Sexton/Michalak : une opposition de style

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    Sexton/Michalak : une opposition de style
Publié le , mis à jour

L’un est un maître à jouer, l’autre est un feu-follet. L’un semble s’inspirer de Jonny Wilkinson, l’autre de Carlos Spencer. Pourtant Jonathan Sexton et Frédéric Michalak sont bien deux demis d’ouverture de nations qualifiées pour la quart de finale de la Coupe du monde.

Jonathan Sexton n’est pas de ces demis d’ouverture qui prennent des initiatives et qui peuvent traverser le terrain à l’aide de feintes de passes, de crochets ou de cadrages débordements. En revanche c’est un joueur qui sent le jeu. Comme Ronan O’Gara en son temps, il est ce métronome qui dirige son équipe. Un métronome qui répète une partition parfaite. Il ne sort jamais du rang et s’applique à respecter les consignes qui lui sont données par son sélectionneur, Joe Schmidt. Ces finalement un « demi d’ouverture » par définition, puisqu’il ouvre le jeu à ses coéquipiers, avec une aisance au-dessus du lot. Il s’apparente finalement à « l’anti-Michalak ». Un joueur d’instinct qui peut d’un geste technique ou d’un crochet intérieur éliminer n’importe quel défenseur. Qui met son équipe dans le sens du jeu mais peut également s’isoler de son soutien. « Fred » est de ces dix qui respectent le jeu mais peuvent improviser une relance dévastatrice à tout moment.

Deux écoles, un objectif

La voie de Jonathan Sexton était toute tracée. Il devait être le successeur de Ronan O’Gara. Un temps remplaçant, « Jonny » a progressivement intégré le XV irlandais après la Coupe du monde 2007, avant de s’imposer en numéro 1 en lieu et place de la légende O’Gara. Il devait devenir le patron, il est devenu le patron. Point à la ligne. Une carrière longiligne pour un joueur finalement sobre. Excellent mais sobre qui ne prendra que très peu de risques au cours d’une rencontre et qui réalisera tout à la perfection. Si son départ au Racing 92 n’a pas été une réussite le demi d’ouverture retrouvera le Leinster qui l’a vu éclore et où il retrouvera ses repères.

Frédéric Michalak, lui, a dû batailler tout au long de sa carrière pour s’imposer comme le numéro 10 titulaire du XV de France. Si en 2003 il était le numéro 1 devant Gérald Merceron, l’arrivée aux premiers plans de Skrela, Beauxis ou encore Gelez ne lui permettront pas de s’installer aussi aisément que son talent aurait dû le permettre. Deux départs en Afrique du Sud pour découvrir une autre culture et un autre rugby, plus tard et le demi d’ouverture français le plus talentueux du rugby français signe à Toulon. Remplaçant de Wilkinson puis Giteau, « Fred » est utilisé en 9 comme en 10 et paye finalement sa polyvalence. Mais pas de quoi effrayer Philippe Saint-André qui décide de l’installer en titulaire pour la Coupe du monde 2015. Une trajectoire tout sauf rectiligne pour le coup.

Et en Coupe du monde, qu’en est-il du duel Michalak/Sexton ?

P. I-R.

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