Dusautoir impose ses hommes

  • Dusautoir impose ses hommes
    Dusautoir impose ses hommes
Publié le , mis à jour

Pour affronter la Nouvelle-Zélande en quart de finale samedi et tenter d’essuyer l’affront irlandais, Philippe Saint-André a composé un groupe qui porte la griffe de Thierry Dusautoir. Lequel a encore accru son domaine d’influence en début de semaine. Explications.

Leur histoire commune n’a rien d’un long fleuve tranquille. Quand Philippe Saint-André, au moment de prendre les rênes du XV de France voilà presque quatre ans, a décidé de maintenir le capitanat à Thierry Dusautoir, dans le sillage du Mondial 2011 et de son titre de meilleur joueur de la planète, ce n’était pas le choix du cœur. Plutôt celui par défaut, sous couvert d’une méfiance évidente. À tel point que début 2013, il avait même préféré confier la responsabilité à Pascal Papé, qu’il considère comme son homme de confiance au sein de groupe… Avant de rendre à Dusautoir ce qui appartient à Dusautoir. Depuis, les deux personnages ont appris à se connaître, à se comprendre et à s’entendre. Et cette semaine marque peut-être l’apogée de leur rapport, comme le confirme la composition des vingt-trois concoctée et livrée ce jeudi par Philippe Saint-André, dans les salons du Celtique Manor de Newport, pour affronter les All Blacks samedi. Celle-ci porte clairement la griffe de son capitaine. Et c’est lundi après-midi, au lendemain de l’humiliation irlandaise, que tout s’est joué. Le sélectionneur et Thierry Dusautoir ont ainsi partagé un long moment d’intimité dans l’hélicoptère qui les a amenés de la capitale galloise à Buckingham Palace, pour une représentation officielle ordonnée par la reine. Un instant privilégié durant lequel le flanker toulousain, cherchant à imposer son influence, a pu faire remonter les doléances d’un groupe meurtri par sa déroute, et surtout souffler ses revendications personnelles. Manifestement entendues puisque le troisième ligne aile – qui a écrit sa légende de « Dark Destroyer » face aux Blacks en 2007 — sera entouré de tous ses lieutenants en quart de finale.

Un pack de potes

La décision la plus forte ? Peut-être celle d’écarter Sébastien Tillous-Borde, pourtant « poulain » affiché et assumé de Saint-André, à la mêlée (lequel ne sera même pas sur la feuille) au profit de Morgan Parra. Le sélectionneur n’a pas hésité à le sacrifier pour cette rencontre décisive et historique alors que le Clermontois a gagné ses galons de leader auprès de Dusautoir depuis le Mondial 2011. Sans compter qu’il est un proche de Pascal Papé, vice-capitaine de la troupe et devenu homme de base du système Dusautoir depuis deux ans. Mais la patte de ce dernier se fait ressentir bien au-delà du XV de départ. Au niveau des remplaçants aussi avec notamment la présence de Dimitri Szarzewski au talon, qui fait son retour dans les vingt-trois au détriment de Benjamin Kayser. Szarzewski, le compagnon fidélisé par l’intermédiaire de Yannick Nyanga. Et justement, Nyanga, l’ami parmi les amis, est aussi ressorti du « frigo » dans lequel il était cloîtré depuis l’entame de la Coupe du monde pour réapparaître sur la feuille de match. « Il est en grande forme et peut nous amener son punch exceptionnel en fin de match. », justifie Saint-André, sans que ce soit l’unique raison de son introduction sur le banc. Sans oublier Nicolas Mas, l’autre leader légitime des avants sur lequel Dusautoir s’appuie dans la gestion quotidienne du groupe. Une chose est certaine : après l’échange qu’il a eu avec le patron de son équipe, le sélectionneur a opté pour la carte affective. C’est un pack de potes – puisque Guirado, ou encore les coéquipiers toulousains Maestri et Picamoles sont également très appréciés de Dusautoir sur le plan humain — qui a été élaboré pour tenter de contrer les ogres néo-zélandais. Devant l’impossible défi, il fallait bien jouer sur une corde. Celle sensible en l’occurrence.

Jérémy Fadat
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?