Avec ce Dan Carter les All Blacks peuvent voyager

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    Avec ce Dan Carter les All Blacks peuvent voyager
Publié le , mis à jour

Depuis le début de la Coupe du monde, Dan Carter n’a cessé de confirmer l’adage qui voudrait que « les légendes ne meurent jamais ».

Chisteras, passes après contact, jeux au pied précis, alternance parfaite,… hier Dan Carter a donné une leçon de rugby au XV de France et s’est attelé à faire un cours particulier à Frédéric Michalak et son remplaçant Rémi Talès. Si avant le début de la compétition de nombreux amateurs de rugby doutaient du niveau du néo-racingman ce dernier a répondu par le jeu, et a montré qu’il évoluait encore au très très haut niveau.

Monsieur plus

Le joueur de 33 ans a surtout impressionné dans sa capacité à bonifier les ballons. Contrairement aux Français, il n’a rendu que très peu de ballons au pied et ne s’est pas trompé techniquement. Ses coups de pied ont toujours trouvé les zones où les arrières français n’étaient pas, empêchant ainsi aux Tricolores de relancer des ballons, puisque la défense avait le temps de monter et de bloquer les extérieurs. Ses chandelles ont également été parfaitement exécutées (toujours avant la ligne des 22) ne permettant ainsi pas aux Français de réaliser d’arrêt de volée. Mais mieux encore, Dan Carter a fait preuve d’une grande intelligence de jeu, insistant sur les ballons hauts, domaine dans lequel les Bleus étaient en grande difficulté. Et la précision de son jeu au pied a crucifié les Français. Sa chandelle à la 38e qui, de ses 40 aux 40 français, a permis à un Ben Smith dans le bon timing de récupérer un ballon sur la tête de Louis Picamoles, en est le parfait exemple. Car quarante mètres plus loin et deux passes plus tard, Julian Savea inscrivait son deuxième essai de la soirée. Dan Carter (qui a fait un récital, bonifiant chacun des ballons) et la qualité de ses coéquipiers ont fait des étincelles.

La comparaison qui fait mal pour les Français

À la décharge des Français, les avants néo-zélandais ont offert à Dan Carter des ballons dans un fauteuil. Mais malgré tout, l’animation générale du meilleur joueur du monde 2005 et 2012, a été bien supérieure. Il a par exemple parcouru 61 mètres avec le ballon, contre 8 pour les deux demis d’ouverture français (Michalak zéro ; Talès huit). Avec deux défenseurs battus pour un seul franchissement, Dan Carter a de nouveau montré la voie aux numéros dix tricolores qui n’ont, à eux deux, fait ni l’un ni l’autre. Enfin, sur les neuf essais inscrits par son équipe, Dan Carter a offert deux passes décisives. Il n’y a qu’en défense que les Bleus ont rivalisé avec le demi d’ouverture néo-zélandais. Avec dix plaquages réussis par Rémi Talès (pour trois manqués) l’ouvreur du XV de France a plaqué plus de deux fois plus que son futur coéquipier du Racing 92 (quatre plaquages ; un manqué). Mais encore une fois cette statistique est tronquée par l’ultra domination du XV All Blacks. Enfin, Dan Carter est le buteur numéro un de sa sélection. Ce qu’était Frédéric Michalak (sorti sur blessure à la 11e) mais pas Rémi Talès. Une nouvelle qualité qui creuse l’écart entre Dan Carter et ses deux confrères français. Un joueur de grande classe qui risque d’illuminer ce Mondial 2015 avec des gestes de génies, comme ce « moment café crème » à la 30e où, après un splendide raffut sur Pascal Papé, Dan Carter a servi Julian Savea d’une magnifique chistera. Appréciez

 

 

Pierrick Ilic-Ruffinatti

midi olympique
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