Mas : « Il y a une mort pour tout »

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    Mas : « Il y a une mort pour tout »
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Relégué au rang de remplaçant de Rabah Slimani, Nicolas Mas vit avec philosophie cette situation inédite pour lui, veillant surtout à jouer son rôle : celui de cadre chargé d’apporter son expérience à la nouvelle vague bleue.

Après avoir longtemps été le titulaire indéboulonnable au poste de pilier droit du XV de France, vous abordez la Coupe du monde 2015 dans un rôle de remplaçant. Comment vivez-vous cette situation ?

Disputer une Coupe du monde pour le XV de France, quel que soit son âge ou son statut ou sein de l’équipe. L’important, c’est le groupe, les cas personnels doivent passer derrière. Chacun a son rôle à jouer… De par mon expérience, le mien est d’aider ceux qui me le demandent, même si d’ordinaire ce n’est pas trop dans ma nature de donner de conseils. Quand tu es jeune, tu ne t’aperçois jamais vraiment de la chance que tu as de vivre ces moments-là. Cela s’apprend avec l’âge… Un match avec l’équipe de France peut toujours être ton dernier. Le maillot bleu ne t’appartient pas.

Quel regard portez-vous sur Eddy Ben Arous ?

Eddy est quelqu’un que j’estime beaucoup. Comme moi, c’est un taiseux, qui a toujours quelque chose d’intéressant à dire lorsqu’il s’exprime. Certains « spécialistes » disent que la tenue en mêlée n’est pas son point fort. Mais moi, je peux vous assurer qu’il est déjà très bon et qu’à 25 ans, sa marge de progression est énorme.

Quid de votre successeur au poste de pilier droit, Rabah Slimani ?

Rabah, c’est l’avenir du rugby français. Il a réalisé un très bon Tournoi et a gagné sa place au sein de cette équipe. C’est aussi quelqu’un que j’aime beaucoup, avec qui j’ai beaucoup d’atomes crochus : la mécanique, la famille. Je suis vraiment content pour tous ces jeunes de les voir éclore. Je me souviens que dans un passé pas si lointain, tout le monde s’inquiétait du manque de relève au poste de pilier droit. Avec des garçons comme Rabah ou Uini Atonio, elle est assurée. Sans compter qu’il y a aussi un jeune pilier d’avenir à Clermont (Clément Ric, N.D.L.R.).

On sent chez vous un certain recul…

Il y a une mort pour tout… (sourire) J’ai eu la chance de vivre des moments extraordinaires avec le XV de France. Tout le monde doit prendre sa retraite un jour, c’est la vie. Je ne vais quand même pas jouer jusqu’à 40 ans… Et puis, en tant que remplaçant, tu as un maillot. C’est toujours mieux que rester en tribune, quand même ! La priorité, c’est l’équipe, et ce que je peux lui apporter.

Au sujet de la retraite, les piliers peuvent faire de jolis vieux. Sylvain Marconnet a posté ce jeudi matin sur Twitter une photo de sa balance, indiquant qu’il était passé sous la barre des 100 kg…

Oui, j’ai vu ! (rires) Aujourd’hui, je suis à 107 kg. De là à penser que je descendrai en dessous des cent, je ne pense pas, encore qu’il ne faut jamais trop s’avancer. Pour tout vous dire, j’espère surtout ne pas prendre trop de poids !

Vous êtes un des rares joueurs du groupe à avoir déjà battu l’Irlande. Cela vous confère-t-il une importance particulière dans la préparation du match ?

Les quatre derniers matchs ont été difficiles, mais nous avons quand même une équipe compétitive. Les compteurs sont remis à zéro. Nous avons confiance en nos forces : il ne faudra pas se présenter sur le terrain tétanisé, au contraire… L’idée sera de ne rien calculer sur le terrain, les comptes se feront à la fin. C’est normal qu’il y ait de la pression, on aime cette adrénaline !

Les ballons portés constitueront-ils une clé du match ?

Il faudra en faire quelques-uns, car il s’agit d’un de nos points forts. Ensuite, on verra s’il faut appuyer dessus ou pas. Traditionnellement, les Irlandais défendent assez bien sur les ballons portés. Ils savent alterner leurs modes de défense et jouent très bien avec le règlement. Du coup, si l’on se retrouve coincé, il ne faudra pas hésiter à dévier certains ballons et à les jouer directement.

Avez-vous bien fêté votre premier essai international, lors du match d’ouverture contre l’Italie ?

Non, je ne l’ai pas plus fêté que ça, sincèrement.

Vous avez marqué comme un filou, en aplatissant contre le poteau… Le fait d’avoir vu Guilhem Guirado oublier ce point de règlement quelques minutes plus tôt vous en a-t-il donné l’idée ?

Je ne sais pas… Je tombe sur le poteau, je tends le bras… C’est le hasard, c’est tout. Et puis, ça rapporte 5 points quand même (rires).

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