Le long surplace des franchises professionnelles

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    Le long surplace des franchises professionnelles
Publié le , mis à jour

Créées en 2010, les deux franchises professionnelles n’ont pas connu beaucoup de joies : pas de résultats, pas d’argent, peu d’impact sur l’équipe nationale.

L’Italie comptait bien voir franchis un cap avec l’intégration de ses deux équipes en Ligue Celte en 2010, une entrée qui ne fut pas gracieuse puisque le prix du ticket fut fixé à trois millions d’euros. On pensait que la concentration de son élite et la confrontation avec les équipes des nations celtes seraient source de progrès. On pensait aussi que les internationaux italiens reviendraient au pays grâce à ça, ainsi la Fédération opta pour un système mixte où elle prenait en charge une grosse partie des salaires des joueurs majeurs. Cinq ans après, l’échec est total ou presque. Les deux équipes italiennes n’ont pas particulièrement brillé, elles n’ont jamais fait les demi-finales et se sont trouvées souvent engluées en fond de classement. Le Benetton Trevise n’a pas fait mieux qu’une septième place en 2013. Les autres années, il a terminé au mieux dixième sur douze. L’autre équipe n’a jamais fait mieux que la onzième place, que ce soit sous l’appellation Aironi ou l’appellation Zebre. En Coupe d’Europe, les deux équipes n’ont fait que de la figuration.

Pauvres Aironi

Ces cinq années ont donc été marquées par la médiocrité, sur le plan sportif aussi bien que sur le plan financier, car le public ne s’est jamais déplacé en masse pour soutenir ces deux équipes. Elles ont en plus souffert sur le plan de la légitimité. Le Benetton Trevise était un club à part entière tellement puissant que la FIR n’a pas osé s’en passer, d’où les problèmes de gouvernance à répétition. La logique des dirigeants historiques s’est souvent heurtée à celle des caciques de la Fédération. En 2014, les deux parties ont vécu une crise, Trevise a failli quitter la Ligue Celte pour revenir dans un championnat domestique renforcé. Mais le Benetton est finalement resté en Ligue Celte en échange d’une participation accrue de la FIR à son budget à la hauteur 4 millions d’euros. Quant à la deuxième équipe, elle fut une création de toutes pièces de la fédération. Elle s’appela d’abord les Aironi avant de devenir les Zebre. Les pauvres Aironi qui jouaient à Viadana ont jeté l’éponge en 2012 après un déficit constaté de 4 millions d’euros. Ils ont été remplacés par les Zebres installés à Parme sous contrôle direct de la Fédération avant qu’en mai dernier, celle-ci ne vende les trois quarts du capital à des entrepreneurs locaux, la totalité des parts étant estimé à 300 000 euros, soit pas grand-chose. Elle n’avait plus les moyens de faire vivre cette province. Après bien des vicissitudes, les deux équipes ont poursuivi leur engagement avec la Ligue Celte, mais en échange d’une forte réduction de leur ticket d’entrée, baissé à moins d’un million d’euros, sinon, c’était l’asphyxie. Cinq ans après leur création, les deux franchises ont au moins réussi à faire revenir la majorité des internationaux sur leur sol natal, ils sont censés y peaufiner leurs automatismes. Jacques Brunel a toujours défendu cette solution pour préparer son équipe nationale mais là aussi, les résultats se font attendre.

Jérôme Prévot
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