Des Tigres dans le moteur

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    Des Tigres dans le moteur
Publié le , mis à jour

Leicester a fait preuve d’abnégation et de moradant en défense pour s’imposer sur le fil face à de solides Harlequins. Les Tigres sont la seule équipe avec les Saracens à rester invaincue.

Le fait

L’obstacle paraissait pourtant de taille. Mais les Saracens l’ont goulûment avalé. Privés une grande partie du ballon par Gloucester, les champions d’Angleterre ont pu compter sur leur défense de fer et la botte intraitable d’Owen Farrell pour déjouer les plans des Cherry and White. Les voilà déjà en tête ! Dans leur sillage immédiat, on retrouve Leicester. Les Tigres en ont bavé pour venir à bout des Harlequins. Menés au score durant plus de 70 minutes, ils s’en sortirent grâce à un essai plein d’opportunisme du troisième ligne remplaçant Laurence Pearce. Bien que malmenés par les ballons portés dévastateurs des Quins, les Tigres ont tenu bon. À l’image de leur tenace demi de mêlée de 17 ans, Ben White, ils se sont accrochés comme des fous. Derrière ce duo invaincu, Exeter et Northampton affichent leurs grandes ambitions. Les Chiefs et les Saints ont battu à plates coutures de courageux mais faiblards London Irish et Newcastle. Déjà malmenés devant leur public, les Exilés et les Falcons auront du mal à échapper à l’angoissante bataille du maintien.

Les come back

Cette deuxième journée de Premiership était marquée par le retour aux affaires de nombreux internationaux anglais (Mike Brown, James Haskell, Joe Launchbury, Courtney Lawes, Tom Wood, Ben Morgan, Owen Farrell, Jonny May, etc.) après le fiasco du Mondial. La dizaine de joueurs du XV de la Rose remis en selle le week-end dernier ont connu des fortunes diverses. L’ouvreur, Owen Farrell a crevé l’écran avec les Saracens. Imperméable à la pression, il est ressorti grand vainqueur de son duel de buteurs avec Billy Twelvetrees. Il a su conserver son sang-froid pour inscrire la pénalité de la gagne dans le money-time face à Gloucester. La palme de l’originalité revient au sémillant Joe Marler. Visiblement, le pilier gauche à la coupe d’iroquois n’a toujours pas digéré la piteuse élimination de l’Angleterre lors du Mondial. Coupable d’un vilain plaquage à retardement sur un adversaire, Joe Marler n’a pourtant pas été sanctionné d’un carton jaune. Comment a-t-il réussi à passer entre les gouttes ? Un bon mot est souvent un grand remède. Pour éviter de s’attirer les foudres arbitrables, le gaucher a su trouver un argument imparable. « Excusez-moi Monsieur l’arbitre pour ce geste. Mais il faut que vous compreniez mon niveau de frustration, vous ne vous êtes pas fait éliminer du Mondial, moi si… » Du grand art ! L’arbitre n’a pu que compatir avec la détresse du joueur des Harlequins.

Les joueurs

Retenez bien son nom ! Il pourrait très rapidement devenir l’une des attractions de ce championnat. L’ailier Mike Ellery a inscrit le seul essai lors de la victoire des Saracens à Gloucester. En seulement deux apparitions en élite, l’international anglais à VII en est déjà à trois réalisations. Dans un style moins aérien mais beaucoup plus dévastateur, Christian Day s’est offert le deuxième doublé de sa carrière en Premiership. Par deux fois, le deuxième ligne trentenaire de Northampton s’est mué en pilotes de cocottes téléguidées pour clouer le bec aux Falcons de Newcastle.

L’essai

Le temps d’une soirée, les spectateurs du Sandy Park d’Exeter ont replongé dans l’ambiance du Londres de la fin du XIXème siècle et de Jack l’éventreur. Jack Nowell s’est glissé dans la peau du serial killer terrorisant le tout Londres. Le lutin des Chiefs a éventré la défense des London Irish sur une course tranchante de 90 mètres. Tout est parti d’une transversale magnifiquement récupérée par Nowell à proximité de sa ligne des 5 mètres. Le bondissant ailier de la Rose ne fait qu’une bouchée dans les airs de l’arrière des Exiles, Topsy Ojo. Emporté par son élan, il frôle la chute. Mais il parvient in extremis à se redresser grâce son instinct de prédateur et son agilité féline. Le reste n’est qu’un jeu d’enfants pour « Jack the Ripper ». Il place une accélération meurtrière pour faire voler en éclats la défense des Irish.

La décla

« Quand ton équipe se déplace, elle doit prouver ce dont elle est capable et ne rien laisser à l’arbitre. Tu dois être plus blanc que blanc ». Le manager de Newcastle, Dean Richards a très peu goûté les fautes d’indiscipline grossières commises par ses joueurs face à Northampton.

Jérôme Fredon
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