Papé, une dent contre l’Irlande

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    Papé, une dent contre l’Irlande
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Sanctionné d’un carton jaune puis suspendu dix semaines lors de la dernière confrontation face à l’Irlande, Pascal Papé attend avec une impatience non dissimulée le moment des retrouvailles.

Par Nicolas ZANARDI, envoyé spécial

S’il est bien un joueur du XV de France pour qui le match du 11 octobre revêtira une signification particulière, c’est fatalement Pascal Papé. On se souvient en effet que, lors de la dernière défaite des Bleus à l’Aviva Stadium (18-11), un carton jaune infligé pour un coup de genou du deuxième ligne parisien dans le dos de Jamie Heaslip s’était avéré lourd de conséquences… D’abord parce que ce dernier avait privé les Bleus de leurs dernières chances de victoire, réduisant à néant un temps fort du XV de France au cœur de la deuxième mi-temps. Mais aussi parce que, suspendu dix semaines par la suite, Papé ne put jamais retrouver sa place au Stade français, laissant Alexandre Flanquart lui ravir la place de titulaire durant la conquête du Brennus par son club. De quoi, fatalement, nourrir une certaine rancœur, d’autant que Papé n’a toujours pas digéré cette décision. « Je n’ai voulu donner de coup de genou, nous a à de nombreuses reprises répété le deuxième ligne. C’était un geste totalement involontaire, alors que je voulais simplement faire tomber Heaslip au sol, qui tentait de « coffrer » Mathieu Bastareaud. Mais bon… Aborder ce match en pensant à ça ou en voulant en faire une affaire personnelle, ce serait stupide. Mon seul objectif, c’est que la France gagne et termine première de poule. Pour cela, notre victoire face au Canada nous a offert le droit de préparer pendant dix jours cette « finale » de la poule face à cette magnifique équipe d’Irlande, qui a marqué autant de points que nous à la Roumanie. »

Chantre du « seuls contre tous »

Ou quand l’ironie le dispute à l’envie pressante d’en découdre… À ce titre, à l’image du sélectionneur Philippe Saint-André, le Givordin ne s’est pas privé de jouer l’éternelle carte de la parano, les Bleus ayant manifestement d’ores et déjà activé le ressort du « seuls contre tous » après la poussive victoire de mercredi dernier contre la Roumanie. « Je n’ai pas encore eu la chance de regarder leurs précédents matchs mais j’en suis très impatient, car d’après ce que j’en entends de toutes parts et ce que vous en dites, les Irlandais sont extraordinaires. Face à eux, nous serons nécessairement outsiders, puisque nous ne les avons jamais battus ces quatre dernières années. » Et le Parisien de conclure, dans un clin d’œil lourd de sens. « Contre l’Irlande, les matchs sont toujours très engagés, avec beaucoup de collisions. Avoir la chance de jouer cette équipe, c’est quelque chose de grandiose. Nous n’aurons aucune pression puisque même en perdant, nous serons probablement qualifiés pour les quarts. Mais l’objectif sera bien de les battre. Mais pour tout vous dire, et même si vous semblez penser le contraire, nous n’avons rien à leur envier. » En matière de communication, en tout cas, c’est certain que non. Quant au terrain, si l’on en a au fond aucun doute, on n’attend plus que d’en avoir la preuve. Dans dix petits jours…

Nicolas Zanardi
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