Nouvelle - Zélande - France : des conquêtes contrastées

  • Nouvelle - Zélande - France : des conquêtes contrastées
    Nouvelle - Zélande - France : des conquêtes contrastées
Publié le , mis à jour

Comme dans tout match de rugby, la décision se fera devant. On pensait que la conquête française était le principal atout du XV de France, mais le match contre l’Irlande a quelque peu modifié la vision que l'on avait du paquet d’avants français. Quant aux All Blacks, certains doutent de leur suprématie mais il est indéniable que leur jeu d’avants est bien rodé.

Kieran Read la tour de contrôle néo-zélandaise

Avec 19 prises de balle en touche en 268 minutes jouées (dont 8 contre l’Argentine) lors de la phase de poules, le troisième ligne centre néo-zélandais est la rampe de lancement privilégiée des All Blacks jusqu’ici. Samuel Whitelock avec 11 ballons captés dans l’alignement est le deuxième meilleur preneur de balles. Les Français devront donc être attentifs pour contrer ces deux joueurs. Même si la menace peut venir de partout puisque, Kaino, McCaw et Retallick sont susceptibles d’être liftés. Côté français, celui que l’on présente souvent comme le capitaine de la touche française, Damien Chouly, débutera sur le banc. La responsabilité de la touche sera donc sûrement confiée à Yoann Maestri. Avec Bernard Le Roux, c’est le meilleur preneur de balles français en touche jusqu’ici avec 9 prises de balles chacun. Papé et Dusautoir seront aussi amenés à prendre des balles dans l'alignement. Ce qui est sûr c’est que la réussite des Bleus dans ce secteur ce soir dépendra avant tout de la santé du lancer de Guilhem Guirado qui avait flanché la semaine dernière avec 3 lancers manqués.

Des Blacks inventifs en touche

Les Français devront être attentifs dans le secteur de jeu de la touche. Les All Blacks se sont effectivement souvent montrés inventifs ces derniers temps. Tout le monde se souvient de l’essai de Tony Woodcock en finale en 2011 ou encore l’essai de McCaw contre les Sud-Africains cet été dans le Four Nations qui avait crucifié les Springboks en toute fin de match. Les Français n’ont pas su se montrer aussi originaux en touche. Seul le match contre le Canada a permis de voir quelques combinaisons dans l’alignement français. Notamment en fin de première mi-temps durant laquelle Guirado lança en fond de touche sur Bernard Le Roux à la descente, Papé en peel-off se saisit du ballon et un maul dynamique se créa autour de lui écartant la zone de contact cela permit à Slimani d’aller aplatir. Les Bleus sont donc capables de le faire mais ils devront élever leur niveau de jeu ce soir et éviter de commettre des erreurs sur maul comme celle qu’a commise Yoann Maestri en deuxième mi-temps contre l’Irlande. Il s’était effectivement précipité après avoir capté le ballon en touche au lieu d’attendre le soutien d’autres joueurs dans l’alignement, il a transmis le ballon à Bernard Le Roux un de ses lifteurs. Cela a entraîné que Bernard Le Roux a de suite subi la pression irlandaise et a reculé d’environ une vingtaine de mètres. Les Français devront donc être attentifs à bien écarter le ballon de la zone de contact.

Des Néo-Zélandais spécialistes des phases de ruck

Les Blacks sont les spécialistes quasiment incontestés de cette phase d’affrontement cruciale. Sur les quatre derniers matchs, ils ont gagné plus de 95 % de leurs rucks, seuls les Tonguiens ont réussi à leur poser des « soucis » faisant baisser la statistique à 93,5 % de rucks gagnés dans le match. La principale caractéristique des Blacks est qu’ils ne consomment que très peu de joueurs pour gagner leurs rucks. En effet, le déblayage est souvent assuré correctement que par deux joueurs, permettant la continuité de leur jeu de mouvement. Ceci permet aussi de voir des cellules d’avants dans la ligne d’attaque néo-zélandaise. Les Français, qui ont basé leur jeu sur la puissance avaient fait des rucks le point central de leur style de jeu. Le match contre l’Irlande, la semaine dernière, a refroidi les ardeurs françaises. Le XV de France tourne à 90 % de réussite dans l’exercice des rucks alors que l’Irlande a réalisé la performance de réaliser 146 rucks gagnants la semaine dernière. Ce qui a fait la différence face aux Français. L’inquiétude est donc de mise mais attention dans la semaine Jerome Kaino précisait : « L’Irlande a été très bonne dans le jeu au sol ce jour-là, mais les Bleus vont se reprendre. […] C’est une équipe qui est vraiment susceptible de nous poser des problèmes dans les phases de regroupement, qui cherchera à nous ralentir les ballons et ne nous en laissera pas un facile. Ils sont vraiment très costauds et seront durs à bouger. » Le retour de Bernard Le Roux ne peut pas contredire sa pensée. Il faut aussi se souvenir que les Français avaient su inquiéter les All Blacks en novembre 2013 s’inclinant de seulement 7 points, 26 à 19, et se montrant très menaçants en fin de match. Ce soir-là les Français avaient réussi 99 % de leurs rucks n’en perdant qu’un seul. Ils savent donc qu’ils devront faire aussi bien ce soir pour pouvoir espérer quelque chose.

La lueur d’espoir française

Il semble que le point faible des Néo-Zélandais s’il en est un, est bien la mêlée. Cela est relatif, car les Blacks perdent rarement des ballons sur leur introduction. En tout état de cause, ils ont tout de même montré beaucoup de difficultés notamment face aux Argentins et aux Tonguiens. Face à ces derniers ils n’ont pas pu contester leurs 11 mêlées. Didier Sanchez, un des spécialistes français de cette phase de jeu déclarait cette semaine dans les colonnes de Midi Olympique : « Les All Blacks, depuis le début de la compétition ne sont pas bien dans ce secteur. Leur mêlée tangue, leur talonneur (Dane Coles), n’est pas un spécialiste de la chose et leur pilier droit (Owen Franks) souffre souvent. Lors du dernier match on l’a vu chanceler, être dans l’incapacité de se ressaisir. Or, malgré les atermoiements contre l’Irlande, je suis persuadé qu’on peut les marquer au fer rouge dans cet exercice. Techniquement, on sait faire. Et la révolte des joueurs fera le reste. » Espérons que le technicien ait vu juste car comme le dit souvent l’adage : « No scrum, no win ». Et la discipline… Les All Blacks ne semblent plus être épargnés par la patrouille. Parfois taxés de mauvaise foi, les supporters qui critiquaient le placement toujours à la limite de McCaw ont vu leur souhait réalisé notamment face à l’Argentine en poule. Le capitaine néo-zélandais a effectivement été sanctionné d’une pénalité à 4 reprises pour des fautes au sol et il a même écopé d’un carton jaune pour faire un croche-patte sur un Argentin qui souhaitait jouer rapidement une pénalité. Kieran Read a également écopé d’un carton jaune contre les Tonguiens. Contre l’Argentine et le Tonga ils ont dépassé le seuil des 10 fautes par match. Alors que la France s’est illustrée pour sa discipline. Ultra-dominée contre l’Irlande par exemple, le XV n’a commis que 9 fautes. Elle est également la nation qui n’a reçu aucun carton en quatre matchs. Espérons donc que ces deux éléments, à savoir la mêlée et la discipline, permettent aux Français de pouvoir rivaliser face aux Blacks ce soir. M. L.

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?