Coupe du monde : 61 ans d’histoire

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    Coupe du monde : 61 ans d’histoire
Publié le , mis à jour

Actuellement, la Coupe du monde de rugby à XV est l’évènement sportif majeur. Dans le monde treiziste, le titre mondial est mis en jeu depuis 1954. Une épreuve dominée par l’Australie, forte de dix succès en quatorze éditions.

Photo Pascal Rodriguez

1954 : première édition en France

La première édition de la Coupe du monde en 1954 a eu pour cadre la France. Elle est l’œuvre d’un homme : Paul Barrière, président de la Fédération française à l’époque. Cet homme de spectacle avait été séduit par la tournée victorieuse de l’équipe de France en Australie en 1951, au cours duquel cette dernière avait été déclarée championne du monde officieuse. Il a pour projet de créer une compétition internationale semblable à la Coupe du monde de football. Après de nombreuses réunions, il obtient l’accord de la Grande-Bretagne, de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie. Pour la mise en place de cette entreprise, il est aidé par les présidents de clubs de football professionnels, des banques - séduits par ce projet - et de Claudius Devernois, président emblématique de Roanne XIII et grand mécène pour la cause treiziste. Lyon, Paris, Toulouse, Nantes, Marseille et Bordeaux accueillent ce premier tournoi mondial où à l’issue de la phase de classement, la Grande-Bretagne et la France terminent respectivement premier et deuxième et se qualifient pour la finale. À Paris, les Britanniques s’imposent devant les Tricolores (16-12) devant plus de 30 000 spectateurs. Cette première édition est une belle réussite populaire. Financièrement, les nations repartent avec un joli chèque. L’expérience sera ainsi poursuivie, les quatre nations participantes donnant leur accord pour poursuivre l’aventure.

1957-1972 : quatre nations pour un titre

De 1957 à 1972, les quatre nations concernées se disputent cinq fois le titre. En 1957 et 1960, le titre est attribué après la phase de classement. En 1957, l’Australie, organisatrice de cette édition, s’impose devant la Nouvelle (25-5), la Grande-Bretagne (31-6) et la France (26-9). Les Australiens sont ainsi sacrés champions du monde devant la Grande-Bretagne, la France et la Nouvelle-Zélande.

En 1960, en Angleterre, la Grande-Bretagne reprend son bien. Devant son public, elle s’impose devant la Nouvelle-Zélande (23-8), la France (33-7) et l’Australie (10-3). Les Kangourous prennent la deuxième place, les Kiwis la troisième et la France ferme la marche avec trois défaites devant l’Australie (12-13), la Nouvelle-Zélande (0-9) et la Grande-Bretagne (7-33).

En 1968, la Fédération internationale remet en place une finale pour attribuer le titre. Cette année-là, lors de ce Mondial organisée conjointement par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, la France tire parfaitement son épingle du jeu. Vainqueur de la Nouvelle-Zélande (15-10) et de la Grande-Bretagne (7-2), elle obtient son billet pour la finale. Physiquement usés par une campagne éprouvante, les Bleus s’inclinent face aux Australiens le 10 juin à Sydney (20-2) dans une finale où le directeur de jeu néo-zélandais John Percival n’est pas du tout tendre avec l’équipe de France.

En 1970, en Angleterre, l’Australie confirmera sa performance de 1968. En finale, à Leeds, elle prend le meilleur sur la Grande-Bretagne (12-7).

En 1972, la Grande-Bretagne, lors d’une Coupe du monde organisée en France, prend sa revanche. À Lyon, la finale s’achève sur un score de parité (10-10). Le titre revient aux Britanniques à la faveur de leur victoire en poule sur les Australiens (27-21). Un joueur a marqué à jamais cette finale lyonnaise. Il s’agit de l’ailier de Hull KR et Hull FC : Clive Sullivan. Après une course de quatre-vingts mètres, il inscrit un essai avant la pause qui permet à sa formation de revenir à hauteur de son adversaire. Décédé prématurément à l’âge de 45 ans, Clive Sullivan a une avenue qui porte son nom à Hull.

1975-1992 : le format change, le vainqueur non

En 1975, la fédération internationale décida de modifier le système de l’épreuve. La Coupe devient alors un championnat du monde. La Grande-Bretagne cède sa place à l’Angleterre. Le pays de Galles se joint à l’épreuve. Cette formule de compétition s’est appliquée en 1975, de 1985 à 1988 (durée de l’épreuve) et de 1989 à 1992. L’Australie a empoché toutes les éditions.

