Les deux finales sudistes

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    Les deux finales sudistes
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A l’ombre de la Coupe du Monde et du Top 14, se dérouleront les finales de la Currie Cup et de l’ITM Cup : les deux épreuves domestiques des deux plus grands pays du monde. Elles ont souffert depuis que le rugby est passé professionnel mais elles conservent un peu de leur lustre.

Les deux affiches sont largement éclipsées par les demi-finales de la Coupe du Monde. Mais à Christchurch et à Johannesbourg se dérouleront les finales de l’ITM Cup néo-zélandaise et de la Currie Cup sud-africaine, soit les deux plus grandes compétitions nationales de l’Hémisphère Sud. Bien sûr, elles ont été aussi concurrencées par le Super Rugby depuis 1996. Mais la modernité n’a pas encore eu raison de ces deux coupes nationales qui se déroulent sur trois mois de juillet à septembre. La Currie Cup est la compétition la plus ancienne, elle a été créée progressivement à partir de 1883 mais elle a été officiellement baptisée en… 1892, la même année que le championnat de France. Justement, pendant très longtemps ces deux compétitions furent les seuls championnats d’élite de la planète ovale. C’est la force de cette Currie Cup qui a permis aux Springboks de dominer le monde pendant des décennies. Cette compétition remplissait les stades à l’époque où les matches internationaux étaient rares. Plus tard, elle fut finalement servie par le boycott des Sud-Africains car elle était devenue la seule occasion pour les Sud-Africains de voir des matches de haut niveau. Mais à travers l’Histoire, la formule a évolué, il y eut jusqu’à vingt-deux équipes dans les années 70, mais depuis la fin des années 70, les participants ont été limités à quatorze désormais divisés en deux divisions. On a coutume de dire que le professionnalisme a assommé ce championnat vénérable, dans la mesure où les internationaux se sont davantage concentrés sur le Super Rugby et sur les Tri nations programmés en juillet-août-septembre et octobre, soit exactement en même temps que la Currie Cup. Ceci empêche de fait les Sud-Africains d’y participer à l’exception des derniers matches de phase finale. Ainsi Bryan Habana n’a joué que 22 matches de Currie Cup dans toute sa carrière et jamais plus de six par an et les affluences moyennes sont tombées aux alentours de 12 000 par match. Mais la finale attire encore plus de 40 000 spectateurs.

L’ITM Cup comme tremplin vers le Super Rugby

L’ITM Cup, anciennement NPC comme Championnat des Provinces Néo-Zélandais a été créée beaucoup plus récemment : en 1976. Et oui, jusqu’alors, le premier pays de rugby du monde ne connaissait pas de championnat d’élite. Les 26 équipes jouaient selon des calendriers plus ou moins empiriques avec, au milieu, la bizarrerie du Ranfurly Shield. Ce Tournoi provincial a connu maintes modifications, pour déboucher sur le format actuel : deux divisions, elles-mêmes séparées en deux niveaux avec des affrontements mixtes. Pas facile de s’y retrouver quand on n’est pas un spécialiste. Mais la compétition débouche sur des phases finales à l’automne. Comme en Afrique du Sud, elle est dévaluée par l’absence des All Blacks sauf retour de blessures ou disgrâce (mais les bons joueurs du Super Rugby sont là en principe). Un gars comme Conrad Smith n’a joué que 33 matches en douze ans. Le succès populaire n’est pas très impressionnant, les finales se jouent devant moins de 20 000 spectateurs. Mais le réservoir néo-zélandais est tellement riche qu’elle sert aux joueurs qui veulent frapper à la porte du Super Rugby et aux recruteurs des clubs du nord qui savent y trouver des talents méconnus.

Jérôme Prévot
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