La Reconquista des Scottish

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    La Reconquista des Scottish
Publié le , mis à jour

Contraints en 2000 de repartir tout en bas de l’échelle du rugby anglais, les London Scottish ont su progressivement regagner leurs lettres de noblesse. Le doyen des Exilés se trouve désormais aux portes du Premiership.

Sur les coups de 15 h 30, les London Scottish auront l’occasion de mesurer leur nouvelle popularité. Le suranné stade Athletic ground devrait accueillir la foule des grands jours. Les Highlanders (surnom donné aux London Scottish) accueillent leurs rivaux des London Welsh pour le match au sommet de cette cinquième journée de la deuxième division anglaise. Le vainqueur de ce choc entre Exilés restera dans la roue des Yorkshire Carnegie et Bristol en tête du Championship. Sûr qu’une atmosphère particulière enveloppera les abords de l’Athletic ground dans la préparation de ce défi. Il flottera une impression étrange, comme l’écriture d’une nouvelle page d’un roman trop longtemps laissé en friche.

Au sein de la grande famille des exilés, les Scottish sont ceux qui possèdent le plus d’antériorité puisqu’ils ont été portés sur les fonts baptismaux en 1878. Une naissance célébrée en grande pompe par des joueurs dissidents des Saint Andrew Rowers dans une taverne de Londres. Même s’ils n’ont plus fréquenté l’élite depuis 1999, les Scottish sont toujours l’équipe à avoir le mieux pourvu le XV du Chardon. En 137 années d’existence, les London Scottish ont fourni près de 220 internationaux à la sélection calédonienne. On retrouve parmi eux la fine fleur de l’Écosse avec quatre Chelemards de 1990 (Gavin Hastings, Damian Cronin, Derek White, Paul Burnell) mais aussi le premier capitaine des Lions britanniques et irlandais (Bill Maclagan). En 1996, ils sont parmi les premiers clubs anglais à prendre le train du professionnalisme. À l’été 1998, les Scottish accèdent au Premiership grâce à un système de barrage. Leur seule saison dans l’élite (1998-1999) est une réussite sportive. Contre toute attente l’équipe menée par John Steele parvient à se maintenir en terminant à une encourageante douzième place. Mais en coulisses, le propriétaire du club, ne tient pas ses promesses. Plaqués par le sulfureux Tony Tiarks, les Scottish sont placés en liquidation judiciaire. Complètement exsangues, ils sont contraints de repartir depuis la case départ. Direction la League 10. Avec une patience de moine, les Scottish ont gravi un à un les échelons du rugby anglais. En 11 saisons, ils ont obtenu 7 promotions. Ce parcours sportif incroyable a culminé avec leur retour dans le giron professionnel en 2011.

Soutenus par un ancien magnat de la grande distribution

Cette renaissance s’est depuis confirmée avec une progression linéaire au classement : neuvième en 2012, huitième en 2013, cinquième en 2014 et troisième la saison dernière. Les London Scottish ont été battus en demi-finale d’accession par le futur promu en Premiership, Worcester. Ils peuvent compter sur le soutien d’un généreux mécène : Sir David Reid. Cet Ecossais pur jus originaire d’Aberdeen est connu en Grande-Bretagne pour avoir longtemps été le PDG de la plus grande chaîne de supermarché, Tesco. Son association détonante avec l’ancien directeur exécutif des Glasgow Warriors, Kenny Baillie a permis au doyen des clubs exilés de repartir à la conquête des sommets.

« Les London Scottish ont chaque année, depuis 1999, effectué des progrès stupéfiants, concède David Reid. Mais il y a encore énormément de travail à abattre pour réaliser notre but ultime qui est de retrouver en première division ». À commencer par le redéveloppement du stade que les Scottish partagent avec le club de Richmond. Avec son unique tribune en tôle de 4 500 places, l’Athletic ground se trouve encore loin des standards du Premiership. « Notre enceinte ne répond pas aux critères minimums de l’élite, acquiesce dans les colonnes du Scotsman le directeur exécutif, Kenny Baillie. Si demain nous étions couronnés champion de deuxième division, nous serions dans l’obligation de trouver un stade de replis pour valider notre montée. Je ne dis pas que nous refuserions cette promotion. Mais pour être tout à fait honnête, il nous reste encore un long chemin à parcourir en termes de finances, structures et de fans pour se rapprocher de ce qui se fait en Premiership ». Prudence est mère de sûreté.

Jérôme Fredon
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