Les misères de « Wes »

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    Les misères de « Wes »
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Déçu pour son ami Mathieu Bastareaud, Wesley Fofana veut désormais repartir de l’avant face aux All Blacks, et prouver en quarts de finale du Mondial sa véritable valeur. Maintenant ou jamais...

Critiqué. Attaqué. Jamais, depuis le début de sa carrière en équipe de France, Wesley Fofana n’avait été aussi contesté au centre de l’attaque du XV de France pour son faible rendement. Même son coéquipier de Clermont Nick Abendanon, en marge du match de l’ASMCA à Pau, s’étant fendu d’un indirect coup de poignard, en disant qu’il ne reconnaissait pas son partenaire de club. « À Clermont, nous n’avons pas le même système non plus. Je ne savais pas que Nick était entraîneur, maintenant… Loin des matchs et de l’intensité, c’est toujours plus facile d’avoir un ressenti personnel. Je ne sais pas pourquoi il a dit ça. » Agaçant ? Fatalement un peu, même si Fofana se défendait du contraire. « À titre personnel, je ne suis pas agacé. L’important, c’est surtout de prendre ses responsabilités, parce que cela n’a pas été le cas la semaine dernière. Dès lors, il faut accepter les choix des coachs. » Quand bien même ceux-ci auraient condamné son ami Mathieu bastareaud ? « Ce dont je n’ai pas envie, c’est que lui ressente ça comme une punition et se considère comme le seul fautif. Car ce n’est évidemment pas le cas. »

Dumoulin, remember novembre 2012

Samedi, c’est donc en compagnie d’Alexandre Dumoulin que Wesley Fofana reformera la paire de centres du mois de novembre 2012, victorieuse face aux Fidji et à mi-temps devant l’Australie, jusqu’à sortie sur blessure du Racingman. Une expérience forcément limitée avant le grand match à venir, dont Fofana ne souhaite pas faire un handicap. « Alex va essayer de nous amener sa capacité à faire jouer après lui. C’est aussi un bon défenseur. Comme il est plus à l’aise en 12, je pense que c’est moi qui jouerai le rôle de deuxième centre en défense. En attaque, par contre, nous allons sûrement alterner en fonction des lancements. » Un rôle dans lequel la nouvelle paire du XV de France jouera un rôle décisif, censé apporter un surplus de créativité au trop prévisible jeu des Bleus. « Il ne faudra pas jouer n’importe comment et n’importe où, bien sûr. Mais il s’agira de garder le ballon… Contre l’Irlande, nous avons beaucoup trop défendu, et sur les quelques ballons dont nous avons disposé nous aurions peut-être du un peu plus alterner. Les avants ont beaucoup conservé le ballon au près, ce qui a facilité leur défense… Face à une équipe comme les Blacks, si on n’arrive pas à faire du 50-50 en termes de possession de balle, ce sera très dur. »

« Si tu les laisses jouer, tu es mort »

Des Néo-Zélandais sur lequel le Clermontois porte un regard presque teinté d’admiration. « Je les trouve très faciles. Dan Carter joue dans un fauteuil, ils alternent très bien le jeu entre avants et trois-quarts. Leur première mi-temps face à l’Argentine a été difficile mais, même face à une très grosse intensité, ils ont su trouver des solutions. À nous de les empêcher de mettre leur jeu « facile » en place. » Et surtout d’empêcher la redoutable paire de centres Nonu-Smith de causer des misères au milieu de terrain tricolore, avant l’entrée prévue de Sonny Bill Williams à l’heure de jeu… « Entre Nonu et Smith, il n’y a pas d’énormes différences… ce sont deux joueurs très gaillards. Sonny Bill arrive peut-être à mieux faire jouer après lui au contact, mais Ma’a Nonu est peut-être plus complet, sait notamment utiliser son pied. Quoi qu’il en soit, ce sont des joueurs qu’il faut agresser en permanence. Si tu les laisses jouer, tu es mort. Tous les duels seront capitaux. Plus on en gagnera, plus nous nous rendrons le match facile. Ce sont des hommes comme nous : si nous les prenons bien, ils s’en souviendront, et feront autre chose la fois suivante. » Jusqu’à perdre leur patience et se retrouver à court d’idées ? C’est précisément ce que les Bleus espèrent pour envisager un exploit dignes de ceux de 1999 ou 2007. « Si l’on doit ne retenir qu’une chose de ces matchs, c’est que c’est possible. Samedi, nous n’aurons rien à perdre. Si on doit prendre une déroute, il faudra la prendre en ayant tout donné pour qu’on ne puisse rien nous reprocher. Mais je suis persuadé que si chacun donne le meilleur de lui, on ne subira pas une déroute. Cela peut paraître impossible, mais si nous n’avons qu’un pourcentage minuscule de chance, il faut tout mettre dedans. Depuis le début de la préparation, des liens se sont recréés, on a découvert d’autres mecs. Cela paraissait long, mais au final, tout passe très vite… Si l’aventure devait s’arrêter là, ce serait brutal. Personne n’a envie de rentrer. Au contraire, nous avons envie de tout lâcher. » C’est maintenant ou jamais…

Nicolas Zanardi
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