Grosso, bizutage à double tranchant

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    Grosso, bizutage à double tranchant
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Le Castrais a inscrit un essai pour sa première en bleu face au Canada, jeudi soir. Mais son erreur sous un ballon haut et son inexpérience du niveau international jouent en sa défaveur.

« Il a joué quatre-vingts minutes, a marqué un essai, a reçu sa cape. Tout est bien pour lui. » À écouter Philippe Saint-André, Rémy Grosso a vécu un rêve éveillé, jeudi soir, à Milton Keynes. De son entrée sur le terrain au coup de sifflet final de la troisième mi-temps. Au premier abord, l’ailier a effectivement connu un baptême magnifique avec cette titularisation en bleu agrémentée d’une réalisation dédicacée, en mondiovision, à son fils.

Dans les couloirs du Stadium : mk, après la rencontre, le regard du Castrais brillait encore de mille feux : « Je suis très heureux. Marquer pour ma première sélection, ça fait énormément plaisir. » Le sourire, franc et sincère, dissimulait une grimace, retenue aux coins des lèvres. Car Rémy Grosso a atteint la moitié de ses objectifs initiaux, définis quarante-huit heures avant : « Il me faudra avoir un minimum de déchets et faire ce que l’on attend de moi, c’est-à-dire apporter une plus-value à l’équipe. » Avec soixante-dix mètres parcourus, deuxième total tricolore, un franchissement, trois défenseurs battus et son essai, il a placé le XV de France dans l’avancée. Et ce, en dépit d’une relative timidité, compréhensible dans sa situation.

« Ça fout les boules… »

Défensivement, il a en revanche commis une erreur fâcheuse en étant dominé à la réception d’un coup d’envoi par son vis-à-vis, dans ses vingt-deux mètres. Un égarement pour sept points concédés. Le point de départ de la courte mais intense rébellion canadienne. « Oui, je m’en suis voulu parce que derrière, il y a essai, regrettait l’intéressé. Les erreurs, ça arrive. Ça fout les boules. Il va falloir travailler les réceptions de coup de pied même si je le fais déjà beaucoup. » Le haut niveau, impitoyable, ne pardonne rien.

Pour gagner sa place dans le XV de départ, Rémy Grosso devait signer une performance trois étoiles. Avec une seule, il a plu par moments mais n’a pas convaincu pleinement. « Ce n’est pas parfait du tout. Je ne vais pas me contenter de cette prestation », reconnaissait le Lyonnais de formation. Après cette première mémorable, l’invité surprise de ce Mondial devra probablement se contenter d’un rôle de coéquipier en tribunes. À soutenir son ancien associé du triangle d’arrière et ami, Brice Dulin, se démener sur l’aile.

Vincent Bissonnet
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