Dulin, en pole pour l’emploi

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    Dulin, en pole pour l’emploi
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Le Racingman part avec une longueur d’avance sur ses concurrents. Ses deux prestations contre la Roumanie et le Canada ont convaincu. Explications.

Qui aurait parié, le 15 août dernier, un pound sur la titularisation de Brice Dulin à l’aile pour cette finale officieuse de la poule ? À Twickenham, en cette douce soirée d’été, un cadrage-débordement fulgurant d’Anthony Watson avait semblé enterrer le reclassement contraint et la reconversion éclair du Racingman. Quelques minutes après le coup de sifflet final, l’Agenais d’origine avait même spontanément retiré sa candidature pour le poste, dans les coursives du stade londonien : « C’était un essai pour voir si j’étais capable de dépanner ; le résultat n’est pas très probant je pense. Le meilleur doit jouer à chacun des postes. À moi de faire ce qu’il faut et j’espère qu’à un moment donné, rapidement, j’aurai une chance de montrer que je suis toujours en forme à l’arrière et de montrer de belles choses. Je n’ai jamais caché ma préférence pour ce poste. »

Depuis, le destin a joué un mauvais tour à Yoann Huget et offert une opportunité inespérée à Brice Dulin. Contre le Roumanie, il a de nouveau été testé à la place du Toulousain. Avec succès, cette fois. « Il a sûrement été le meilleur, loue Philippe Saint-André. Il a gagné ses duels, a beaucoup avancé et fait deux passes décisives. Il a eu plus d’automatismes à l’aile que lors du match contre l’Angleterre. » Et une plus grande volonté. Un état d’esprit plus positif. Même si le naturel revient toujours au galop, comme dans ses déclarations avant le dernier test contre le Canada… « Je l’ai toujours dit : « Je postule en premier lieu à l’arrière. » Mais s’il faut dépanner et qu’on me décale sur l’aile… Maintenant, je le redis. C’est une Coupe du monde. Je ne suis pas sûr d’en refaire. Je serai déjà enchanté d’être sur le terrain. »

« Brice est un grand joueur »

Sa prestation face aux Canucks a conforté le sélectionneur dans ses nouvelles convictions. À l’heure d’évoquer la concurrence pour le poste d’ailier droit, vendredi dernier, « PSA » a laissé, entre les lignes, entrevoir sa préférence pour le Racingman. « J’ai des idées, certaines réponses. Il y a eu des choses intéressantes sur l’aspect défensif. Brice a bien anticipé les petits jeux au pied. Il manque de patience par moments avec des passes impossibles mais il n’y a pas eu que lui. » Son assurance sous les ballons hauts – un des points forts irlandais, la qualité de son pied gauche et sa plus grande expérience du niveau international, du haut de ses vingt-deux sélections, le placent en pole pour l’emploi, vis-à-vis de Sofiane Guitoune et Rémy Grosso, spécialistes et tous deux marqueurs au cours de la compétition.

Mais par-delà les statistiques et les étiquettes, Philippe Saint-André semble convaincu de détenir, avec Brice Dulin, une assurance tous risques et un possible facteur X pour les rencontres couperet : « Brice est un grand joueur, un vrai compétiteur. » Aux grands joueurs les grands rendez-vous, paraît-il…

Vincent Bissonnet
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