C. Hanizet : « Qu’on me reconnaisse en tant qu’arbitre, pas en tant que femme »

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    C. Hanizet : « Qu’on me reconnaisse en tant qu’arbitre, pas en tant que femme »
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Christine Hanizet est la première femme arbitre dans le rugby professionnel. Elle a inauguré ce statut à Aimé-Giral ce week-end. Un bonheur qu’elle a bien voulu nous raconter.

Par Nicolas Augot et Pierre-Olivier Chirol

Difficile de rêver mieux pour une première. Il aura fallu attendre le match en retard Perpignan - Dax (36-28), programmé en pleine Coupe du monde, pour voir Christine Hanizet arbitrer un match en professionnel. À l’issue de la rencontre la joie prédominait : « Je l’ai vécu tout à fait normalement mais je suis très heureuse de la conduite de ce match et du comportement des joueurs. » Aucune pression en revanche, pas vraiment le genre de cette chef de brigade de police : « jJétais dans la concentration, j’ai refusé de me mettre la moindre pression. Ça fait quinze ans que j’arbitre; alors je ne vois pas pourquoi je perdrais pied aujourd’hui. » Et les joueurs dans tout ça ? La question de leur comportement face à une femme arbitre pouvait légitimement se poser. À en croire la principale intéressée, le fait de se faire arbitrer par une femme ne les a pas perturbés. Respectueux des décisions, à l’écoute et peut-être même un peu plus attentifs qu’a l’accoutumée : « Je ressens le respect, peut-être plus parce que je suis une femme. Ça veut dire que les rugbymen sont de bons mecs. Je ne me suis pas fait remarquer en tant que femme mais en tant qu’arbitre et c’est l’essentiel pour moi. » Au point même que le numéro 9 dacquois, Anthony Salle-Canne ne s’oublie et y aille de sa petite tape sur le short de l’arbitre pour la féliciter après un coup de sifflet… Mauvaise habitude.

Première décision controversée.

Chaque arbitre professionnel a fait parler de lui pour un coup de sifflet contestable, Christine Hanizet n’aura pas attendu bien longtemps. À la dernière minute du match, Dax tient le bonus défensif mais l’arbitre offre une pénalité à Perpignan, permettant à Seguy de sortir les Landais de ce bonus. « Quand je siffle, je ne perçois pas tout de suite que je leur enlève le bonus, je peux ne pas siffler. Je le fais que c’est juste devant moi et c’est flagrant. Si je ne siffle pas, on pourrait me le reprocher aussi… Je ne suis pas désolée parce que ça voudrait dire que j’ai fait une erreur, mais c’est vrai que c’est dommage pour eux. Après, la faute y est je ne l’ai pas inventée ! » Pas de quoi perturber une Christine Hanizet désormais baptisée.

Retrouvez notre entretien avec Christine Hanizet effectué à l’occasion de la réunion des arbitres avant le début de la saison.

Nicolas Augot
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