Japon : Du rêve à la réalité

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    Japon : Du rêve à la réalité
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L’histoire aurait été belle, si les Japonais étaient parvenus à se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe du monde, quatre ans avant d’accueillir leur Mondial. Impressionnants par leur qualité de jeu, ils sont éliminés alors même qu’ils ont remporté trois matchs dans cette poule B. L’Écosse ayant marqué deux points de bonus de plus. L’aventure se termine donc et des questions se posent quant à l’avenir du rugby japonais.

Dans une compétition internationale, il est courant que le public se prenne d’affection pour une petite équipe d’autant plus quand elle réalise un exploit majuscule d’entrée. Ce fut le cas pour les Japonais qui ont battu l’Afrique du Sud le 19 septembre dernier de deux points. Malheureusement les Japonais durent rejouer seulement quatre jours plus tard contre les Écossais et se sont inclinés. Ils ont ensuite battu les Samoans puis les Américains hier soir. Alors qu’ils n’avaient gagné qu’un seul match en Coupe du monde sans manquer une seule édition de la Coupe du monde, ils ont remporté trois victoires sur cette seule édition 2015. Ils ont gagné 11 places dans le classement World Rugby et pointent aujourd’hui à la dixième place. Le Japon fait donc partie des 10 meilleures nations mondiales. Pour son dernier match à la tête des Cherry Blossoms, Eddie Jones a tenu à féliciter ses joueurs pour cet exploit. « Avant la compétition, soyons honnêtes, le Japon faisait partie des équipes considérées comme les plus mauvaises. Certaines sélections auraient mis leur équipe B contre nous et nous auraient battus par 80 ou 90 points. Alors venir ici et remporter 3 matchs sur 4 c’est une belle réussite. Cela prouve juste la qualité des joueurs que nous avons ainsi que leur dur labeur pour y parvenir. » Les Japonais ont également séduit par le jeu aéré, offensif et porté sur les extérieurs. Eddie Jones a avoué que c’était l’unique chance de son équipe qui manquait de puissance de pouvoir rivaliser avec les meilleures nations et la victoire contre les Sud – Africains ne l’a pas fait mentir. Tout cela a inévitablement créé un engouement sans précédent au Japon mais aussi en Angleterre. Le sélectionneur japonais s’en est d’ailleurs félicité hier soir. « Nous étions dans le bus et il y’avait des supporters sur le bord de la route avec des drapeaux japonais, la plupart d’entre eux ne ressemblaient pas à des Japonais (rires). C’est vraiment superbe que l’équipe ait réussi à accomplir cela ! ». D’autant plus qu’au Japon, le match contre les Samoans a été suivi par près de 25 millions de téléspectateurs, le technicien australien n’a pas manqué de le relever hier : « Il y avait sûrement 30 millions de téléspectateurs au Japon devant ce match contre les États – Unis. Trente millions, c’est l’ensemble de la population australienne, plus les kangourous, ainsi que beaucoup de moutons (rires). Parmi ces trente millions, il doit y a voir des parents qui veulent que leurs enfants jouent au rugby. Et il y a probablement des enfants qui s’entraînent à taper dans un ballon devant un miroir. C’est une opportunité fantastique pour le Japon d’avoir une nouvelle génération de joueurs de rugby, de supporters et de héros. Les joueurs de cette sélection sont des héros maintenant. Ils ont totalement changé l’image du rugby japonais ! » Eddie Jones s’est donc montré très optimiste quant à la destinée du rugby japonais.

Dès lors, quel avenir ?

Après beaucoup d’incertitudes, Bernard Lapasset a confirmé il y a quelques semaines que le Mondial 2019 se jouerait bien au Japon. Le parcours des Japonais dans cette Coupe du monde 2015 peut donc laisser espérer que les Brave Blossoms puissent au moins atteindre les quarts de finale de leur Coupe du monde. Ce que n’ont pas réussi à faire les Anglais cette année. En attendant, l’avenir semble pour l’instant bouché pour les Japonais. Eddie Jones a en effet annoncé son départ pour la province des Stormers. La Fédération japonaise s’active pour lui trouver un successeur. Un média australien a évoqué la piste John McKee – Frans Ludeke pour prendre la tête de la sélection nationale ainsi que de la franchise des Sunwolves qui sera engagée à partir de Février dans le Super 18. Toutefois, John McKee a démenti indiquant qu’il préférerait poursuivre l’aventure avec les Fidjiens. À ce sujet, le secrétaire général de la Fédération japonaise, Noriyuki Sakamoto, a admis avoir contacté le technicien néo-zélandais. McKee fait partie d’une liste de 60 candidats potentiels dont une dizaine de techniciens japonais. Un comité se réunira en décembre prochain pour annoncer le nom du successeur d’Eddie Jones à la tête de la sélection nationale mais aussi de la nouvelle franchise engagée en Super 18. L’avenir de celle-ci est également incertain puisqu’on ne connaît toujours pas le nom de l’entraîneur en chef ni des joueurs. Michael Leitch et Shota Horie ont déjà annoncé qu’ils ne signeraient pas. Beaucoup redoutent que l’équipe soit composée de joueurs n’ayant pas le niveau requis. A ce sujet Eddie Jones avait d’ailleurs déclaré : « je me demande si ce projet ne va pas nous faire plus de mal que de bien ». Tout reste donc à écrire pour la Fédération nipponne avant 2019 mais on ne peut que faire confiance au sérieux et à la détermination des Japonais pour mener à bien ce projet. M. L.

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