Le rugby à XIII au Pays de galles : Une fédération de 108 ans

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    Le rugby à XIII au Pays de galles : Une fédération de 108 ans
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Vendredi à Cardiff, l’équipe de France va en découdre face au Pays de galles. Le vainqueur de cette rencontre prendra une option sur la victoire dans ce championnat européen. A l’occasion de cette rencontre, les deux nations vont célébrer les 80 ans de leur première opposition qui remonte au 1er janvier 1935. Les diables rouges pratiquent aussi le rugby XIII depuis 1907. Découverte…

Naissance en 1907

Le mouvement treiziste gallois a vu le jour en 1907. Deux clubs : Ebbw Vale et Merthyr Tydfil furent à l’origine de cet acte fondateur en s’affiliant à la Northern Rugby league anglaise. Très populaire, la pratique treiziste a conquis d’autres foyers. Ainsi, les clubs d’Aberdare, Barry, Trehebert, et Midd Rhonda rejoignirent le mouvement du rugby league. En 1908, l’équipe d’Australie en tournée en Angleterre, proposa même de disputer une rencontre face à une sélection galloise. De décennies en décennies, la fédération se structura, elle créa une équipe nationale. Or, la Welsh Rugby League se heurta à un dur conflit avec sa rivale de la Rugby Union. Cette dernière plus puissante financièrement est sortie vainqueur de son bras de fer. Avant, le second conflit mondial, la ligue treiziste galloise jeta l’éponge. Tous les clubs mirent alors la clé sous la porte. Quant aux joueurs, ils rejoignirent les rangs des clubs professionnels anglais de Widnes, Huddersfield, St Helens et Wigan qui étaient les équipes phares et en vogue à l’époque.

La reprise en 1949, mais éphémère

Après une longue mise en sommeil, la ligue treiziste est parvenue à renaître de ses cendres à la faveur de la mise en place de clubs tels que Cardiff, Llanelli, Bridgend, Aberavon, Neath et Amman Vale. Mais, ce retour ne fut qu’un feu de paille. Au terme de la saison 1952, en grosses difficultés financières, tous ces clubs déposèrent le bilan et se mirent une nouvelle fois en sommeil. Malgré la difficulté à maintenir des clubs dans la Principauté galloise, la RFL (La fédération anglaise) s’est fait un devoir d’accueillir un représentant gallois dans sa compétition domestique. Dans les années quatre-vingt jusqu’au début de 90, le Cardiff FC a participé avec des fortunes diverses au championnat du deuxième niveau anglais.

Trois ans de Super League pour les Celtic Crusaders

Plus près de nous, de 2009 à 2011, la franchise des Celtic Crusaders basée à Wrexham a été intégrée à la très prisée Super-League. Au sein de cette formation évolua Gareth Thomas, inoubliable arrière du XV de Galles et ancien joueur du Stade toulousain double vainqueur de la Coupe d’Europe en 2003 et 2005. Malgré la présence de ce joueur chevronné, les Celtic ont connu de grosses difficultés sportives pendant ce bail de trois ans. Les trois années de Super-League se soldèrent par une peu flatteuse dernière place. En difficultés financières au terme de la saison 2011, les Celtic furent rétrogradés en League One. Un niveau de compétition où ils évoluent encore sous le nom de South-Wales Crusaders. Deux clubs en League One- A ce jour, deux clubs évoluent en League-One et sont les représentants majeurs de la Principauté. Ce sont les South Wales Crusaders (Wrexham) et les South Wales (Bridgend). Ces deux formations seront adversaires de Toulouse lors du prochain championnat.

L’équipe nationale

Malgré la difficulté à implanter des clubs, à maintenir une véritable politique sportive au niveau des clubs, la fédération internationale a tenu à ce que le Pays de Galles soit représenté par une équipe nationale dans le concert international. La sélection nationale était ainsi composée par des joueurs d’origine galloise évoluant dans les clubs professionnels anglais. Les joueurs les plus célèbres furent l’ailier John Bevan dans les années soixante-dix, l’ouvreur Jonathan Davies dans les années 80 et plus près de nous Gareth Thomas. Avant le premier conflit mondial, la sélection galloise a été très prospère, elle rivalisait avec succès face à l’Angleterre. Dans le concert européen, elle était aussi un très redouté par l’équipe de France. Son principal fait d’arme, elle l’a connu lors de la Coupe du monde 2000 disputée en Europe. Cette année – là, les Gallois se sont brillamment qualifiés pour les demi-finales après avoir sorti en quart de finale, la formation de la Papouasie-Nouvelle Guinée sur le score de 23 à 8. Dans ce dernier carré à Huddersfield, les Gallois s’inclinèrent 46 à 22 face à l’Australie. À la pause, ils menaient 16 à 12 avant de céder physiquement dans le dernier quart d’heure. Plus près de nous à Albi, le 23 octobre 2010, les Gallois s’imposèrent dans le championnat d’Europe devant l’équipe de France 12 à 11. Cette victoire leur permit de disputer le Four Nations 2012 où ils s’inclinèrent avec les honneurs devant l’Angleterre, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

1935 : la première opposition avec l’équipe de France

Français et Gallois sont de vieux adversaires dans le concert international. La première opposition remonte au 1er janvier 1935 à Bordeaux. C’était le deuxième match de l’histoire de l’équipe de France. Cette dernière commandée par Jean Galia s’imposa 18 à 11 et signa sa première victoire officielle. Vendredi à Cardiff, les deux fédérations vont ainsi fêter les quatre- vingt ans de cette première confrontation.

L’équipe actuelle

La sélection nationale galloise est actuellement sur le chemin de la reconstruction. Elle n’a pas été qualifiée pour les deux dernières Coupes du monde (2008 et 2013). L’objectif de la Fédération, c’est de se qualifier pour celle de 2017 qui aura lieu en Océanie. Pour cela, les Gallois vont devoir passer par des barrages qualificatifs. Cette année, ils ont pour objectif de remporter ce championnat européen qui passe par une victoire vendredi par une victoire face à l’équipe de France. Vainqueurs lors de la première journée de l’Écosse (18-12), les Gallois peuvent surprendre les Tricolores. Ils possèdent un excellent entraîneur John Kear et des joueurs d’expérience tels que le capitaine Craig Kopczak d’Huddersfield, l’attaquant Michael Channing de Castleford et les Wiganers Rhodri Lloyd et Phil Joseph qui sont les poutres de cette sélection. La tâche s’annonce difficile pour l’équipe de France qui doit obligatoirement rebondir après sa cuisante défaite samedi dernier à Leigh face à l’Angleterre (84-4).

Didier Navarre
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