois fois champions d’Europe. Ils recherchent les meilleurs joueurs du monde à la loupe et ils ont choisi monsieur Ma’afu sur réputation aussi. Il y a tout de même des choses qui sont diamétralement opposées, d’un côté le CV de monsieur Ma’afu avec les personnes qui lui font confiance et de l’autre les faits qui lui sont reprochés. Et si on part sur le principe que le joueur de rugby a le coup de poing facile, on peut vite faire un raccourci. Et lorsqu’on regarde la vie de mon client, et tout ce qu’il a fait jusqu’ici, on ne comprend pas.

D’autant qu’il n’a pas d’antécédents…

Oui c’est surtout ça. C’est un peu la chronique d’une mort annoncée, moi je le vois comme ça.

Avez-vous des contacts avec le RCT ? Pensez-vous que le club prendra des sanctions à l’encontre du joueur s’il est puni par la justice ?

Pour le moment aucune peine n’a été prononcée, on saura le 10 novembre et selon la décision du tribunal il y a toujours un appel de possible. Mais je pense qu’il n’y a pas de rapport entre la procédure en cours et le club. De toute manière, le club sait très bien mettre ses joueurs dans les meilleures conditions possible. Tout est fait pour que les joueurs ne pensent qu’au rugby. Et je crois qu’aujourd’hui monsieur Ma’afu subit beaucoup de pression. On le donne comme coupable avant même d’avoir vu le dossier. Aujourd’hui, il doit redorer son blason et montrer qui il est et cela passe d’abord par le terrain. Il en a besoin car il subit beaucoup de pression depuis deux, trois semaines.

Le fait que Mourad Boudjellal et Bernard Laporte lui accordent leur confiance sur le terrain doit l’aider non ?

Je pense oui. Je suis ancien joueur de rugby professionnel donc nous avons cela en commun et si je peux l’aiguiller du mieux possible, je suis là pour ça. Propos recueillis par Justine Esteve

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