Le cauchemar ultime

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    Le cauchemar ultime
Publié le / Mis à jour le

Les millions de supporters tricolores présents au stade ou devant leur télévision rêvaient à un improbable miracle. A la place de ce doux songe, ils ont vécu le cauchemar ultime. Le XV de France est tristement entré dans les livres des records avec cette défaite historique. Décevant et laborieux depuis quatre ans, il a quitté le Mondial par la plus petite porte, sans fard ni gloire, avec les fesses rouge et le cœur lourd.

Par Vincent Bissonnet, envoyé spécial.

Face à des All Blacks entrés en configuration phases finales, les hommes de Philippe Saint-André ont pu constater une dernière fois le gouffre immense les séparant du top niveau. Quarante-neuf points d’écart, un abysse. Contrairement à leurs aînés de 1999 et 2007, les Bleus de la nouvelle génération ne possédaient ni le talent ni le caractère suffisant pour créer l’improbable exploit. La conclusion inévitable d’une ère maudite. Et le soir le plus noir du rugby français.

LE MATCH

D’entrée, la Nouvelle-Zélande a posé son empreinte sur la partie avec son jeu léché, précis et maîtrisé. Thierry Dusautoir et ses partenaires opposaient une valeureuse résistance et concédaient seulement une pénalité, convertie par Dan Carter (7e). Scott Spedding, de 52 mètres, répliquait dans la foulée. Puis l’impensable s’est produit : sur une action anodine, Frédéric Michalak a vu son coup de pied contré par Brodie Rettalick (11e), parti tranquillement à l’essai en suivant. Le XV de France se rebellait timidement et inscrivait une deuxième pénalité par Morgan Parra (15e). En vain. La foudre allait encore frapper, à trois reprises, sur les ailes, avec des numéros de soliste de Nehe Milner-Skudder et Julian Savea. Entretemps, Louis Picamoles (36e) avait sauvé l’honneur. Mais dès la mi-temps, la messe était dite. Le sursaut tricolore du début de deuxième période ne pouvait plus rien y changer… Les All Blacks poursuivaient leur festival et infligeaient au XV de France une défaite historique.

LA STATISTIQUE

Les chiffres ne mentent pas. Les dix-huit plaquages manqués par les Bleus au cours de la première période témoignent de leur impuissance et de leur fébrilité défensive. Julian Savea, Ma’a Nonu et Nehe Milner-Skudder ont martyrisé les Tricolores sur chacune de leurs prises de balle. Deux des trois essais d’ailiers résultent ainsi d’exploits personnels – et donc de défaillances françaises. Avec une telle inefficacité dans les interventions, l’équipe de France ne pouvait prétendre à rien.

LES HOMMES

Frédéric Michalak a probablement tiré sa révérence en Bleu. De la plus triste des manières. À la 11e minute, il a précipité la débâcle des siens avec un coup de pied contré à l’origine du premier essai néo-zélandais. Il n’allait pas s’en relever. Visiblement claqué, le Toulonnais cédait sa place à Rémi Tales. L’ouvreur remplaçant a d’ailleurs livré une prestation intéressante dans l’animation. Une des rares satisfactions individuelles de la soirée, aux côtés de Thierry Dusautoir, une fois encore à la pointe du combat. Wesley Fofana s’est également illustré en étant le meilleur franchisseur dans ce match. Il a effectivement brisé la ligne néo-zélandaise à trois reprises mais cela n’a malheureusement pas été fécond en raison du manque de continuité dans le jeu français. Côté déception, les trois-quarts, Brice Dulin, Noa Nakaitaci, Alexandre Dumoulin ou encore Scott Spedding, ont vécu un calvaire en défense face à la vivacité et à la puissance de leurs homologues. Louis Picamoles, auteur d’une première période convaincante, a craqué mentalement et écopé d’un carton jaune (47e). Morgan Parra a manqué, de 22 mètres, en face, une pénalité précieuse en début de match. Pascal Papé, pour sa dernière internationale, a échoué dans sa mission de capitaine de touche. Bernard Le Roux a touché le fond offensivement. Et on en passe...

Vincent Bissonnet
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