Ce que Saint-André dit à Sonny Bill Williams

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    Ce que Saint-André dit à Sonny Bill Williams
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Lancé au rugby à XV à Toulon sous les ordres de Philippe Saint-André, Sonny Bill Williams a ouvert cette semaine l’armoire à souvenirs avant le quart de finale contre la France.

Si le quart de finale disputé voilà huit ans sous le toit du Millennium a traumatisé tout un pays, de l’arbitrage de Wayne Barnes à la passe en-avant de Jauzion pour Michalak, au moins un homme a évité la dépression. On veut bien entendu parler de Sonny Bill Williams, qui était alors bien loin de s’imaginer qu’il changerait de code une minuscule année plus tard… « Je n’avais pas vu ce match, à vrai dire, puisque je jouais à XIII à l’époque, souriait lundi celui qui portait alors le maillot des Canterbury Bulldogs. Je me souviens juste qu’une semaine plus tard, en arrivant en Nouvelle-Zélande, j’avais trouvé que tout le monde était très triste. Mais le passé, c’est le passé, et l’avenir, c’est maintenant. » Pas de quoi donc se torturer les méninges, quand les chroniqueurs ainsi que ses coéquipiers néo-zélandais évoquent le spectre de ces « impredictable Frenchies » tant redoutés au pays du long nuage blanc. « Peu importe ce qu’on entend, maintenant il faut se focaliser sur dimanche et je suis sûr que ce sera un grand match, cadrait Sonny Bill Williams. Je conseille d’ailleurs à tout le monde de le regarder, parce que ça va être énorme. »

« C’est Philippe Saint-André qui m’a convaincu que je pouvais postuler chez les Blacks »

Parce que c’est un quart de finale de Coupe du monde, bien sûr. Mais aussi parce que SBW brûle de démontrer à nouveau sa valeur aux yeux d’un rugby français avec lequel il entretient un rapport forcément troublé. Ne serait-ce que parce que le coach qui l’a lancé dans le grand bain quinziste s’appelait alors… Philippe Saint-André ! « C’était un super coach qui avait réussi à tirer le meilleur de moi. C’est lui qui m’avait convaincu que je pouvais postuler à l’équipe nationale. À Toulon, j’ai eu la chance de jouer aux côtés de Jonny Wilkinson et de Tana Umaga… À l’époque, je voulais jouer devant. Je m’imaginais en troisième ligne, mais j’ai eu quelques blessures et j’ai fini par être aligné au centre. Cela s’est passé aussi bêtement que ça… Ce fut une chance de jouer sous les ordres de Philippe et de Tana. D’autant qu’en fin de saison, Umaga avait rechaussé les crampons. Il m’a rendu les choses plus faciles. » Notamment lors de cette fameuse demi-finale entre Toulon et Clermont à Saint-Étienne lors de laquelle, malgré la défaite, Sonny Bill Williams se révéla à la face du monde quinziste qui ne voyait alors en lui qu’un drôle de prototype… « Tout ce que Philippe Saint-André me demandait à l’époque, c’était de bien respecter les lancements de jeu et ensuite de me fier à mon instinct. C’est comme ça que j’ai commencé à enchaîner les bonnes prestations. Il ne faut pas tirer trop de conclusions du match des Bleus contre l’Irlande. Philippe connaît parfaitement tous ses joueurs, et surtout leurs points forts. La seule chose que j’espère, c’est qu’ils n’arriveront pas à les mettre en pratique ce week-end. » Et en ce qui nous concerne, la réciproque est vraie. Tant pis si cela devait s’avérer préjudiciable au spectacle…

Nicolas Zanardi
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