José Diaz : « J’aimerais que le CO monte en poule 1 d’Espoirs-Reichel»

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    José Diaz : « J’aimerais que le CO monte en poule 1 d’Espoirs-Reichel»
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Les jeunes espoirs-Reichel du club sud-tarnais affolent les compteurs en poule 2 : cinq matchs, cinq victoires, cinq bonus offensifs, 25 points sur 25 possibles ! Leur entraîneur des avants, José Diaz, ancien troisième ligne aile du CO, analyse ce début de saison rêvé mais pointe du doigt le système de la catégorie espoir.

Photo Serge Gonzalez

Carton plein pour votre équipe au terme des cinq premiers matchs. Comment analysez-vous ce départ canon ?

Je suis avant tout très fier de mes joueurs qui abattent un énorme travail. Il faut prendre conscience que les jeunes du Castres olympique s’entraînent tous les soirs de la semaine et qu’ils gèrent leurs études en parallèle. La charge de travail est assez conséquente et la fatigue s’accumule. Ils ont, malgré tout, trouvé la force d’aller arracher un bonus offensif à Carcassonne, lors de la dernière journée, alors que le groupe était amputé de beaucoup de bons éléments, retenus avec les pros pour remédier aux absences des internationaux. Ils ont fait preuve de beaucoup de caractère. Maintenant, ces cinq matchs restent à relativiser…

Pourquoi ?

Parce que nous les avons joués contre des équipes qui, sans leur faire offense, ne sont pas celles qui joueront le haut du tableau. C’est maintenant que les choses vont sérieusement se corser avec des matchs contre Tarbes, Béziers ou Oyonnax.

Êtes-vous en quête de la passe de six ce week-end face à Tarbes ? À notre connaissance, aucune équipe n’est encore parvenue à enchaîner six succès de rang en ouverture du championnat espoirs…

Bien sûr, nous voulons toujours gagner. Mais notre principal objectif reste de nous qualifier et de la faire en y mettant la manière. L’an dernier, nous avons atteint la phase finale d’extrême justesse, lors de nos deux derniers matchs. Cette année, nous voulons y parvenir sans avoir peur.

Ce très bon départ doit déjà vous rassurer…

Oui, il nous permet surtout de travailler dans le confort. Par exemple, nous pouvons intégrer des joueurs « première année », là où, si nous étions sous pression, nous serions tentés de jouer avec des garçons plus matures quitte à faire des déçus.

On dit souvent que la catégorie espoir est un crève-cœur. Les portes d’un paradis que l’on n’atteint pas toujours, voire trop rarement. N’est-il pas trop dur de gérer les ego dans cette tranche d’âge compliquée ?

Un peu. Toutes les semaines, j’ai un groupe de sept ou huit joueurs qui ne participe qu’à la séance du vendredi et qui est malgré tout dans l’équipe le week-end, à la place de gamins qui ont participé à tous les entraînements de la semaine. Ces sept ou huit-là s’entraînent avec le groupe professionnel et ont une maturité technique et physique supérieure. Tous les vendredis soir, à l’annonce de l’équipe, il y a des déçus. Mais ils ont les crocs et reviennent plus fort encore le lundi. Ce groupe a un superbe état d’esprit.

Que pensez-vous du sort réservé à la majorité des joueurs espoir, une fois qu’ils sont en âge de devenir senior ?

Je pense que les clubs professionnels ne font pas assez confiance à leurs jeunes. Aujourd’hui, nous sommes dans un système qui oblige les structures professionnelles à avoir des résultats immédiats. Il est plus rapide et efficace de prendre un étranger plutôt que de prendre le temps de former un jeune et de lui laisser la chance de revenir s’il rate un match. Je n’en veux pas aux clubs pros, je suis conscient que c’est le rugby moderne et son système qui veulent ça. Personne n’est prêt à prendre le risque. Moi-même, qui œuvre depuis très longtemps à la formation, si j’étais parachuté entraîneur d’un club de Top 14 ou de Pro D2, je ferais sûrement la même chose. Au final, nous formons plus de joueurs pour les clubs de Fédérale 1 ou 2 que pour nous. Et cela est bien entendu dommageable. Il faudrait que la Fédération ou la Ligue inventent une règle obligeant les clubs à faire jouer leurs jeunes. Nous n’en sommes pas-là…

Que peut-on vous souhaiter ?

J’aimerais, vraiment, cette année, accéder à la poule 1 avec cette équipe espoir. Nous l’avons ratée de peu il y a trois ans et ce serait une belle récompense pour tout le travail que nous avons engagé. Propos recueillis par David BOURNIQUEL

midi olympique
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