En 1977, retour au format Coupe et l’épreuve revient en Australie. L’équipe de France ne brille guère. Elle ferme la marche après trois défaites face à l’Australie (21-9), la Nouvelle-Zélande (28-20) et la Grande-Bretagne (23-4). Le 25 juin 1977, à Sydney, l’Australie s’impose péniblement face à la Grande-Bretagne (13-12).

1995-2000 : l’Australie ne partage toujours pas

1995est marqué par le centenaire de la Fédération anglaise et à un retour à l’ancienne formule. Pour la Fédération internationale, l’occasion est trop belle pour organiser la compétition sur le sol anglais et gallois. Pour la première fois, dix nations y participent dont l’Angleterre, l’Australie, les Fidji, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Tonga, le pays de galles, les Samoa occidentales et la France. Cette dernière a des ambitions. En juin, elle a partagé la marque avec la Nouvelle-Zélande (16-16) à Palmerston. Malheureusement, ce Mondial sera un cuisant échec pour les Tricolores. En poule, ils cèdent face aux Gallois (28-6) et s’écroulent face aux Samoa (56-10). La victoire finale est pour l’Australie. À Wembley devant 66 000 spectateurs, elle s’impose 16 à 8 devant l’Angleterre et un certain Andrew Farrell. Après le succès de cette édition du centenaire, la Fédération internationale confie à l’Angleterre le soin d’organiser l’édition de l’an 2000.

En 2000, six pays de plus participent avec une formule à quatre poules de quatre. Outre les historiques Anglais, Australiens, Néo-Zélandais et Français, on retrouve, comme en 1995, les Gallois, les Samoans, les Papouans néo-guinéens, les Sud-Africains, les Fidjiens et les Tonguiens. Sept équipes en sont pour la première fois : l’Irlande, l’Écosse, la Nouvelle-Zélande maorie, la Russie, le Liban et les Iles Cook. Seize équipes participantes : c’est, à ce jour, un record. L’équipe de France fait un honnête parcours. Elle s’impose en poule face à l’Afrique du Sud (56-6) et le Tonga (28-8) et s’offre une qualification pour les quarts de finale. À Castleford, elle s’incline face à une excellente formation néo-zélandaise (54-6). Les Kiwis se qualifient pour la finale. Or, à Manchester, ils sont dominés par des Australiens au sommet de leur art (40-12). Si cette édition est une réussite sportive, il en est différemment sur le plan économique. Ce cuisant échec financier va condamner l’édition 2004.

2008 : la surprise néo-zélandaise

Le tournoi planétaire ne revient donc sur le devant de la scène que huit années plus tard. En 2008, dix nations sont sur la ligne de départ : Australie, Nouvelle-Zélande, Angleterre, Fidji, Irlande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Tonga, Samoa, Écosse et France. Cette dernière a des ambitions. Pour la première fois de son histoire, la France présente une sélection avec une forte ossature de joueurs professionnels. Tous les espoirs sont ainsi permis. Malheureusement, c’est une Berezina. Malgré un succès inaugural face aux Écossais (36-18), elle s’incline ensuite lourdement face aux Fidji (42-6) et prend la dernière place de sa poule après une peu glorieuse défaite face aux Samoa (42-10). Quant à la compétition, elle est dominée par l’Australie. Cette dernière truste les victoires. En demi-finale, elle a écrasé les Fidjiens (52-0). La finale semble être qu’une formalité face à la Nouvelle-Zélande. En poule, les Kiwis ont été dominés par les Kangourous (30-6). Pour ce match du sacre, les Australiens sont à côté de leur sujet. Les Noirs font le match parfait dans le sillage de l’ouvreur Benjie Marshall. Au final, le 22 novembre 2008, à Brisbane, la Nouvelle-Zélande l’emporte 34 à 20 une date qui est désormais inscrite en lettres d’or au siège de la Fédération néo-zélandaise.

2013 : la revanche australienne

Cinq ans après, en 2013, l’Europe accueille ce grand concert mondial où quatorze nations y participent dont les États-Unis et l’Italie. La France organise deux rencontres à Perpignan et en Avignon. Deux rendez-vous qui ont été un joli succès populaire. Dans le Vaucluse, lors de la réception de la Nouvelle-Zélande, les Français s’inclinent 48 à 0 devant 17 000 spectateurs. En Catalogne, elle baisse la garde face aux Samoa (22-6) face à une chambrée de 12 000 spectateurs. À la faveur de sa victoire face à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Bleus ont leur billet pour les quarts de finale. À Wigan, ils s’inclinent face à l’Angleterre (34-6). Cette dernière manque d’un cheveu la qualification pour la finale. Elle s’incline 20-18 à Wembley face à la Nouvelle-Zélande. En finale, à Old Trafford, les Kiwis, émoussés, subissent la loi des Australiens, larges vainqueurs (34-2).

Didier Navarre
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