En pères peinards

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Publié le , mis à jour

Après dix jours durant lesquels les Bleus ont lancé quelques piques au sujet de leurs adversaires irlandais, les « papas poule » du groupe France ont été missionnés pour faire retomber la pression à 24 heures du coup d’envoi.

C’est une question de contrastes, finalement. Celui du Millennium Stadium et son silence de cathédrale gothique, coincée entre la rivière Taff et St Mary’s Street, en était un premier pendant le « captain run » des Bleus, en prévision de l’atmosphère de corrida à ciel fermé attendue ce dimanche… Celui de l’ambiance qui a présidé à la dernière conférence de presse des Bleus, ce samedi, en était un autre. En effet, après les piques à répétition adressées au XV Irlandais durant la semaine, les Bleus sont apparus très sereins et décontractés à la veille de la rencontre. Anecdotique ? Certainement pas. Le fait est que les Tricolores se sont probablement rendus compte de leurs éventuelle maladresses de communication des derniers jours, et ont cherché à redresser la barre dans la dernière ligne droite. Avec raison… En effet, après avoir clamé durant des jours que ce match était (peu ou prou) le plus important de l’ère Saint-André en jouant l’ironie par rapport au niveau de jeu supposé de leurs adversaires, les Tricolores ont replacé le contexte du match à sa simple réalité. Celle de simple « finale » du groupe, sans enjeu pour une qualification déjà acquise, hormis celui de déterminer un adversaire aussi dangereux que l’autre. All Blacks, ou Argentine ? « La dernière fois qu’on a affronté les Pumas, nous avons perdu à domicile, rappelait Dusautoir. Partant de ce constat, il est difficile de dire qu’un match serait plus facile à préparer que l’autre. » De quoi dédramatiser l’événement, évidemment.

Les lieutenants au soutien de Dusautoir

C’est à ce titre que Thierry Dusautoir et ses lieutenants Pascal Papé et Frédéric Michalak, flanqués de Patrice Lagisquet, ont donné samedi une « masterclass » de conférence de presse. Parfois en répondant avec humour aux questions données en anglais (« je crois qu’elle te demande si ça te dérange de ne pas avoir battu l’Irlande pendant quatre ans » traduisait Lagisquet à Dusautoir dans un éclat de rire général), à d’autres moments par l’autodérision. « Ce que changera le fait que le toit sera fermé ? s’amusait Frédéric Michalak. D’abord le fait qu’il n’y aura pas de pluie et pas de vent… C’est plutôt bien, non ? » Référence, évidemment, aux éternelles critiques quant à sa capacité à mener le jeu dans des conditions climatiques extrêmes… L’humour, arme absolue, dont Patrice Lagisquet sut aussi se fendre au sujet d’une question portant sur le faible nombre de passes des Irlandais. « C’est une statistique qui nous est remontée du dernier Tournoi : les Irlandais présentent la ligne de trois-quarts qui s’est fait le moins de passe. Mais de là à en déduire quoi que ce soit… Vous savez, si vous pouvez me présenter des statistiques qui assurent de gagner des matchs, je vous invite à déjeuner tout de suite ! Les stats expliquent les matchs du passé, jamais ceux à venir… »

Toujours drôles alors, ces Bleus-là ? Pas quand même. C’est ainsi que Pascal Papé renvoya sans ménagement les interrogations concernant sa future confrontation avec Jamie Heaslip. « Franchement, ça ne m’intéresse pas du tout de répondre à cette question, ni de savoir si les Irlandais m’attendent particulièrement. S’ils le font, tant mieux à la rigueur, c’est qu’ils ne s’occuperont pas des autres. Mais sincèrement, ce qui m’intéresse, c’est que l’équipe de France gagne. Le reste, vous savez… » Oui, on sait. C’est de la littérature. Cela tombe bien, pendant au moins une journée, les « pères peinards » des Bleus auront réussi à alimenter la chronique. Sans faire pour autant monter la sauce…

Nicolas Zanardi
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