Cudmore, le Clermontois

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    Cudmore, le Clermontois
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Arrivé en Auvergne en 2005, le deuxième ligne Jamie Cudmore est aujourd’hui inévitablement associé à l’ASM Clermont Auvergne. Une image totemique qui lui vaut l’adoration des supporters. Et le respect de ses partenaires et dirigeants.

Cudmore est fort, grand et Canadien. Jusque-là, rien de bien nouveau. Mais surtout, Cudmore se fout bien du temps qui passe. Prenez donc : à 37 ans, l’ancien bûcheron de Squamish, petite ville traditionnelle du Canada anglophone nichée dans la baie de Vancouver, dispute actuellement sa quatrième Coupe du monde. Le tout avec 49 sélections seulement. « Jamie est un joueur majeur pour nous, même s’il ne dispute pas l’intégralité de nos compétitions. Mais pour ce genre d’événement, il est le premier nom qu’on couche sur la liste » confiait Kieran Krowley avant la compétition. Le sélectionneur néo-zélandais des Canadiens a d’ailleurs nommé le deuxième ligne clermontois comme capitaine de son équipe. Comme preuve de confiance, on ne fait pas beaucoup mieux.

Une prolongation de haute lutte

Cette résistance à l’âge continue de surprendre, jusque dans les hautes sphères de son club. En fin de contrat en juin 2015, Cudmore se voyait promis à une fin de carrière ou, tout du moins, une non-prolongation de sa mission en Auvergne. Ainsi va la vie : Flip Van Der Merwe avait signé son engagement en novembre 2014, Paul Jedrasiak montait déjà en puissance et Cudmore voyait le glas frétiller. À la seule force de son début de saison tonitruant, le Canadien a inversé la tendance. « C’est vrai que nous nous dirigions plutôt vers une non-prolongation le concernant. Mais ses performances depuis plusieurs mois ne nous laissent pas indifférents. Dans sa forme actuelle, bien sûr que notre réflexion évolue » confiait, en décembre 2014, Jean-Marc Lhermet. Le manager clermontois n’avait finalement pas hésité à passer outre l’usure de l’âge et cette participation au Mondial pour le prolonger une saison supplémentaire.

Jedrasiak : « Tout à apprendre de lui »

Aujourd’hui en Angleterre, Cudmore affrontera ce jeudi un XV de France dont il connaît par cœur chacun des éléments. Avec l’envie de montrer, une fois de plus, l’ampleur du combattant qu’il est. « Pour un jeune comme moi, Jamie est un exemple dans tous les domaines. Pas seulement dans le combat » élargit Paul Jedrasiak. « Il est très précis dans tous ses placements, dans toutes ses courses et sur les phases de conquête. C’est aussi un compétiteur fabuleux, qui ne doute jamais. Son absence m’a permis de bénéficier de beaucoup de temps de jeu mais j’ai aussi hâte qu’il revienne pour pouvoir jouer à ses côtés et continuer à apprendre de lui aux entraînements ». Le Canadien, longtemps considéré comme un combattant parfois excessif, fait aujourd’hui figure de « papa », assagi et minutieux. « Physiquement, j’ai toujours aimé m’entretenir, même pendant les vacances où nous faisons beaucoup de sport avec ma femme. Mais avec l’âge, j’ai appris à éliminer les courses superflues pour gagner en efficacité. En défense, je ne cherche plus systématiquement à mettre un carreau pour démonter le mec en face. Je privilégie aujourd’hui l’efficacité ». Les Français, dès lors, sont prévenus.

Léo Faure
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