Flash-back : Quand Richie McCaw écourtait le mondial de Morgan Parra

Pour gagner la finale (2011) les Blacks avaient ciblé un tricolore : Morgan Parra et son pied gauche ! Résultat ? Un double coquart et une sortie prématurée ! Ce contrat tacite passé entre les All Blacks avant la rencontre avait bien évidemment été remplis par le capitaine courage : Richie McCaw !

Retour en arrière : Malgré un début de Coupe du monde plus que moyen (victoires face au Japon et au Canada ; défaites face aux Blacks et au Tonga) le XV de France sort de sa poule. À la plus grande des surprises un joueur s’est imposé au poste clé des lignes arrière. Morgan Parra toujours utilisé à la mêlée depuis ses débuts en équipe de France retrouve son poste de formation : demi d’ouverture. De remplaçant de Dimitri Yachvili en numéro 9 à titulaire en numéro 10, Morgan Parra grille la priorité aux deux spécialistes du poste : François Trinh-Duc, son ami, et David Skrela. Marc Lièvremont, critiqué de toutes parts, joue son va-tout en sélectionnant à l’ouverture Morgan Parra, buteur fiable et surtout animateur de caractère. Si la France passe le quart de finale face à l’Angleterre (19-12) elle le doit en grande partie à son néo demi d’ouverture. Morgan Parra dispute l’intégralité de la rencontre et justifie alors son statut de titulaire. Pour la demi-finale ? Deux hommes sont à remercier : Sam Warburton (le capitaine Gallois responsable d’un plaquage cathédrale sur Vincent Clerc qui obtient un carton rouge dès la 19e minute) et bien sûr Morgan Parra auteur de 100 % des points tricolores et qui semble de plus en plus à l’aise dans son costume de demi d’ouverture. C’est donc tout naturellement que le sélectionneur maintient sa confiance en Morgan Parra pour disputer la finale de la Coupe du monde face aux Blacks. Les Néo-Zélandais décident alors d’en faire leur ennemi public numéro un. Pour remporter cette Coupe du monde il faudra sevrer Morgan Parra de ballons ! Message reçu par le capitaine Richie qui, devant les 61 079 supporters bouillants de l’Eden Park, assène un coup de poing accompagné d’un coup de genou dans le visage du natif de Metz (12e).

Après une percussion du puissant Ma’a Nonu, le Clermontois semble sonné. Le déblayage viril et incorrect de Richie McCaw finira par l’achever :

Pas de deuxième buteur

« J’essaye de sortir de la zone de plaquage et je prends un coup de genou. Est-ce qu’il voulait le faire vraiment ? Je ne sais pas, je n’ai pas revu les images… » déclarera Morgan Parra après la rencontre. S’il se veut tolérant, Morgan Parra laisse le XV de France orphelin de celui qui s’était mué en leader d’attaque, premier défenseur et buteur fiable. Si son remplaçant, François Trinh-Duc, réalise une bonne entrée (étant notamment à l’origine de l’essai de Thierry Dusautoir et auteur de la transformation des Tricolores), il manque d’un buteur de très haut niveau au XV de France. Si on se souvient plus facilement du drop (36e) et de la pénalité à 48 mètres face aux perches (35e) loupés par François Trinh-Duc, Dimitri Yachvili s’était lui aussi montré en situation d’échec sur une pénalité pourtant peu impressionnante à ce niveau (légèrement au-delà des 22 mètres sur la gauche des poteaux néo-zélandais). En obligeant Morgan Parra a sortir groggy avant la 20e minute, qui avait tout de même essayé de rallumer la lumière en vain, les Blacks se sont donnés le droit de faire des fautes dans leur moitié de terrain.

La revanche du « merdeux »

Demi de mêlée remplaçant dans l’esprit de Philippe Saint-André depuis le début du mondial, Morgan Parra sera titulaire pour affronter les Blacks, où figurent encore des joueurs comme Ma’a Nonu et Richie McCaw. Et si par miracle le XV de France s’impose samedi, il y a fort à parier qu’il s’installera dans la peau du titulaire jusqu’à nouvel ordre. S’il devra donc (bien évidemment) jouer pour l’équipe, Morgan Parra aura une double carte personnelle à disputer : celle pour devenir titulaire et celle d’un joueur revanchard, qui n’a jamais refermé la plaie de cette finale 2011 où, prématurément, il avait été obligé de quitter ses partenaires et n’avait ainsi pas pu défendre son équipe au cours d’un match à la vie à la mort.

Cette fois-ci, il y a fort à parier que « le merdeux » comme le surnommait Lionel Nallet, sera protégé par les autres tricolores. De plus le fait qu’il n’évolue plus à l’ouverture mais à la mêlée fera de lui un joueur « moins ciblé » par les All Blacks. Rajoutez à cela qu’il ne sera pas le buteur numéro un des Bleus et cherchez la raison pour laquelle les Blacks le viseraient ? Il n’y en n’a plus ! Une aubaine pour un joueur contesté sous le mandat PSA et qui ne demande qu’une chose : jouer au rugby et s’exprimer comme il a pu le faire sous Marc Lièvremont où il était, incontestablement, le leader du XV de France. Pierrick Ilic-Ruffinatti

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