Villeneuve-sur-Lot à l’heure de l’austérité

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    Villeneuve-sur-Lot à l’heure de l’austérité
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Le club historique lot-et-garonnais traverse actuellement une crise sportive. Actuellement, lanternes rouges de l’Elite 1, les Villeneuvois attendent avec impatience l’assemblée générale qui devrait prochainement décider la future politique sportive.

Photo Pascal Rodriguez

C’est bien connu, selon le mythique pilier gauche des All Black des années 60, Wilson Whineray « les grandes équipes ne meurent jamais ». Dans l’univers du sport collectif, bien des équipes ont traversé des époques douloureuses et connu des poussées de fièvre. Dans la sous-préfecture du Lot-et-Garonne, le feu US Villeneuve devenu plus tard Villeneuve Rugby League, fort de neuf titres de champion de France conquis entre 1935 et 2003 et sept Coupe de France remportées entre 1937 et 2003, a frisé la correctionnelle en septembre dernier. Une dette de l’Ursaff estimée entre 110 000 et 130 000 € a failli prononcer la mise en liquidation de la structure. Finalement, la décision du tribunal de grande instance d’Agen en septembre dernier a accordé un étalement de la dette sur dix ans.

Le Villeneuve Rugby League pouvait ainsi relever le défi de la compétition Élite. Or, pendant cette période trouble, l’ensemble du corps dirigeant n’a pu mettre en place une politique sportive et budgétaire. Les Lot-et-Garonnais se sont engagés dans la compétition avec un budget très modeste (estimé à 200 000 €), sans la présence de joueurs étrangers, le noyau de l’équipe fanion est composé de vingt joueurs, un effectif estampillé couleur locale et particulièrement juvénile.

Dans l’attente de l’assemblée générale

Forcément, les défenseurs de la tunique verte et blanche ne peuvent pas faire de miracles. Après quatre journées, ils ne comptent que des défaites, à Albi (46-10), Lézignan (72-10) et à domicile face aux Broncos de Toulouse (14-19) et samedi dernier face à Saint-Estève-XIII catalan (20-38). « Nous savions que la saison allait être difficile. Nous avons eu des départs à l’intersaison, le recrutement a été inexistant. Forcément, nous sommes dans le dur. Surtout, nous ne pouvons rien reprocher aux joueurs. Ils sont présents aux entraînements trois fois par semaine, ils participent aux séances de musculation et de physique. Ils travaillent dans des conditions difficiles. Après la large défaite à Lézignan (72-10) (la plus grosse défaite de l’histoire du club, N.D.L.R.), le groupe n’a pas baissé les bras. Le lendemain, il y avait du monde à l’entraînement pour préparer la réception de Saint-Estève. En ce moment, nous attendons l’assemblée générale. Nous voulons savoir qui sera président. L’encadrement et les joueurs attendent des réponses à des questions », confie, un tantinet remonté, l’entraîneur Mickaël Jatz.

À ce jour, du côté du stade Max-Rousié, on pensait que le Toulousain Michel Hermosilla serait le nouveau président de la structure. Or, Michel Thiolat, l’actuel président, et son ancien comité directeur seraient de nouveau candidats à leur propre succession. L’encadrement et joueurs se seraient bien passés de ce bras de fer entre deux prétendants à la plus responsabilité du club. Pour l’heure, Mickaël Jatz et ses joueurs commencent à être las de naviguer sur un bateau dépourvu de capitaine. Ils sont tous animés par le désir de sauver le club. Mais pour cela, il leur faut au plus vite un comité directeur avec un solide discours et un véritable projet sportif car ce début saison 2015-2016 est déjà moralement et physiquement éprouvant.

Didier Navarre
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