L’arbitre n’a plus toujours raison

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    L’arbitre n’a plus toujours raison
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En condamnant l’erreur de Craig Joubert lors du quart de finale Australie-Écosse, World Rugby a créé un précédent historique. Et ouvert la voie à des dérives ? On peut le craindre…

Fallait-il vraiment en arriver là ? Voilà la question qui taraude, aujourd’hui, tous les amoureux du rugby. En effet, en publiant un communiqué soulignant l’erreur de Craig Joubert dans les dernières minutes du quart de finale Australie-Écosse (le Sud-Africain a accordé la pénalité de la gagne aux Wallabies sur une position de hors-jeu involontaire, quand la bonne décision aurait été selon World Rugby d’accorder une mêlée introduction Australie) a fait plaisir à l’Écosse ainsi qu’à nombre d’observateurs, heureux de la belle avancée de World Rugby, qui s’exprime rarement sur ce genre de cas d’arbitrage.

Le problème ? C’est qu’en procédant de la sorte, World Rugby vient de créer un précédent historique. Depuis toujours, le rugby se targue d’un certain respect de la fonction arbitrale, indiquant à qui veut l’entendre que le « ref’» a toujours raison. Ce qui n’est, officiellement, plus le cas aujourd’hui… Et ouvre une foule de questions…

La charge de Dallaglio

En effet, à quoi s’attendre désormais, étant donné qu’une erreur d’arbitrage a été officiellement reconnue. D’autres sports, comme le basket, sont capables de faire rejouer 30 secondes d’un match en cause de faute technique avérée. Peut-on en arriver à pareille extrémité ? Probablement pas. Mais alors quoi ? Rejouer le match ? Se résigner à accepter la décision, comme c’est malgré tout le cas, bien que celle-ci ait été officialisée ? On imagine à ce titre, assez aisément, l’aigreur des Écossais…

Dans les colonnes du Daily Mail, l’ancien capitaine de la sélection anglaise Lawrence Dallaglio ne s’est d’ailleurs pas privé de stigmatiser la communication de World Rugby. « Attaquer directement M. Joubert en condamnant son erreur d’arbitrage est dangereux. Un arbitre peut prendre une mauvaise décision, mais ce n’est jamais une erreur. L’arbitre a, et doit toujours avoir raison. Si vous regardez l’action à vitesse directe et dans les conditions du direct, c’est impossible de savoir si le joueur australien touche le ballon ou pas après l’en-avant de l’Écossais. Craig Joubert doit prendre une décision à chaud, et ne peut pas faire appel à la vidéo pour cela car le protocole ne le permet pas. L’enfoncer de la sorte n’est pas une bonne idée. » Et ouvre surtout la porte à bien des dérives…

Nicolas Zanardi
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