Air Force Canada

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Publié le , mis à jour

Loin de faire un complexe d’infériorité inhérent à leur dix-huitième rang mondial, les Canucks développent un rugby ambitieux et offensif, dans lequel leurs ailiers brillent de mille feux. Les Bleus sont prévenus...

Il y a quelques années, les Canucks collaient en tout point au stéréotype des petites nations du rugby : vaillantes, combatives, voire même denses, mais terriblement limitée sur le plan technique. De toute évidence, le Canada n’est pas une terre de rugby. À l’exception de la Colombie britannique et de l’Ontario, les deux provinces les plus impliquées dans le développement du rugby, le hockey sur glace reste le sport roi. Même le football américain intéresse davantage les Canadiens. Pour s’en convaincre, il suffit de voir près de 6 000 personnes se presser pour assister à un match de football américain universitaire à l’Université de Montréal… Une affluence que le Canada n’avait même pas atteint le 22 août dernier, pour son amical contre le voisin et éternel rival, les États-Unis. Ce jour-là, cette affiche explosive n’attira que… 5 168 spectateurs. Mais ça, c’était avant. Avant que les Canadiens ne se décident à développer leurs qualités techniques, et de changer leur fusil d’épaule. Exit le combat d’avant et pack hyper dense, place à la vitesse, les libérations rapides et le mouvement.

Mutation achevée

Premiers témoins de cette révolution, les joueurs ont conscience de ce virage à 180 degrés opéré par leur sélectionneur, le Néo-Zélandais Kieran Crowley : « Avant notre plan de jeu était assez classique, en s’appuyant notamment sur une grosse conquête, mais notre entraîneur néo-zélandais a décidé changer complètement notre système il y a deux ans, et cela nous convient très bien », explique Taylor Paris, l’ailier canadien du SU Agen. Le résultat est réussi. Certes, leurs efforts n’ont pas encore été récompensés par une victoire, et ils n’ont marqué que trois essais. Mais l’on gagerait que ce score serait plus élevé s’ils avaient pu compter sur les services de l’insaisissable Taylor Paris. Et en son absence, ce sont les ailiers Hassler et Van der Merwe qui ont mis le feu aux poudres, sans oublier l’arrière Evans. Leurs courses tranchantes n’ont d’ailleurs pas échappé au staff des Bleus. Mardi, en conférence de presse, le sélectionneur Philippe Saint-André s’est montré dithyrambique à l’endroit des trois-quarts canadiens : « Leur ouvreur anime très bien le jeu et leur premier centre va très vite, a reconnu le sélectionneur tricolore mardi. Leurs ailiers et leur arrière sont vraiment de gros finisseurs. C’est une équipe qui joue bien au rugby, qui progresse et qui possède une bonne organisation collective, un peu atypique. Ils tiennent très bien le ballon et on s’attend à devoir défendre sur des séquences de deux minutes sans se déstructurer, sans paniquer et en restant disciplinés. » Les Bleus ne pourront pas dire qu’ils n’étaient pas prévenus…

Simon Valzer
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