Des ressources insoupçonnées

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    Des ressources insoupçonnées
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Malgré la perte probable de Scott Williams et Hallam Amos jusqu’à la fin du Mondial, les Gallois semblent être collectivement en mesure de remporter leur poule et de s’inviter comme en 2011 dans le dernier carré de ce Mondial.

Plusieurs êtres leurs manquent et tout n’est pas forcément dépeuplé. Vainqueurs au courage des Anglais malgré une équipe fortement remaniée et plusieurs joueurs n’évoluant pas à leur poste (le demi de mêlée Lloyd Williams et l’ailier Alex Cuthbert ont dû évoluer à l’aile et au centre) en fin de match, les Gallois ont prouvé qu’ils en avaient sous la pédale. Mais les Diables rouges ont payé un lourd tribut à ce succès majuscule sur la pelouse. « Le plus grand exploit de leur histoire », comme s’enorgueillissait à la une, le principal quotidien gallois, le Western Mail. Selon toute vraisemblance, les Gallois vont devoir se passer des services du centre Scott Williams et de l’ailier Hallam Amos, touchés respectivement au genou droit et à une épaule jusqu’à la fin de compétition. Pour l’arrière Liam Williams, victime d’un coup de tibia involontaire à la tête, tout ne serait pas complètement perdu. Mais il ne devrait pas être opérationnel avant au minimum trois semaines.

Il n’empêche, cela commence à faire beaucoup pour une équipe dont le réservoir de joueurs n’est pas aussi opulent que celui de la Nouvelle-Zélande ou encore de l’Angleterre. Depuis la perte fin août de leur artilleur en chef Leigh Halfpenny et leur demi de mêlée titulaire, Rhys Webb, les Gallois n’en finissent plus de manger leur pain noir. Au rythme affolant où les joueurs tombent comme des mouches (6 joueurs lors des 3 derniers matchs), les Dragons seront bientôt obligés de demander à leurs entraîneurs adjoints tous quarantenaires, Rob Howley, Neil Jenkins et Robin McBride de sortir de leur retraite.

Un vécu collectif et une expérience précieuse

Mais pour paraphraser les banalités souvent débitées lors des après-matchs, la star au pays de Galles, c’est l’équipe. Les hommes de Warren Gatland ont prouvé au cours des trois dernières semaines qu’ils avaient des ressources insoupçonnées. Ils en ont tellement bavé lors de leurs deux stages de préparation à Fiesch (Suisse) et à Doha (Qatar) qu’ils sont capables de franchir tous les obstacles se dressant sur leur route vers les sommets de cette poule A. En outre, les partenaires de Sam Warburton ont un vécu collectif et une expérience à même de les sortir de cette mauvaise passe. Les Gallois jouent encore avec une ossature proche de celle qu’ils avaient quatre ans en arrière en Nouvelle-Zélande, lorsqu’ils avaient atteint le dernier carré de cette compétition. Un exploit que les joueurs de Warren Gatland semblent malgré tout en mesure de rééditer.

Si les premiers bruits de couloir circulant dans la Principauté se confirment, James Hook devrait être rappelé dans le groupe. L’ancien transfuge de l’Usap connaît par cœur la méthode et le système de jeu mis en place par Warren Gatland. Hook a depuis longtemps prouvé qu’il était plus qu’un simple joker destiné à boucher les trous. Quant à Gareth Anscombe, pressenti à l’arrière, c’est un poste qu’il maîtrise sur le bout des doigts. Même si la saison passée, il a davantage évolué à l’ouverture pour les Cardiff Blues, c’est avec la tunique floquée du numéro 15 qu’il a conquis ses lettres de noblesse du côté des Waikato Chiefs. Enfin, ce succès à Twickenham face à l’ennemi anglais a donné aux Gallois une énergie et une confiance susceptibles de traverser les tempêtes et les océans. Même les plus démontés.

Jérôme Fredon
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